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Le Liban lance un ultimatum aux combattants de Fatah al-Islam de Nahr al-Bared

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Par Matshi

Le gouvernement libanais ne transigera pas avec les combattants du Fatah al-Islam, retranchés dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared. Après la trêve unilatérale décrétée par les islamistes depuis mardi à l'issue de trois jours des combats, le gouvernement libanais a lancé jeudi un ultimatum à tous les combattants islamistes à se rendre, au risque d'être délogés de force. Mais, refusant de se plier, les islamistes tentent de fuir le camp, poursuivant des actes terroristes dans d'autres villes du Liban.

Le gouvernement libanais n'a cure des islamistes du Fatah al-Islam qui le narguent depuis le samedi 19 mai en s'attaquant à son armée autour du camp des réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, dans la province nord de Tripoli.

Les combats de trois jours entre l'armée libanaise et les combattants de Fatah al-Islam, qualifiés des plus violents depuis la fin de la guerre civile en 1990, ont fait, selon un bilan de la Croix Rouge international, 69 morts, dont 30 soldats, 19 réfugiés palestiniens et un civil libanais. Un défi pour l'armée.

Ainsi, après la trêve unilatérale décrétée par le groupuscule Fatah al-Islam qui a permis à l'armée de renforcer ses rangs autour du camp de Nahr al-Bared, le gouvernement libanais a lancé jeudi un ultimatum de 48 heures aux combattants islamistes pour se rendre ou subir un assaut militaire.

«L'armée ne négociera pas avec le Fatah al-Islam, ils n'ont que deux solutions: soit la reddition, soit l'armée aura recours à l'option militaire», a averti le ministre de la Défense Elias Murr.

Le dispositif est de manière à empêcher de nouveaux affrontements avant que les 31.000 réfugiés palestiniens résidant dans le camp de Nahr al-Bared n'aient vidé les lieux. Jeudi, plus de la moitié d'entre eux avaient quitté le camp pour trouver asile dans un autre camp le plus proche de Baddaoui, la grande ville de Tripoli ou dans les villages environnants.

On pense que d'ici à 48 heures, les glas pourraient sonner pour les combattants du Fatah al-Islam retranchés dans le camp de Nahr al-Bared. Car l'armée libanaise est désormais déployée en force sur la route reliant Tripoli à la frontière syrienne. Elle ne permet plus à personne de rentrer dans le camp.

LES COMBATTANTS PERSISTENT ET SIGNENT

Mais bien que décapité de son numéro deux, un certain «Boumédiene», dont le cadavre a été retrouvé mercredi par l'armée, selon une source sécuritaire libanaise, le Fatah Al-Islam, que l'on accuse d'être lié au réseau Al-Qaïda et soupçonné par la majorité parlementaire antisyrienne d'être utilisé par les renseignements syriens pour déstabiliser le Liban, persiste et signe. Pour lui, il n'est pas question de reddition.

Cependant, le mouvement chercherait à se sauver par la fuite. En effet, l'armée libanaise a annoncé que l'une de ses vedettes avait coulé à l'aube de jeudi des canots pneumatiques avec à leur bord des extrémistes du Fatah Al-Islam. Ces derniers tentaient de fuir le camp sur la Méditerranée.

Secret militaire ou besoin d'enquête, on ne le sait. Est-il que l'armée n'a précisé ni le nombre de combattants à bord, ni si ces derniers ont été faits prisonniers ou simplement coulés à l'eau.

Mais, le Fatah al-Islam, qui semble avoir des adeptes à travers plusieurs villes du Liban, n'arrête pas, pour autant, de perpétrer des attentats meurtriers à divers endroits. Le dernier en date est celui commis mercredi soir à Aley, dans la montagne druze, à l'est de Beyrouth, et fief du leader druze et député de la majorité parlementaire Walid Joumblatt, lequel ne cesse d'accuser la Syrie d'être derrière les violences au Liban.

Signe que le Fatah va probablement disparaître de Nahr al-Bared, mais pas de l'ensemble du Liban. Il va se manifester à travers des actes terroristes. Ce qui appelle une vigilance tous azimuts.