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Explosion de Beyrouth : apporter de l’espoir à une population qui se sent abandonnée

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« Ne nous abandonnez pas » semblent dire toutes les victimes de l’explosion de Beyrouth. Tandis que la catastrophe n’est plus dans les titres des journaux internationaux, ses conséquences sur une population déjà épuisée par des mois de crise économique, de manifestations, de bouleversement politique et de pandémie de COVID-19 sont encore bien présentes, et catastrophiques. Le centre d’appels mis en place par TSF, en collaboration avec l’organisation locale Live Love Lebanon, leur offre une lueur d’espoir et un lien pour recevoir l’aide dont ils ont besoin, avant que la catastrophe tombe dans l’oubli.

« Grâce à toi, à Live Love Lebanon et à TSF: parce que tu m’as appelée deux, trois fois pour me demander comment vous pouvez m’aider j’ai enfin trouvé quelqu’un qui m’écoute. J’ai besoin que quelqu’un m’écoute. Nous avons subi un gros choc, je suis stressée, ma mère est dépressive. Quand vous nous avez contactées, nous étions toutes les deux très contentes ». Carla a 49 ans, elle et sa mère malade étaient chez elles au moment de l’explosion. « Nous étions sur le balcon, quand nous avons entendu l’explosion nous sommes rentrées et j’ai essayé de protéger ma mère avec mon corps ». Leur maison a été sérieusement endommagée, les portes et fenêtres ont été détruites. Carla a besoin de médicaments, d’un nouveau concentrateur d’oxygène pour sa mère et de réparer son appartement avant l’hiver. Elle a déjà reçu de l’aide en nourriture et elle attend les autres formes d’aide dont elle a besoin. Quand nous lui avons demandé en quoi TSF et Live Love Lebanon l’ont aidée, elle nous a dit : « Vous m’avez donné de la joie, parce que j’ai enfin eu une réponse, j’ai été touchée par l’attention que vous avez eue envers moi et ma situation, je me suis sentie en sécurité ».

Carla n’est pas la seule à nous avoir dit que le centre d’appel a apporté un soutien psychologique. Lors des évaluations que notre équipe mène auprès des familles affectées par l’explosion, plusieurs victimes ont exprimé leur reconnaissance. « J’ai reçu un soutien psychologique parce que quelqu’un m’écoute réellement et est attentif à mes besoins » nous a dit Salah. « C’est bien d’avoir quelqu’un qui m’écoute, vous nous avez apporté de l’espoir, parce que la situation est catastrophique » confirment Rita et Joseph. « Vous m’avez aidé psychologiquement et j’ai maintenant espoir que des personnes veulent nous aider » ajoute Rita. Tous ont vu leurs maisons sérieusement endommagées : fenêtres cassées, plafonds effondrés, appartements condamnés, tandis que l’hiver s’approche rapidement.

Certains ont même complètement perdu leur maison, comme Christina, dont la maison est tellement endommagée qu’elle doit être démolie et reconstruite : « Plusieurs ONG sont venues nous voir, mais nous n’avons pas encore reçu d’aide, c’est pour cela que nous avons perdu tout espoir ». Ils ont tous besoin de nourriture, de médicaments, d’abri et d’aide à la reconstruction. Si certaines formes d’aide peuvent arriver rapidement et sont déjà en cours, d’autres nécessitent plus de temps. Dans cette situation, les victimes ont besoin d’une aide concrète, mais aussi de ne pas se sentir abandonnées et de savoir que quelqu’un continuera à se préoccuper d’elles dans les semaines et mois à venir. À travers le call centre, TSF leur fournit un lien sûr pour les aider à recevoir l’aide urgente dont elles ont besoin et reprendre progressivement leur vie après la catastrophe.

Entre les appels et le WhatsApp bot, plus de 1 000 requêtes ont déjà été reçues et sont en cours de traitement. TSF continuera le soutien technique au centre d’appels et ses visites aux familles affectées, pour s’assurer qu’elles reçoivent l’aide nécessaire et continuent à se sentir accompagnées. Comme le confirme Florent Bervas, Chef de Mission pour TSF à Beyrouth : « La mission de TSF est de connecter les populations isolées et donner une voix à ceux réduits au silence par les crises humanitaires. Ce centre d’appels permet de donner une voix à des personnes désespérées qui, à cause de la situation actuelle dans le pays, risqueraient de ne pas être entendues autrement ».