Lebanon + 1 more

Rapport d’évaluation : évaluation en temps réel de la réponse à l'explosion dans le port de Beyrouth du 4 août 2020

Format
Evaluation and Lessons Learned
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

FRANÇOIS GRÜNEWALD
YANNICK DUROCHER
ELIE KELDANI

RÉSUMÉ EXÉCUTIF

OBJECTIFS DE L’ÉVALUATION EN TEMPS RÉEL POST-EXPLOSION

Le Groupe URD a décidé de lancer une première ETR de la réponse post-explosion sur la base de son expérience en matière d’évaluation « proche » de l’action (visant à influencer la réponse elle-même), de ses différents travaux sur l’action humanitaire en contexte urbain et les catastrophes technologiques, ainsi que de sa connaissance du Liban.

LA SITUATION POST-EXPLOSION

L’explosion a touché une zone relativement limitée, mais très hétérogène en termes d’habitat et de population. Les structures de santé, essentielles pour la réponse, ont été fortement touchées. Une importante mobilisation de la société civile libanaise a permis de gérer les premiers problèmes, malgré de faibles compétences et un terrible sous-équipement. La communauté internationale, jusque-là concentrée sur la réponse aux diverses crises de réfugiés et la gestion des difficultés politiques et économiques du pays, a répondu assez vite, et de façon relativement organisée grâce à la mobilisation de l’UNDAC et d’importantes capacités de protection civile, notamment européennes. Les défis n’en restent pas moins majeurs.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Conclusion n°1 : Face à un contexte complexe très urbanisé, dans un pays développé, l’humanitaire s’est retrouvé hors de sa « zone de confort ».

Les grandes leçons tirées des situations telles qu’Haïti après le séisme de 2010, mais aussi de réponses dans des pays comme l’Ukraine, n’ont été utilisées qu’en partie et la prégnance des opérations « réfugiés » dans les portfolios des acteurs a fortement teinté la réponse post-explosion.

  • Approfondir les analyses et chercher à sortir des « boîtes à outils » classiques. Ceci demande de pouvoir très vite définir les bons « palpeurs » et les grilles d’analyse les plus adaptées à la situation.

Conclusion n°2 : Le calibrage des besoins. La tendance à l'exagération est un danger fréquent, notamment face à des besoins multiples et complexes, héritages d’un empilement de crises. La confiance des bailleurs et des populations dépend d’un langage de vérité. Mais la multiplication des évaluations et des enquêtes, souvent sans suite immédiate, a créé de vraies frustrations et incompréhensions.

  • Il importe de rappeler systématiquement que l’on travaille non sur des chiffres réels mais sur des hypothèses de travail pour calibrer les planifications.

Conclusion n°3 : Une complexe coordination multi-acteurs. Dans un contexte complexe où dominent les lourdes coordinations liées à la crise syrienne et où le bureau d’OCHA avait peu de capacités, mais aussi face à une mobilisation très rapide de la société civile libanaise et à la déclaration de l’état de siège, la coordination a été essentielle mais complexe à mettre en place. Le soutien d’UNDAC et la mobilisation extrêmement dynamique des coordinations de la société civile (internationale et nationale) ont été fondamentales. Enfin, le fait que la coordination des opérations ait été retirée des mains des institutions normalement en charge de la gestion des catastrophes pour être remis aux forces armées libanaises (FAL) a créé une situation dans laquelle la CIMCoord est un vrai défi.

  • Garder un dialogue constructif avec les FAL mais suivre et favoriser les opportunités de renforcement de la coordination par des instances civiles, notamment municipales.

Conclusion n°4 : Les enjeux environnementaux. Une telle catastrophe a des impacts environnementaux à court, moyen et long termes. Il s’agit de donner toute l’attention nécessaire à cette question, y compris à celle connexe de la gestion des déchets.

  • Il est essentiel de mettre en place des protocoles de suivi des pollutions dans la gamme large des situations possiblement impactées et de planifier des actions pour remédier aux dangers (lorsque cela est nécessaire).