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Une "zone de sécurité" bientôt créée à la frontière haïtiano-dominicaine

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Une initiative stratégique contre les activités illicites dans le cadre de la coopération militaire entre les Etats-Unis et la République Dominicaine

Les gouvernements américain et dominicain ont défini une stratégie commune et identifié des mécanismes de sécurité contre le terrorisme, le trafic d'armes, de la drogue et le passage d'illégaux haïtiens à la frontière haïtiano-dominicaine selon différents médias dominicains. Alors que le chancelier dominicain Carlos Morales Troncoso était lundi en visite officielle à Port-au-Prince, au même moment 1660 soldats dominicains du bataillon d'entraînement de San Isidro étaient déployés dans la zone frontalière, de Dajabòn à Jimanì en passant par Elias Piña, à l'occasion d'une importante visite d'évaluation d'une délégation composée du haut commandement militaire dominicain et de représentants des Etats-Unis. Cette évaluation de terrain doit déboucher à terme sur la création d'une "zone de sécurité" conjointe américano-dominicaine, à la frontière longue de 375 kilomètres.

L'ambassadeur américain à Santo Domingo Hans Hertell, accompagné d'un représentant du Pentagone se trouvait à la frontière en compagnie du ministre dominicain des Forces Armées, le contre-amiral Sigfrido Pared Pérez, du général en chef de l'Armée, Ricardo Estrella Fernàndez, du directeur du service d'intelligence de l'institution militaire (J2), Rafael Ramìrez Ferreira.

Le diplomate américain qui s'est rendu à pied au principal point de passage entre les deux pays, s'est entretenu avec des soldats de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) autour du sysème de sécurité dont dispose Haïti. "Il y a un manque de dynamisme qui empêche de sortir de la crise et d'aller de l'avant avec le peuple haïtien" a affirmé Hans Hertell qui a estimé, une fois de plus, que jamais Haïti n'avait reçu autant d'aide que maintenant en vue de sa démocratisation. L'ambassadeur s'est défendu contre l'idée selon laquelle Washington aurait abandonné Haïti, soulignant l'importante aide humanitaire et d'autres formes de coopération dont bénéficie le pays pour résoudre ses problèmes sociaux, économiques et politiques. "Sur Haïti l'histoire est claire. Là-bas il y a eu très peu de démocratie depuis l'indépendance ; mais une grande étape serait franchie si nous pouvons avoir des élections libres et transparentes comme en République Dominicaine" a déclaré Mr Hertell.

Dans le cadre de l'évaluation de la situation à la frontière, l'ambassadeur Hans Hertell a indiqué que cette opération impliquera la présence d'un personnel spécialisé de différentes agences des Etats-Unis incluant les départements de la justice, de la défense, de l'immigration, des douanes et du développement.

Pour sa part, le ministre dominicain des Forces Armées a annoncé l'intensification des patrouilles le long de ligne frontalière commune avec Haïti en vue d'éviter le trafic de la drogue, d'armes, d'êtres humains et de marchandises très fréquent entre les deux pays. "A partir des conclusions tirées de cette visite, nous soumettrons d'ici le 22 juillet des recommandations au Président Leonel Fernàndez afin d'améliorer et d'optimiser les services disponibles à la frontière" a précisé le contre-amiral Sigfrido Pared Pérez qui s'est félicité du travail accompli par les troupes dominicaines déployées dans la zone frontière et engagées dans la lutte contre toutes les formes de contrebande y compris les voyages illégaux.

Le directeur du bureau de presse de la Présidence dominicaine, Rafael Nùñez a reconnu que le gouvernement dominicain a sollicité l'aide militaire des Etats-Unis en vue de la création d'une "zone de sécurité" à la frontière. Il s'est empressé d'ajouter que cet accord n'aura aucune incidence sur la souveraineté nationale dominicaine. Le Président Leonel Fernàndez a jugé nécessaire de réactiver la coopération militaire avec Washington. Cette reprise de l'aide militaire américaine à la République voisine a été possible après que les autorités dominicaines aient accepté de renoncer à toute poursuite pénale contre des GI's qui pourraient commettre des délits ou des crimes sur le territoire dominicain. L'administration Bush a salué cette décision comme "un geste de bonne volonté, d'amitié et de compréhension" posé par Santo Domingo.

Parallèlement, le ministre Sigfrid Pared Pérez a annoncé mardi que le commandement sud de l'armée américaine pourrait ouvrir bientôt une école militaire sur la base navale de Caldera, dans la ville de Banì. Cette école de sergent servirait de camp d'entraînement aux militaires de l'Amérique Centrale et des Caraïbes selon le contre-amiral qui en a profité pour démentir les informations selon lesquelles les Etats-Unis auraient l'intention d'installer une base militaire à la frontière haïtiano-dominicaine. Cette frontière est la plus difficile de toutes les Amériques à cause des spécificités de l'insularité ; mais pour assurer sa surveillance aucune autre armée n'est mieux préparée que l'armée dominicaine a conclu le ministre Pérez.

Et comme par hasard, le chef du commandement sud de l'armée américaine, responsable de la région Amérique Centrale/Caraïbes, est en visite cette semaine à Santo Domingo.

La visibilité de plus en plus prononcée de la coopération dominico-américaine sur le cas d'Haïti coïncide avec l'accentuation de l'instabilité chronique du pays, marquée ces dernières semaines par des troubles politiques sévères, l'escalade de la violence et la fuite massive de nombreuses familles haïtiennes terrorisées et désespérées.