Séisme du 12 janvier 2010 en Haïti : Des dispositions institutionnelles structurantes encore attendues 9 ans après

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Published on 10 Jan 2019 View Original

Par Ronald Colbert

P-au-P, 10 janv. 2019 [AlterPresse] --- Neuf années après le tremblement de terre dévastateur du mardi 12 janvier 2010, au cours duquel plus de 300 mille personnes ont été tuées et d’importants dégâts matériels enregistrés, une grande partie de la population en Haïti continue de craindre les effets possibles des secousses telluriques, relève l’agence en ligne AlterPresse.

Malgré beaucoup de séances de sensibilisation, réalisées sur le territoire national, depuis l’année 2010, des comportements à risques sont observés un peu partout.

Les actions de prévention font défaut chez les différentes municipalités, en ce qui concerne le respect et le suivi des normes applicables aux constructions.

Une nouvelle grande agglomération, dénommée « Canaan » et « Jérusalem », s’étend, depuis l’été 2010, au nord de Port-au-Prince. Les églises – de foi protestante et catholique romaine –, qui desservent les habitantes et habitants à Canaan et à Jérusalem, auraient suscité le choix de ces noms.

Face à la pression démographique, depuis de nombreuses années, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, sans mesurer, au préalable, l’impact des problèmes de services publics adéquats (eau potable, électricité publique courante, conditions sanitaires, écoles appropriées, sécurité globale, espaces verts, transports et marchés publics, etc.), plus de 300 mille personnes s’y sont pris refuge progressivement, en envahissant un espace, qui était en friche jusqu’au mois d’août 2010.

Les différents gouvernements, qui se sont succédé, de 2010 à 2019, en Haïti, ont lancé, particulièrement dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, des initiatives de logements, qui ne répondent pas aux besoins immenses, sans cesse exprimés par la population et diverses organisations d’accompagnement.

En province, différentes organisations non gouvernementales ont, en revanche, érigé des unités de logements plus durables pour des catégories vulnérables ciblées.

Quoi qu’il en soit, un nombre important de citoyennes et de citoyens ne prennent point garde à l’état précaire des logements, où ils demeurent.

15 morts et plus de 300 blessés ont été enregistrés ---, lors d’un nouveau tremblement de terre, de magnitude 5.9 sur l’échelle de Richter, sur l’île d’Haïti, dans la soirée du samedi 6 octobre 2018 (vers 8:11 pm locales à Port-au-Prince = 0:11 gmt le dimanche 7 octobre 2018).

Plus de cinquante secousses sismiques, de magnitude comprise entre 2.8 et 5.9, ont été recensées, durant l’année 2018, sur le territoire d’Haïti.

Le mercredi 19 décembre 2018, aucun dégât n’a été rapporté, lorsque la terre a, de nouveau, tremblé, avec une magnitude 3.4 sur l’échelle de Richter, dans le Nord-Est et le Nord-Ouest d’Haïti.

Régulièrement, sont ressenties, en divers points, dans tous les départements géographiques en Haïti, des secousses sismiques à magnitude plutôt faible.

De 2010 à 2019, les secousses sismiques sont très fréquentes sur l’île d’Haïti (République d’Haïti et République Dominicaine).

Plus d’une année après le séisme de 2010, l’Etat en Haïti a créé, le 7 février 2011, l’Unité technique de sismologie (Uts).

« Contribuer à l’information préventive et à la divulgation des connaissances dans le domaine du risque sismique, ainsi qu’à la formation en matière de géologie, géophysique, tectonique, gestion de réseau sismique, etc ; oeuvrer à la prise en compte de l’aléa sismique dans le cadre de la reconstruction du pays » font partie des attributions dévolues à cette entité publique, l’Uts.

Il y a plus de connaissances sur le phénomène des secousses sismiques. Cependant, les moyens adéquats, notamment financiers, ne sont pas mis à disposition.

Les résultats des études de microzonage sismique, entrepris, après 2010, dans différents départements géographiques en Haïti, ne sont pas encore pris en compte.

Dans toutes les municipalités, il n’y a pas encore de plan institutionnel de constructions de logements alternatifs durables au profit de la population en Haïti, dont la croissance a atteint une augmentation de 184% en 57 ans (pour la période 1960 – 2017 // http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/HTI/fr/SP.POP.TOTL.html).

Après un recensement pilote en 2018, l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (Ihsi) projette, pour mars et avril 2019, le Ve recensement général de la population et de l’habitat en Haïti. [rc apr 10/01/2019 0:00]