Lebanon

Liban : CICR Bulletin n°01 / 2007

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Le CICR reste extrêmement préoccupé par le sort des civils dans le camp de Nahr Al-Bared.

Des tirs sporadiques entendus dans la matinée et des informations récentes faisant état d'une reprise des combats ont fait que la situation dans le camp de Nahr Al-Bared (nord du Liban) demeure très tendue. Le CICR est toujours extrêmement préoccupé par la sécurité des civils qui sont à l'intérieur du camp et qui ont besoin de protection et d'assistance de toute urgence.

Une trêve fragile intervenue dans le camp de réfugiés palestiniens à Nahr Al-Bared a débuté mardi dernier, dans l'après-midi ; elle a permis à des milliers d'entre eux de fuir le camp assiégé. D'après des sources locales se trouvant à Nahr Al-Bared, quelque 20 000 personnes seraient encore dans le camp.

Une grande partie de la population déplacée a cherché refuge dans le camp pour réfugiés de Baddaoui, non loin de là.

Les dommages causés aux infrastructures civiles provoquent des besoins urgents en eau et autres formes d'assistance.

Certaines zones du camp de Nahr Al-Bared ont subi de lourds dommages, et le camp n'est plus alimenté en électricité. Une équipe du CICR qui était à l'intérieur du camp indique que le système d'approvisionnement en eau du camp a été endommagé pendant les combats et qu'il ne fonctionne plus. Des odeurs nauséabondes provenant des ordures ménagères et, probablement, de corps en décomposition remplissent l'air.

L'eau, la nourriture, les articles d'hygiène et les secours médicaux sont pour l'heure une priorité humanitaire.

Aujourd'hui, des équipes du CICR ont fourni au camp une première livraison de 17 000 litres d'eau potable qui seront ensuite distribués à la population par les comités populaires locaux. Des réservoirs souples et d'autres équipements ont été apportés à proximité du camp, au cas où les besoins augmenteraient.

L'afflux de civils déplacés dans le camp de Beddoui crée de nouveaux besoins.

Une évaluation réalisée par le CICR a révélé qu'il n'y a pas de besoins immédiats en eau dans le camp de Beddaoui, car le système de distribution peut faire face aux nouvelles arrivées. Toutefois, les personnes déplacées, qui ont dû quitter leur maison sans pouvoir emporter grand-chose, voire rien, ont donc besoin de literie (matelas et couvertures), de nourriture et d'articles d'hygiène.

Le 23 mai, le CICR a distribué 20 tonnes de repas préparés avec l'aide des jeunes volontaires de la Croix-Rouge libanaise, dans le camp de Beddaoui. Vingt autres tonnes sont aujourd'hui en cours de distribution.

Le camp pour réfugiés de Beddaoui, qui comptait déjà une population de 11 000 personnes, a accueilli la majorité des quelque 15 000 personnes déplacées venues du camp de Nahr Al-Bared. Ces personnes sont logées dans des écoles de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) et des mosquées. D'autres personnes déplacées se trouvent avec leur famille ou leurs amis à l'extérieur du camp ainsi qu'à Tripoli.

La sécurité des services médicaux reste une priorité.

Depuis que les combats ont éclaté le dimanche 20 mai, la première priorité a été de chercher le meilleur accès possible, en toute sécurité, aux services médicaux afin d'y transporter les blessés et les malades. Avec l'aide du CICR, les services d'urgence médicale du Croissant-Rouge palestinien et de la Croix-Rouge libanaise ont assuré les évacuations médicales et approvisionné en médicaments et en matériel médical les structures sanitaires se trouvant à l'intérieur et à l'extérieur du camp.

Le CICR, la Croix-Rouge libanaise et le Croissant-Rouge palestinien sont restés en contact avec les parties impliquées dans les combats, afin de faciliter et de coordonner le déplacement des ambulances. Néanmoins, les services d'urgence médicale ont travaillé, et travaillent encore, dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses et ils ont pris des risques considérables pour sauver des vies.

À ce jour, plus de 80 blessés (dont un nombre non précisé de civils), 26 autres cas médicaux et 430 civils, de même que 35 dépouilles, ont été évacués du camp par le Croissant-Rouge palestinien et la Croix-Rouge libanaise.

Les combats auraient repris. Le CICR répète donc son message à toutes les parties impliquées : le personnel médical et les travailleurs humanitaires doivent pouvoir remplir leurs tâches et avoir un libre accès aux blessés. Le personnel, les véhicules et les établissements sanitaires ne doivent pas subir les conséquences de la violence.

Un premier convoi transportant des secours devrait atteindre le Liban aujourd'hui.

Un convoi du CICR composé de 11 camions qui transportent plus de 220 tonnes de nourriture est parti de la base logistique de l'institution à Amman et devrait arriver aujourd'hui au Liban. De l'eau et d'autres biens de première nécessité ont par ailleurs été achetés localement au Liban.

Coordination humanitaire

Le CICR travaille en coordination avec la Croix-Rouge libanaise et le Croissant-Rouge palestinien, ainsi qu'avec d'autres partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le CICR et les partenaires du Mouvement travaillent en étroite coopération avec l'UNRWA et d'autres agences des Nations Unies.

Informations complémentaires :

Vincent Lusser, CICR Genève, tél : +41 22 730 24 26 ou +41 79 217 32 64

Virginia de la Guardia, CICR Beyrouth, tél : +961 1 739 297/8/9 ou +961 70 12 98 69