Lebanon

Liban : Une aide humanitaire aux familles déplacées du camp de Nahr al-Bared

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BEYROUTH, 1 juin 2007 (IRIN) - Sans espoir d'une issue immédiate au conflit qui oppose l'armée libanaise aux militants islamistes du camp de réfugiés de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, et alors que le camp voisin de Badawi est déjà plein à craquer, les organisations humanitaires ont pris l'initiative d'apporter des secours à plusieurs centaines de familles déplacées plus à l'est et au sud.

Selon les statistiques communiquées par l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), quelque 309 familles, soit environ 1 500 personnes, ont fui Nahr al-Bared pour se réfugier dans les camps de Borj Barajneh, Shatila et Mar Elias, situés à Beyrouth et dans les environs.

Soixante et une familles ont fui le nord pour se réfugier dans la vallée de la Bekaa, à l'est, au sein de familles d'accueil, dans des villages ou dans le camp de Wavel, tandis que dans le sud, 90 familles déplacées sont hébergées par des proches parents, dans les camps de Rashadiyeh et d'Al-Buss, situés à Tyr et aux alentours. Cent-vingt autres familles ont trouvé refuge dans la ville de Sidon ou dans le camp d'Ein al-Helwe.

Les livraisons du CICR

Ces dernières semaines, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a livré des denrées alimentaires et des kits d'hygiène à de nombreuses familles palestiniennes déplacées à l'intérieur et aux alentours de plusieurs camps de réfugiés situés dans le sud et dans l'est du Liban. Le 31 mai, l'organisation a distribué 20 000 litres d'eau et 800 kits d'hygiène supplémentaires aux réfugiés du camp de Nahr al-Bared, par l'intermédiaire de ses collaborateurs du Comité populaire palestinien.

Sultan Aboul Aynan, commandant en chef de la branche libanaise du Fatah, faction palestinienne séculaire et dominante, a expliqué à IRIN que les 12 camps de réfugiés libanais - qui abritent un peu plus de la moitié des 400 000 Palestiniens du Liban - restaient en état d'alerte maximum ; il a toutefois minimisé la perspective d'une généralisation de l'insécurité.

Conformément à un accord signé en 1969 entre pays arabes, l'armée libanaise est autorisée à encercler les camps mais pas à y pénétrer, et il incombe aux Palestiniens eux-mêmes d'assurer la sécurité à l'intérieur des camps.

« Dans les camps, la situation est sous contrôle et l'armée libanaise nous permet d'obtenir ce dont nous avons besoin », a déclaré M. Aboul Aynan.

Dans le camp de Badawi

L'UNRWA a pris l'initiative des secours, en venant en aide à quelque 20 000 personnes déplacées au camp de Badawi, à 10 kilomètres de Nahr al-Bared, et à ceux qui se sont réfugiés plus au sud.

Dans le camp de Badawi, qui s'étend tout juste sur deux kilomètres carrés et comptait initialement quelque 16 000 personnes, les services d'approvisionnement en eau et en électricité peinent à gérer l'afflux massif de déplacés. L'unique clinique de l'agence dans le camp de Badawi est actuellement ouverte 12 heures par jour, pour tenter de faire face à une demande supplémentaire excessive.

L'UNRWA a déclaré qu'il envisageait la possibilité de construire des logements temporaires en préfabriqué à la lisière du camp et d'installer des groupes électrogènes mobiles, ainsi que des douches, des toilettes et des réservoirs d'eau portables.

Néanmoins, certains Palestiniens, qui se sont exprimés dans les médias locaux, se déclarent contre cette proposition ; ils craignent qu'elle incite à la destruction totale du camp de Nahr al-Bared et réduise leurs chances de retourner chez eux.

« A Badawi, les besoins sont encore très importants », a expliqué Hoda al-Turk, porte-parole de l'UNRWA au Liban. « La situation alimentaire est correcte mais nous manquons encore de vêtements et de kits d'hygiène ».

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