Mise en oeuvre de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes - Rapport du Secrétaire général (A/64/280)

Report
from UN General Assembly
Published on 10 Aug 2009 View Original
Soixante-quatrième session
Point 55 c) de l'ordre du jour provisoire*
Développement durable : Stratégie internationale
de prévention des catastrophes

Résumé

Le présent rapport propose un aperçu de l'avancée de la mise en oeuvre de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes en réponse à la demande de l'Assemblée générale dans sa résolution 63/216. Alors que des progrès considérables ont été réalisés dans la mise en oeuvre du Cadre d'action de Hyogo, notamment des améliorations au niveau des capacités internationales et la préparation aux catastrophes, une accélération de la mise en oeuvre s'impose à l'égard de tous les objectifs du Cadre. De nouvelles informations, provenant du récent Rapport d'évaluation globale concernant la réduction des risques de catastrophe, indiquent qu'une exposition croissante au risque devance les capacités actuelles de réduction de la vulnérabilité.

Il devient urgent d'investir davantage dans la mise en oeuvre systématique et de traiter les différents facteurs moteurs : la pauvreté rurale et la vulnérabilité, la croissance urbaine imprévue et la détérioration des écosystèmes. La seconde session Dispositif mondial pour la réduction des risques de catastrophe, qui a eu lieu en juin 2009, a appelé à l'action pour intégrer la réduction des risques de catastrophe et les efforts d'adaptation aux changements climatiques et au renforcement de l'action au niveau communautaire. Elle a également abordé plusieurs cibles spécifiques et de nouvelles initiatives afin d'augmenter proportionnellement les actions et investissements pour la réduction des risques de catastrophe.

I. Tendances en matière de catastrophes et de risques de catastrophe

1. De manière générale, les risques de catastrophe augmentent considérablement pour la plupart des dangers, parallèlement au fait que le risque de perte économique augmente plus rapidement que le risque de mortalité. Le principal moteur de cette tendance augmente rapidement l'exposition au risque. =C0 mesure que les pays se développent et que les conditions économiques et de gouvernance s'améliorent, la vulnérabilité diminue, mais pas assez rapidement que pour compenser l'exposition accrue.

2. Pendant la période de reporting1, de juin 2008 à juin 2009, on a dénombré un total de 343 catastrophes liées à des dangers naturels et ayant affecté plus de 42 millions de personnes, ayant coûté la vie à plus de 14 000 personnes et ayant engendré des dommages économiques de 57,4 milliards de dollars des états-Unis. L'Asie a été la plus fortement touchée (36 %). L'Afrique affichait le taux de mortalité le plus élevé (60 %) et les Amériques les pertes économiques les plus élevées (88 %).

3. Les catastrophes liées à des dangers hydrométéorologiques, comme les inondations, les tempêtes et les sécheresses ont été à l'origine de plus de 80 % des dommages occasionnés par tous les types de dangers naturels. L'Asie a été la plus touchée (37 %) et affichait le taux de mortalité le plus élevé (51 %) et les Amériques ont été les plus lourdement touchées en termes de pertes économiques (88 %).3 La sécheresse a touché 14,5 millions de personnes dans neuf pays de l'Afrique subsaharienne. Des pluies diluviennes ont causé de graves inondations et ont touché plus d'un demimillion de personnes en Inde, au Népal et au Pakistan. La saison des ouragans dans l'Atlantique fut très active en 2008, avec 16 tempêtes tropicales, 5 ayant été qualifiées d'ouragans de haute intensité. Cuba a été frappée par quatre cyclones tropicaux successifs, ce qui a provoqué l'endommagement ou la destruction de 500 000 logements. =C0 Haïti, plus de 800 000 personnes ont été touchées et les pertes ont été estimées à 900 millions de dollars des états-Unis, soit 15 % du PIB. L'ouragan Ike a provoqué environ 30 milliards de dollars des états-Unis de pertes économiques aux états-Unis.

4. La première édition du Rapport d'évaluation globale sur la réduction des risques de catastrophe, lancée Manama le 17 mai 2009,4 prouve clairement que les catastrophes sont à la fois la cause et la conséquence de la pauvreté, et que les changements climatiques augmentent le risque de catastrophe. Le rapport identifie trois sources principales de risque : la gouvernance urbaine et locale déficiente, la vulnérabilité des moyens d'existence dans les zones rurales et la détérioration des écosystèmes.

5. Le rapport souligne que les risques de catastrophe sont de plus en plus urbains. On s'attend à ce qu'en 2010, 73 % de la population urbaine mondiale et la plupart des grandes villes se situeront dans des pays en voie de développement. Environ un milliard de personnes du monder entier vivent dans des établissements informels précaires en périphérie des villes et ce chiffre croît d'environ 25 millions par an.

6. Néanmoins, environ 75 % des personnes qui vivent au-dessous du niveau de pauvreté international se trouvent dans les zones rurales, dont 268 millions en Afrique subsaharienne. La pauvreté rurale est associée à une distribution inégale des terres, à un manque d'accès aux semences améliorées, à une mauvaise utilisation de la technologie d'irrigation, à un manque de diversification économique, à la faiblesse des marchés et aux barrières commerciales.

7. Le déclin mondial des écosystèmes et la perte de nombreux services qu'ils produisent contribuent à une vulnérabilité accrue des communautés urbaines et rurales pauvres. Des mangroves ont notamment été déracinées pour faire place à l'élevage de crevettes, ce qui accroît les risques associés aux ondes de tempête, tandis que les terres humides drainées augmentent le risque d'inondation et que la déforestation accroît à la fois les risques d'inondation et de glissement de terrain.

8. De plus, les changements climatiques commencent à amplifier la nature inégale de la répartition des risques de catastrophe, augmentant les dangers et érodant en même temps la base de résistance, déviant davantage les impacts de catastrophes vers les communautés pauvres dans les pays en voie de développement.