Haiti

Verrettes : violence électorale et implication des femmes au cœur d’un forum

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© Jean-Etiome Dorcent-UN/MINUSTAH

Longtemps sur la liste des zones rouges des élections dans l’Artibonite, la commune des Verrettes (environ deux heures de route des Gonaives) a accueilli, le 29 avril dernier, le premier forum sur la violence électorale dans le département de l’Artibonite, dans la perspective des prochaines élections.

Le grand hangar de la « Belle Verretienne Hotel » est plein de monde. Député, maires, vice-délégué, policiers, futurs candidats et simple citoyens. « La problématique de la violence électorale et l’implication de la femme dans la politique » est le thème du jour.

C’est le lancement d’une série de neuf forums a dans différentes communes de l’Artibonite. Et le choix de Verrettes n’est pas un hasard. «La violence liée aux élections a souvent été enregistree dans cette juridiction », regrette le président du Bureau électoral départemental (BED), Claudel Saint-Hilien. « Cela s’explique, peut-être, par un certain engouement d’une partie de Verretiens de s’impliquer dans les élections », a-t-il ajouté.

Premier intervenant dans les échanges, Claudel Saint-Hilien met l’emphase sur le cadre juridique de la violence électorale. « Votre seule et unique arme est votre vote », argumente-t-il. Avant d’expliquer des thèmes tels : délit, infraction, fraude électorale, entre autres. « Travaillons pour la paix », plaide encore M. Saint-Hillien.

L’implication des femmes dans la politique

Les atouts et les enjeux du thème « Les femmes, leurs implications davantage dans la politique » ont été analysés et commentés par les participants venant des différentes sections communales.

« L’augmentation de la participation des femmes dans la politique réduit la violence sur les femmes », peut-on lire dans un document didactique, présenté en la circonstance.

La présidente de la Fédération des femmes du Bas-Artibonite (FEFBA) juge nécessaire de supporter les candidatures des femmes. Gerda Bien-Aimé promet l’appui de son organisation aux femmes qui se porteront candidates aux prochaines élections dans le département. « Nous allons nous battre pour avoir des femmes élues dans les différentes communes », promet-elle.

De son côté, le député de la circonscription, Vikens Derilus, déplore parfois un manque de solidarité entre les femmes. « Comment expliquer que les députés femmes de la chambre n’ont pas un seul agent sécurité rapproché femme », s’interroge-t-il.

« Tant que les femmes restent à l’écart, leurs droits seront violés », commente pour sa part M. Saint-Hilien, Le théâtre pour faire passer le message

Moment fort de l’activité, la prestation de la Troupe théâtrale « Rozo d’Ayiti», des Gonaïves. Dans un montage de texte axé sur la non-violence et l’union, les acteurs signalent les conséquences néfastes de la violence. « La violence nous dérobe notre identité, notre bonheur, nous retarde. Elle enterre le pays », déclame l’un d’entre eux, au rythme du tambour.

120 forums seront organisés à travers les 10 départements du pays, du 23 avril au 18 juin 2014, avec 40 à 70 participants environ. L’objectif de ces rencontres est de sensibiliser les acteurs locaux (parlementaires, société civile, associations de femmes, intellectuels, étudiants, leaders religieux, journalistes…) à participer au processus électoral et plaider en faveur de la participation politique, en mettant l’accent sur le dialogue politique et la réconciliation nationale.

Ce projet est financé par le Bureau de l’information publique et de la communication de la MINUSTAH, pour un montant de 40 000 dollars américains. Il est exécuté par les autorités locales, soutenues par la MINUSTAH.

Jean-Etiome Dorcent- UN/MINUSTAH