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Liban : Appel de fonds pour les déplacés palestiniens, la violence gagne le sud

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BEYROUTH, 6 juin 2007 (IRIN) - L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a lancé lundi un appel mondial pour obtenir 12,7 millions de dollars, une somme destinée à couvrir les besoins humanitaires de plus de 27 000 Palestiniens déplacés du camp de réfugiés de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban.

Depuis le 20 mai, l'armée libanaise assiège le camp de Nahr al-Bared après le décès d'une dizaine de soldats, tués par des militants islamistes du Fatah al-Islam, un groupe relativement méconnu. L'armée a intensifié les bombardements sur le camp depuis le 1er juin, décrivant ses actions comme le « début de la fin ».

Richard Cook, directeur de l'UNRWA au Liban, a déclaré que les 12,7 millions de dollars demandés correspondaient à une évaluation du montant de l'aide qu'il faudrait apporter aux déplacés au cours des 90 prochains jours. Il a en outre souligné la situation « insoutenable » dans laquelle se trouvait le camp voisin de Baddaoui, situé à 10 kilomètres de Nahr al-Bared, où plus de 20 000 personnes se sont réfugiées.

La somme sollicitée couvre le financement de projets liés à l'aide alimentaire, à l'hébergement, aux soins sanitaires d'urgence, à l'eau potable et à l'assainissement, ainsi qu'à la sécurité. Cette somme doit également permettre aux élèves réfugiés touchés par la crise de passer des examens publics.

« L'objectif global de cet appel est de couvrir les besoins immédiats et vitaux des réfugiés déplacés et de leur fournir un soutien immédiat, à court terme, pour assurer qu'ils puissent retourner sains et saufs au camp de Nahr al-Bared, dès que les circonstances le permettront », a déclaré M. Cook lors d'une conférence de presse tenue au siège de l'UNRWA, à Beyrouth.

A la recherche d'un nouveau lieu d'accueil pour les réfugiés

Le directeur de l'UNRWA a confirmé que l'agence recherchait un terrain disponible et équipé d'infrastructures d'assainissement adéquates pour y construire des logements temporaires en vue de gérer la surpopulation massive du camp de Baddaoui, où la population a plus que doublé depuis le début de la crise.

Il a toutefois admis qu'il était difficile de reloger dans ces logements temporaires les réfugiés palestiniens déjà déplacés.

« Il s'agit d'une question très délicate pour les réfugiés. Manifestement, beaucoup se demandent si l'on veut construire un nouveau camp, c'est pourquoi nous devons être très prudents », a expliqué M. Cook à IRIN. « Je profite de l'occasion pour confirmer que si l'UNRWA souhaite reloger les Palestiniens déplacés dans ces logements temporaires, c'est uniquement pour leur propre bien-être et pour une période temporaire, jusqu'à ce qu'ils puissent retourner à Nahr al-Bared ».

Un terrain de loisirs situé à la lisière de Baddaoui, qui faisait partie des sites envisagés pour accueillir les logements temporaires de l'UNRWA, a déjà été refusé par les chefs des communautés de réfugiés de Baddaoui.

De son côté, le gouvernement a fait en sorte que quatre écoles situées dans la région de Baddaoui accueillent les familles déplacées, et l'école construite par l'UNRWA au sein même du camp de Baddaoui, et récemment agrandie, devrait elle aussi bientôt les accueillir.

A Nahr al-Bared, les bombardements intensifs qui avaient duré quatre jours, ont diminué le 4 juin, tandis que l'armée amenait, en renfort, au moins deux douzaines de véhicules blindés de transport de troupes et un grand nombre de soldats supplémentaires en vue de resserrer l'étau autour du camp.

Des postes de contrôles pris d'assaut dans le sud

Les violences qui ont éclaté dans le nord se sont propagées à un deuxième camp palestinien dimanche soir, lorsque des bandits armés du Jund al-Sham (les Soldats du levant), un groupe islamiste, ont pris d'assaut un poste de contrôle de l'armée, situé à l'extérieur du camp d'Ain al-Helweh, près de la ville portuaire de Sidon, dans le sud. Deux soldats libanais et deux militants ont également trouvé la mort dans une deuxième attaque, lancée lundi, qui a incité au moins 500 Libanais et Palestiniens à fuir le camp.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré avoir fourni cinq tonnes de denrées alimentaires, 150 kits d'hygiène et 500 couvertures à 250 familles déplacées, réfugiées dans un bâtiment municipal de Sidon.

L'UNRWA n'a pas pu pénétrer dans le camp de Nahr al-Bared depuis le 22 mai, date à laquelle son convoi de secours a été attaqué.

Depuis jeudi dernier, le CICR n'a pas non plus été en mesure d'approvisionner le camp en nourriture et en eau, des denrées vitales pour près de 8 000 personnes piégées au cœur du conflit. Le camp est en outre privé de réseau électrique depuis le 20 mai.

Dimanche, le Croissant-Rouge palestinien (CRP) a évacué 19 personnes de Nahr al-Bared, dont un blessé, 11 femmes, deux enfants et deux personnes âgées. Lundi, le CRP a évacué au moins neuf personnes de plus ; l'une était blessée, les autres étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées.

L'UNRWA craint que son complexe, situé dans le nord-ouest du camp, le long de la côte, n'ait été endommagé et soit inutilisable, à court terme, comme base pour coordonner les secours, une fois qu'il sera possible de pénétrer dans le camp.

Selon l'agence, plusieurs rapports, non confirmés, laissent penser que des militants du Fatah al-Islam ont envahi le complexe.

L'UNRWA a également déclaré craindre que de nombreuses parties du camp, et notamment son complexe, soient piégées ou semées d'engins non explosés, laissant entrevoir de nouveaux risques et de nouvelles difficultés pour les déplacés qui retournent au camp.

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