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Visite au Liban : Rapport du Rapporteur spécial sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, Olivier De Schutter (A/HRC/50/38/Add.1)

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Conseil des droits de l’homme
Cinquantième session
13 juin-8 juillet 2022
Point 3 de l’ordre du jour
Promotion et protection de tous les droits de l’homme,
civils, politiques, économiques, sociaux et culturels,
y compris le droit au développement

Résumé

Le Liban est plongé dans l’une des pires crises économiques et financières de l’histoire. La destruction de la monnaie nationale, la hausse exorbitante des prix et l’effondrement du secteur bancaire ont conduit à un appauvrissement généralisé de la population dans un contexte d’immobilisme politique sectaire. Tandis que la plupart des habitants espèrent maintenant quitter le pays, ceux qui restent et subissent les conséquences ont été poussés au bord du gouffre.

L’État libanais, notamment sa banque centrale, est responsable de violations des droits de l’homme, dont la paupérisation injustifiée de la population, qui ont résulté de cette crise provoquée par l’homme. Avant la crise, le Liban se caractérisait déjà par d’épouvantables niveaux de concentration des richesses au sommet ; des politiques fiscales favorisant l’évasion et profitant aux riches ; des services publics d’éducation et de soins de santé négligés de façon chronique ; un système de protection sociale inadéquat ; un secteur de l’électricité défaillant.

Le Liban doit changer de cap. Une gouvernance plaçant la justice sociale, la transparence et l’établissement des responsabilités au cœur de ses actions permettra de s’éloigner de cette misère infligée à la population. La communauté internationale peut et doit apporter son soutien, mais celui-ci n’aura d’effet que si des réformes structurelles sont adoptées pour mettre fin à la paupérisation.