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No. 12 - Juin 2004
Présente en Irak et en Corée du Nord, Première Urgence s'est trouvée au coeur de l'actualité internationale des dernières semaines. Elle a immédiatement répondu aux soudains besoins de la population.
Le 22 Avril dernier, la gare de Ryongchon, au nord ouest de la Corée du Nord, explose suite à la collision de deux trains chargés de produits chimiques. Impossible d'apprécier la réalité des dégâts et des besoins : les estimations dopées de rumeurs alimentent pendant des heures les médias du monde entier. Mais Première Urgence, présente dans le pays depuis deux ans, cherche déjà un moyen de participer à l'aide humanitaire. Son programme hospitalier de relance de production de perfusions (dans 10 établissements), lui octroie un rôle déterminant dans le processus de secours. Puis les chiffres officiels tombent : 164 morts, 1300 blessés, 8100 familles sans abris. Le délabrement et l'insalubrité d'un des deux hôpitaux de la ville, à l'image des structures médicales du pays, ne permettent pas d'accueillir les victimes les plus graves, alors que l'autre a tout simplement été rasé par la déflagration. Les blessés sont donc évacués vers Sinuiju, la capitale provinciale à la frontière sino-coréenne. Première Urgence décide d'agir au lendemain du drame. Le personnel médical réussit à doubler la production normale des injectables (Glucose, Chlorure de Sodium, ou de solution de Ringer) dans trois des hôpitaux soutenus par le programme original. Des pharmaciens et des techniciens volontaires se relaient nuits et jours pour remplir les objectifs : 900 perfusions envoyées quotidiennement. Ces dernières affluent jusqu'au vendredi 30 Avril. L'action peut sembler courte, mais démontre la réactivité et l'efficacité des équipes en place.
Présente depuis 1997 en Irak, Première Urgence a réhabilité un quart des structures hospitalières du pays. Face à la montée spectaculaire de la violence, elle a choisi de rester à Bagdad, avec un effectif réduit de trois personnes contre sept habituellement. La plupart des humanitaires, menacés par les prises d'otages, ont pourtant fui le pays direction la Jordanie voisine et sa capitale Amman. Le contexte d'insécurité limitant les déplacements, l'équipe a malgré tout pu déceler des besoins brusquement apparus, grâce à ses relations étroites avec la population civile, et le personnel local. Première Urgence a ainsi adapté son soutien à la situation sanitaire de Najaf. L'hôpital principal, soupçonné d'avoir abrité des rebelles, est occupé depuis le 6 Avril par les troupes de la coalition. Cette mise en quarantaine prive la population d'une des plus importantes structure médicale du gouvernorat (avec une capacité de 420 lits) et de ses multiples spécialisations. Certains patients ont réussi à rejoindre l'hôpital de Bagdad. Les autres ont été évacués vers le second établissement de la ville sainte. Pour pallier les carences de ce dernier, Première Urgence y achemine du matériel, et améliore sa capacité d'accueil en divisant la salle d'accouchement en blocs opératoires improvisés ! Quant aux actions de réhabilitation, elles s'inscrivent en filigrane de l'action d'urgence. Selon les conditions, les convois continuent d'approvisionner Fallujah en médicaments et matériel, ainsi que des centres de soins isolés. Et tandis que la construction d'un hôpital pédiatrique à Kerbala s'achève, celle d'un service obstétrique et gynécologique va bientôt voir le jour. L'actualité peut ralentir ou interrompre momentanément les activités de Première Urgence en Irak, mais n'entame en rien sa détermination.