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Liban : L'aide humanitaire confrontée au danger des engins non explosés

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BEYROUTH, 8 juin 2007 (IRIN) - Dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, les engins non explosés et les bâtiments piégés entravent les actions déjà très limitées que mènent les agences humanitaires pour approvisionner les réfugiés en nourriture et en eau, des denrées vitales, et évacuer les blessés.

Près de 8 000 réfugiés du camp sont encore piégés dans ce face-à face meurtrier entre l'armée libanaise et des militants islamistes.

« Il devient extrêmement difficile d'organiser des opérations de secours d'urgence, non seulement du fait des conditions de sécurité de plus en plus déplorables, mais aussi parce que les décombres, les gravats et les engins non explosés qui jonchent les routes du camp bloquent le passage des ambulances et des véhicules de secours », a expliqué, dans un communiqué, Jordi Raich Curco, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Liban.

Une source du ministère libanais de la défense, qui a requis l'anonymat, a révélé à IRIN qu'en investissant plusieurs bâtiments situés à la lisière de Nahr al-Bared et précédemment tenus par des militants du Fatah al-Islam, des soldats avaient découvert que ces bâtiments étaient piégés.

Le Croissant-Rouge palestinien (CRP) demeure le seul service d'urgence à pénétrer dans le camp, à la fois en raison du manque de garantie de sécurité et parce que, du fait des gravats et des chemins tortueux du camp, celui-ci n'est accessible qu'aux véhicules de petite taille.

Premiers secours d'urgence du CICR, depuis une semaine

Le 7 juin, le CICR a effectué sa première livraison d'eau et de nourriture dans le camp depuis une semaine, par l'intermédiaire du CRP. L'organisation a fourni 800 litres d'eau minérale, une tonne et demie de pain, et environ cinquante boîtes de thon et de soupe en conserves.

Le CICR a également préparé un deuxième convoi de six ambulances du CRP, chargées de denrées alimentaires supplémentaires, considérées comme prioritaires par le Comité populaire palestinien, l'organe par l'intermédiaire duquel le CICR et le CRP peuvent porter secours aux résidents du camp.

Depuis le 3 juin, le CRP et la Croix-Rouge libanaise ont évacué 72 personnes vulnérables de Nahr al-Bared, dont des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées. Seules quelques-unes d'entre elles étaient blessées.

Aide humanitaire et militaire américaine

Le Département d'Etat américain a déclaré le 5 juin qu'il verserait 3,5 millions de dollars à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), en réponse à un appel de fonds de 12,7 millions de dollars destinés à couvrir les besoins humanitaires de plus de 27 000 Palestiniens déplacés de Nahr al-Bared.

Le président des Etats-Unis George Bush a également annoncé le 6 juin qu'il lèverait partiellement l'interdiction des vols entre les Etats-Unis et le Liban imposée en 1985, à la suite du détournement vers Beyrouth d'un avion de ligne de la TWA.

Selon un mémorandum de la Maison blanche, le président Bush autorise les « compagnies américaines de transport aérien sous contrat avec le gouvernement des Etats-Unis à assurer le transport aérien, à destination et en provenance du Liban, de passagers - qu'il s'agisse de citoyens américains ou de ressortissants étrangers - et de leurs bagages, de marchandises à des fins humanitaires et de toute autre cargaison ou tout autre matériel ».

Depuis leurs bases situées dans la région, les Etats-Unis ont envoyé plusieurs avions de transport militaire à Beyrouth au cours des deux dernières semaines. Ces avions transportaient des munitions et d'autres équipements non divulgués, pour rééquiper l'armée libanaise, dans le cadre d'une aide militaire américaine - aujourd'hui largement réévaluée - de 280 millions de dollars, destinée à soutenir le Liban.

Hoda Samra, la porte-parole de l'UNRWA, a expliqué à IRIN que l'Allemagne s'était également engagée à accorder à l'agence la somme de 500 000 euros.

Dans le sud, près de la ville portuaire de Sidon, plusieurs centaines de réfugiés palestiniens sont retournés chez eux le 6 juin ; ils avaient fui le camp d'Ain al-Helwe à la suite d'affrontements qui avaient opposé les militants du Jund al-Sham à l'armée libanaise, dans la nuit du 3 juin.

L'armée a rouvert les entrées des camps d'Ain al-Helwe et de Tawaree après le déploiement de forces de sécurité palestiniennes mixtes - chargées de maintenir la sécurité et d'empêcher le Jund as-Sham d'attaquer l'armée - à la lisière d'Ain al-Helwe, où le Jund al-Sham est basé.

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