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Une délégation interministérielle dominicaine dirigée par le chancelier Carlos Morales Troncoso attendue à Port-au-Prince ce lundi

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Les Etats-Unis participent parallèlement à une importante visite d'évaluation à la frontière haïtiano-dominicaine

Une délégation officielle dominicaine de haut niveau dirigée par le ministre des affaires étrangères et ancien Vice-Président, Carlos Morales Troncoso est attendue lundi à Port-au-Prince pour d'importantes discussions avec les autorités haïtiennes sur des questions bilatérales portant notamment sur le renforcement des mesures de coopération, face au développement accru de la délinquance entre les deux pays qui se partagent l'île Caraïbe.

Selon les dernières éditions digitales du quotidien dominicain El Nacional, le ministre de l'intérieur et de la Police Franklin Almeyda Rancier, le ministre du travail José Ramòn Fadul et le chef de la Police dominicaine, le major-général Manuel de Jesùs Pérez Sànchez feront également partie de la délégation.

Les officiels dominicains auront des entretiens notamment avec le Président provisoire Boniface Alexandre, le Premier ministre Gérard Latortue, le chef de la diplomatie haïtienne Hérard Abraham et le ministre des affaires sociales Franck Charles, un sympathisant de Fanmi Lavalas (le parti d'Aristide) ayant intégré le nouveau cabinet ministériel.

Parmi les autres thèmes de discussion figurent la régularisation des contrats de travail des haïtiens présents massivement dans le secteur de la construction et dans les champs agricoles dominicains.

L'ambassadeur dominicain à Port-au-Prince, José Serrulle Ramia, étant en vacances en Europe, pourrait ne pas assiter aux différentes rencontres prévues. Le chargé d'affaires de l'ambassade dominicaine, Pastor Vàzquez avait indiqué samedi n'être pas au courant de l'arrivée de la délégation dans la capitale haïtienne. La coordination de ce sommet haïtiano-dominicain a été assurée par Madame Rufina Lacrespeaux, une amie dominicaine de longue date du chancelier Hérard Abraham avec qui elle aurait même des liens familiaux.

Parallèlement à cette visite sans précédent dans l'histoire contemporaine des relations souvent tumultueuses entre les deux Républiques, les membres du haut Etat-Major des Forces Armées dominicaines accompagnés de représentants des Etats-Unis, doivent effectuer lundi une visite d'évaluation à la frontière haïtiano-dominicaine. Cette visite d'évaluation très particulière débutera à Dajabòn pour s'achever à Jimanì et sera conduite par le ministre des Forces armées, l'amiral Sigfrido Pared Pérez. Des vice-ministres militaires et le chef la division d'intelligence de l'armée dominicaine (j-2), le major-général Rafael Ramìrez Ferreira y seront également de même que l'ambassadeur américain à Santo Domingo Hans Hertell, des représentants du Pentagone et du commandement sud de l'armée américaine chargé de la région Caraïbes/Amérique Centrale.

C'est le gouvernement du Président Leonel Fernandéz qui a sollicité la participation des Etats-Unis à cette opération dans le cadre d'une coopération multisectorielle entre les deux pays, incluant la présence en territoire voisin de l'agence américaine anti-drogue (DEA), du commandement sud de l'armée américaine et d'experts américains à la direction des services d'immigration, des services narcotiques et de l'armée.

Des sources diplomatiques font état de l'intention de Washington d'installer une base militaire à la frontière haïtiano-dominicaine.

Des réseaux de délinquants impliqués dans le trafic de véhicules volés opèrent fréquemment des deux côtés de la frontière, longue de 380 kilomètres, qui sépare les deux pays et mettent en péril, par leurs activités illicites la sécurité nationale d'Haïti et de la République Dominicaine. A ce propos, il convient de signaler la présence en République voisine, de farouches partisans de l'ancien dictateur Jean-Bertrand Aristide qui se seraient associés aux activités subversives et criminelles des bandes armées établies dans différents quartiers populaires de Port-au-Prince.

Le journal El Nacional nous apprend qu'à cause de la montée de l'insécurité en Haïti, caractérisée par la multiplication des enlèvements contre rançon, beaucoup de familles haïtiennes se sont réfugiées ces dernières semaines dans la partie orientale de l'île Caraïbe, inscrivant leurs enfants dans des collèges de Santo Domingo et de Santiago (nord) pour l'année académique 2005-2006. Le Lycée français de la capitale dominicaine a été ainsi submergé par des demandes incessantes d'inscription formulées par des élèves haïtiens.