Dans une installation au Liban, un incendie brise la vie d’une famille de réfugiés syriens

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 15 Dec 2017 View Original

Par Scott Craig

PLAINE DE LA BEKAA, Liban - Huit enfants syriens ont trouvé la mort la semaine dernière dans un incendie qui a ravagé le labyrinthe de tentes en bois et en plastique d’un campement informel de réfugiés, une tragédie qui vient encore rappeler la précarité de l’existence des réfugiés en exil.
L’incendie a éclaté le 7 décembre à Ghazze, un village situé à une quarantaine de kilomètres à l’est de la capitale, Beyrouth. Attisé par les vents forts, il s’est propagé en quelques minutes à travers tout le campement. Toutes les victimes appartenaient à la même famille élargie. « L’incendie s’est propagé si vite que rien ne pouvait l’arrêter… J’ai essayé d’aider à l’éteindre, mais nous n’y sommes pas arrivés. On ne pouvait rien faire, » raconte Abdullah, qui a perdu son fils Yaccoub, quatre ans, et sa fille Hala, deux ans, dans ce désastre.

Les deux fils de son frère Mahmoud, Mohamad, cinq ans, et Abdullah, trois ans, ont également perdu la vie. Sa femme Maysa faisait les courses au marché quand l’incendie s’est déclaré, mais le temps qu’elle arrive au campement, il était trop tard pour les sauver.

Plus d’un million de Syriens ont trouvé refuge au Liban. Nombre d’entre eux vivent dans des campements informels comme l’installation de Ghazze, où les familles se servent de réchauds pour cuisiner et chauffer leurs tentes.

Près des trois quarts des réfugiés syriens au Liban vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Outre les victimes, l’incendie a également privé de logement près de 40 familles aujourd’hui totalement démunies et dévasté une communauté très soudée.

Le beau-frère de Mahmoud, Ibrahim, était allé rendre visite à un proche dans un hôpital local lorsque les nouvelles de l’incendie lui sont parvenues. Il s’est précipité chez lui et a trouvé ses voisins — tant Syriens que Libanais — qui tentaient désespérément de lutter contre les flammes. « Il ne restait plus rien après l’incendie, pas de vêtements, pas de jouets… Rien, » dit Ibrahim qui a perdu ses deux enfants, Fatima, quatre ans, et Khalil, deux ans. « Il ne nous reste plus que des souvenirs de nos enfant. » Après l’incendie, les voisins libanais de la communauté ont offert refuge et consolation à ceux qui avaient tout perdu. « Je ne peux plus considérer les gens comme des Syriens ou des Libanais, nous sommes voisins. Parfois les gens disent que les Syriens sont une charge, mais je ne pense pas, ce sont mes amis, et mes voisins, » dit Iman, une Libanaise qui vit dans un immeuble proche.

Cet incendie est le plus dévastateur qu’ait connu la communauté de réfugiés syriens au Liban, mais ce n’est pas le premier. À Akkar, dans le nord du pays, trois personnes dont un enfant ont péri dans les flammes juste une semaine avant l’incendie de Ghazze. En juillet, le feu a emporté un enfant à Bar Elias, là encore dans la plaine de la Bekaa. Et deux autres personnes sont mortes dans un incendie qui s’est déclaré à Jiyeh en décembre dernier.

Mohammed Al Majzoub, le maire de Ghazze, a ouvert le stade municipal pour accueillir les réfugiés. Bien que la cause de l’incendie n’ait pas été établie, il a démarré dans une tente vide et s’est rapidement propagé dans tout le campement avant que les résidents ne puissent réagir.
Le HCR et son partenaire Medair travaillent avec la municipalité et les autorités. Les travaux de reconstruction démarreront bientôt, une fois qu’un plan visant à augmenter l’espace entre les tentes sera approuvé par la municipalité et le propriétaire du terrain dans l’espoir de limiter les risques de pareilles catastrophes à l’avenir.

Le HCR travaille également en étroite collaboration avec les autorités de la protection civile du Liban pour lancer conjointement une campagne de sensibilisation sur les risques d’incendie et former des réfugiés, des résidents et des pompiers à la lutte contre l’incendie.