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Liban : Bulletin CICR n° 2 /2007

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Situation générale

Le sort des civils dans le camp de Nahr Al Bared (nord du Liban) reste un sujet de grande préoccupation pour le CICR. La trêve fragile intervenue dans le camp a tenu samedi et dimanche, malgré de fortes tensions. Il y aurait eu des tirs d'artillerie intenses dans la nuit de vendredi et des coups de feu sporadiques dans les premières heures de la matinée de samedi.

Constamment, quelques réfugiés continuent de quitter le camp à pied. Même s'il est difficile de confirmer les chiffres, il est probable qu'environ la moitié des résidents du camp de Nahr Al Bared y vivent encore.

Pendant les premiers jours des combats, les maisons et plus particulièrement les infrastructures à l'intérieur du camp ont subi de lourds dommages. Toutes les installations électriques et quatre réservoirs d'eau auraient été touchés, ce qui a plongé le camp dans une obscurité totale et provoqué une grave pénurie d'eau.

Le CICR reste extrêmement préoccupé par la sécurité des civils à l'intérieur du camp assiégé et il réitère son appel pour avoir accès en toute sécurité aux résidents du camp et leur apporter de toute urgence des secours, médicaux et autres.

Fourniture récente de secours dans les camps de Nahr Al Bared et Baddaoui

Par l'intermédiaire du Croissant-Rouge palestinien, le CICR fournit aujourd'hui 14 tonnes de nourriture, 20 000 litres d'eau en bouteille et 3 tonnes de pain aux civils de Nahr Al Bared.

Avec l'aide du Croissant-Rouge palestinien, 22 000 litres d'eau, 2 tonnes de pain et 4 000 bougies ont été livrés le 26 mai à Nahr Al Bared. Entre-temps, dans le camp de Baddaoui, les volontaires du département Jeunesse de la Croix-Rouge libanaise apportaient 30 tonnes de nourriture aux personnes déplacées, ce qui porte à 70 tonnes l'aide totale fournie par le CICR au camp de Baddaoui.

Des vivres et des assortiments d'articles d'hygiène ont été distribués à 50 familles de Nahr Al Bared qui logent chez des habitants d'Akkar.

Dans le camp de Baddaoui, les réfugiés se plaignent d'être à nouveau déplacés

Dans le camp de Baddaoui, les délégués du CICR ont passé une grande partie de leur temps à parler aux réfugiés déplacés de Nahr Al Bared, récoltant des informations sur la manière dont ils avaient réussi à quitter le camp et font maintenant face à la situation. Les plus âgés d'entre eux avaient fui la Palestine en 1948 et se plaignaient du fait qu'ils avaient maintenant encore été déplacés dans un autre camp pour réfugiés. « Ils ont tout perdu et leurs maisons à Nahr Al Bared ont été détruites sous leurs yeux, raconte Virginia de la Guardia, une déléguée du CICR. La tragédie qu'ils vivent actuellement assombrit encore plus l'histoire des réfugiés palestiniens de ces 60 dernières années. »

Au secours des personnes déplacées dans la vallée de la Bekaa et le Sud-Liban

Quelques réfugiés venus de Nahr Al Bared séjournent maintenant dans d'autres camps palestiniens comme Rachidiah et Al Bouss près de Tyr, El Jalil à Baalbek, et Miye et Ain El Houlwah près de Saïda.

Le CICR a fourni des colis de nourriture et des assortiments d'articles d'hygiène à 17 familles d'El Qaraoun et El Marje, dans la vallée de la Bekaa. Quarante-six autres familles, récemment arrivées dans la région, ont reçu la visite des délégués du CICR et recevront une aide au début de la semaine prochaine.

Vendredi, des colis de nourriture et des assortiments d'articles d'hygiène ont été distribués à 31 familles qui venaient de Nahr Al Bared et s'étaient réfugiées dans le camp d'El Jalil, à Baalbek, et dans les villages de Bar Elias et Daly Day.

Des secours ont été distribués à 27 familles dans le camp d'Al Bouss, près de Tyr, à 4 familles dans le camp de Miye, près de Saïda, et à 39 familles vivant dans la ville même de Saïda. Un nombre important de familles n'ont pas encore pu être secourues. Leurs besoins feront l'objet d'une évaluation et d'un suivi avec le bureau de l'UNWRA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) à Saïda.

Jeudi, le CICR a distribué des colis de vivres et des assortiments d'articles d'hygiène à 18 familles déplacées de Nahr Al Bared, qui avaient fui le camp pour réfugiés de Rachidiah, près de Tyr, et à 30 familles dans le camp pour réfugiés palestiniens d'Ain El Houlwah, près de Saïda.

Autres faits nouveaux

Si la distribution d'eau en bouteille est actuellement la seule option viable dans le camp de Nahr Al Bared, les ingénieurs du CICR se préparent à la phase suivante en prépositionnant à Tripoli des réservoirs souples, un générateur et d'autres équipements destinés à l'approvisionnement en eau et à l'assainissement, qui seront utilisés dès que les conditions de sécurité dans le camp le permettront.

Entre-temps, le CICR a transporté des secours médicaux (2 000 sacs de sang, 10 matelas à eau, des bandages, etc.) à l'hôpital Safad, administré par le Croissant-Rouge palestinien à Tripoli - secours donnés par l'Agence suisse pour le développement et la coopération.

Coordination humanitaire

Le CICR coordonne de près ses activités avec la Croix-Rouge libanaise, le Croissant-Rouge palestinien et ses autres partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le CICR et ses partenaires du Mouvement travaillent en étroite collaboration avec l'UNWRA et d'autres agences des Nations Unies.

Informations complémentaires :

Vincent Lusser, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 26 ou +41 79 217 32 64

Virginia de la Guardia, CICR Beyrouth, tél. : +961 1 739 297/8/9 ou +961 70 12 98 69