Haiti

Tremblement de terre en Haïti : l'urgence de l'assistance humanitaire

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Plus de 48 heures après le séisme, l'heure est aux opérations de secours en faveur des personnes toujours prisonnières des bâtiments en ruine. L'ONU a mis en branle toutes ses ressources disponibles pour secourir. Une action optimisée l'arrivée d'équipes de sauvetage internationaux, en provenance des Etats-Unis, de la République Dominicaine, de la Chine et de la France. Mais devant l'importance des dégâts, les besoins sont devenus plus que pressants.

Port-au-Prince offre l'image de la désolation, deux jours après le séisme dévastateur du 12 janvier. Les routes de la ville sont envahies par des populations en détresse, en quête d'abris certains. En effet, des centaines d'édifices se sont effondrés ou partiellement endommagés. Parmi eux, des bâtiments gouvernementaux, des hôtels, des banques, des établissements scolaires et des commerces.

Le long des principales artères de Port-au-Prince sont visibles des corps des victimes, posés à même le sol, sur les trottoirs..... Dans la cour de l'hôpital général sont étendus près de 3000 corps sans vie. Le pénitencier national s'est vidé de ses occupants, le centre ville, quasiment ravagé par les secousses, entre autres réalités préoccupantes.

Parmi les quartiers de la capitale les plus affectés, Christ roi, situé sur le prolongement de Bourdon. Un de ses habitants, Ashley Salomon, témoigne : "des membres de ma famille sont encore prisonniers des décombres. Nous avons peur qu'ils meurent par asphyxie. Je suis sorti pour demander de l'aide de la police ou de la communauté internationale". En effet, "des ruines s'échappent déjà des odeurs nauséabondes, ce qui attire des mouches." Une situation qui fait planer le risque d'épidémies.

A différents endroits de la capitale se poursuivent les opérations d'évaluation des dégâts humains et matériels. Parmi les sites durement touchés, l'hôtel Montana. Sur place, une équipe des 60 secouristes français met les bouchées doubles pour fouiller les décombres. Avec eux, des équipements de secours, tels des « matériels de branchardage, de percement, d'écoute, ainsi que des infirmiers et des chiens de sauvetage ».

Selon un de ses membres, les responsables sont en train d'effectuer des opérations de reconnaissance avant de passer à l'action. D'autres membres sont à l'œuvre sur d'autres sites de la ville. Au quartier général en ruine de la MINUSTAH, une vingtaine de secouristes chinois, munis également de chiens de sauvetage, prêtent main forte aux casques bleus.

Pour la Ministre de la Communication et de la Culture, Marie Laurence Josselin Lassègue, " l'urgence, c'est les morts. La grande difficulté c'est qu'il y a encore beaucoup de gens sous les décombres, il faut les dégager et, peut être, sauver quelques personnes qui seraient encore en vie ou qui seraient blessés" . Se prononçant sur l'organisation de l'action gouvernementale, elle fait valoir que "nous articulons tout cela avec l'appui de la communauté internationale". La population, elle, commence à s'organiser en vue d'enterrer les disparus. Et au nombre de leurs besoins, des vivres, de l'eau potable, des pioches, des pelles et des cache nez.

La situation est jugée extrêmement "désastreuse" par la Représentante spéciale a.i. du Secrétaire général de l'ONU, Mme Kim Bolduc, par ailleurs Coordinatrice humanitaire et représentante résidente du PNUD. Celle-ci intervenait aujourd'hui lors d'une conférence de presse, conjointement avec le Chef Bureau de la communication et de l'information Publique de la MINUSTAH, David Wimhurst.

"Une importante quantité de l'aide est attendue de toute urgence avec l'appui de la communauté internationale en vue de faire face aux besoins cruciaux immédiats », souligne Mme Kim Bolduc . « La situation sécuritaire est également sous contrôle. Les patrouilles militaires et policières renforcées et réajustées conformément au plan d'assistance humanitaire en préparation», selon M. Wimhurst .

A l'égard de la population, certaines consignes gouvernementales : "mettre les morts devant les cimetières, certaines églises et non le long des rues et des routes. Ensuite, donner priorité aux enfants, aux personnes âgées lors de distribution d'eau ou de nourriture ". L'occasion également pour la Ministre d'inviter la population à la solidarité : "le Gouvernement assume ses responsabilités, la population doit, de son côté, s'entraider."

Rédaction : Uwolowulakana Ikavi