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Lebanon

Des vies en suspens : au cœur de la crise croissante des déplacés au Liban | IFRC

Au sein de cet exode se trouvent des personnes comme Layla, Adnan et Nancy. Leurs récits comblent le fossé entre la tragédie et l'espoir, mettant en lumière le rôle vital de la Croix-Rouge libanaise, agissant en partenariat avec l'IFRC comme une véritable bouée de sauvetage humanitaire.

L'histoire de Layla

Layla ne parvient pas à se rappeler la date exacte à laquelle elle a dû fuir en urgence Burj al-Barajneh, une commune située au sud de la capitale, Beyrouth.

« Au début des hostilités, la première frappe a touché près de chez nous. J'ai attrapé mes enfants et je suis partie dans la panique. »

Les rues étaient chaotiques, encombrées de gens à pied plus encore que de voitures.

« Cette première nuit, nous avons dormi sur la plage de Ramlet al-Baida. Il faisait très froid. Nous étions épuisés. »

Après avoir erré d'un endroit à l'autre, Layla et ses cinq enfants ont fini par trouver refuge au stade de la Cité sportive Camille Chamoun à Beyrouth, où ils vivent désormais.

Gérée par la Croix-Rouge libanaise, la Cité sportive est le plus grand centre d'hébergement collectif du Liban, accueillant plus de 1 200 personnes déplacées. La Croix-Rouge libanaise fournit également une aide essentielle à l'échelle nationale, couvertures, matelas, repas prêts à consommer, pain et eau potable, garantissant que le soutien parvienne à ceux qui en ont le plus besoin, en partenariat avec l'IFRC.

« Nous sommes six. La situation est difficile, mais nous rendons grâce à Dieu. Je ne sais toujours pas si notre maison est endommagée », confie-t-elle.

Sa plus jeune, âgée de quatre ans, hurle dès qu'elle entend des drones ou des avions ; elle souffre également de problèmes cardiaques.

Alors que sa fille aînée panique pendant les bombardements, ses fils restent silencieux, « mais on peut voir la peur dans leurs yeux », ajoute Layla.

Malgré tout, Layla exprime sa gratitude : « La Croix-Rouge libanaise fait tout ce qu'elle peut. Même leur gentillesse et leurs sourires font une différence. »

Ses demandes sont simples : de l'eau chaude pour les enfants, des vêtements, des chaussures et un peu de nourriture fraîche au-delà des produits en conserve. C'est son deuxième déplacement en moins de deux ans, et elle attend toujours, la sécurité, et la chance de rentrer chez elle.

Nancy, a Lebanese Red Cross volunteer, delivers supplies to people living in shelters within the Camille Chamoun Sports City Stadium in Beirut.

Photo: Lebaneses Red Cross

L'histoire d'Adnan

« Mon nom est Adnan et j'ai quatorze ans. Nous avons fui Shiyah au début du mois de mars. »

Il vit désormais avec sa famille de cinq personnes dans le centre d'hébergement de la Cité sportive.

« Être dans un refuge, c'est mieux que rien, et c'est mieux que de vivre dans la rue », dit-il.

L'école et ses amis manquent à Adnan ; il étudie à distance grâce à des leçons envoyées via WhatsApp. Lorsqu'on lui demande ce qu'il souhaite, il répond simplement : « J'espère que l'escalade va s'arrêter. Si Dieu le veut. »

Nancy, a Lebanese Red Cross volunteer, at the Camille Chamoun Sports City Stadium in Beirut.

Photo: Lebanese Red Cross

L'histoire de Nancy: «La Croix-Rouge est mon refuge »

« Mon nom est Nancy et j'ai vingt ans. J'étudie la psychologie à l'Université Libanaise. »

Nancy a été déplacée de Tyr, une ville côtière du sud du Liban.

Elle travaille désormais au centre d'hébergement de la Cité sportive, où elle soutient les familles déplacées sur le terrain, tandis que ses parents séjournent dans un autre centre géré par la Croix-Rouge libanaise à l'école secondaire d'Antelias.

« J'aide les gens à répondre à leurs besoins parce qu'ils vivent dans les mêmes conditions que moi », dit-elle. « Être sur le terrain me permet de rester stable. Sans ce travail, mon état mental serait complètement brisé. »

Ayant déjà vécu des déplacements par le passé, Nancy souligne l'importance du soutien psychologique, ajoutant : « Être déplacée n'est jamais facile. C'est très dur de quitter sa vie, sa maison, sa famille, ses amis et son université, et de ne pas savoir s'ils seront en sécurité aujourd'hui ou demain. »

«La Croix-Rouge libanaise est mon refuge. Quand je revêts cet uniforme, je me sens chez moi et capable d'aider les autres. »

Lebanese Red Cross volunteers and staff prepare for a distribution of food and other essential living supplies.

Photo: Lebanese Red Cross

L'intervention globale

La Croix-Rouge libanaise est le principal fournisseur de services d'ambulance au Liban, exploitant 125 ambulances, 12 unités médicales mobiles et 29 centres de santé (certains étant temporairement fermés en raison de la situation sécuritaire).

Seize salles d'opérations d'urgence assurent la coordination avec les autorités pour soutenir les opérations d'hébergement, surveiller les déplacements et planifier l'intervention humanitaire. Pour soutenir les hôpitaux, la Croix-Rouge libanaise maintient également une réserve de sang d'urgence.

Teams from the IFRC and Lebanese Red Cross plan their delivery of support to people staying at the Camille Chamoun Sports City Stadium in Beirut.

Photo: Mey Al Sayegh/IFRC

Le soutien de l'IFRC est essentiel au maintien de ces services. Grâce à une allocation de 2 millions de CHF via le Fonds d'urgence pour les réponses aux catastrophes (DREF) de l'IFRC et à un appel d'urgence élargi, l'IFRC aide à garantir que les services d'ambulance, les soins de santé, l'approvisionnement en sang et l'aide de secours parviennent aux familles déplacées à travers tout le Liban.

Les besoins les plus urgents restent l'hébergement, la nourriture, l'accès aux soins médicaux d'urgence et le soutien psychologique, car les familles arrivent avec peu d'effets personnels et sans perspective claire de retour à la maison.

Grâce au courage et à la résilience de personnes comme Layla, Adnan et Nancy, ainsi qu'au dévouement de la Croix-Rouge libanaise avec le soutien de l'IFRC, une aide humanitaire vitale continue de parvenir à ceux qui en ont le plus besoin dans les plus grands centres d'hébergement du Liban.

Histoire par Mey Al Sayegh

Directrice de la communication pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord