Haiti

Point de Presse des Nations Unies en Haïti du Jeudi 5 mai 2011

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  • Sylvie van den Wildenberg, Porte-parole, MINUSTAH

-Jorge Moreno Inocencio, Porte-parole de la police des Nations Unies (UNPOL)

  • Lt Commandant Claire Berthiaume, Porte-parole militaire adjointe

INTERVENTION DE LA PORTE-PAROLE DE LA MINUSTAH, SYLVIE VAN DEN WILDENBERG

Bonjour à toutes et à tous, et merci d’être avec nous, pour ce point de presse hebdomadaire de la MINUSTAH. Bonjour aussi à tous les auditeurs de Radio MINUSTAH qui nous suivent en direct. Au sommaire de cette conférence de presse, nous aborderons plusieurs questions, tout d’abord la publication du rapport du Groupe d’experts indépendant sur l’origine du choléra, qui a été rendu public hier, par les Nations Unies. Nous évoquerons également la situation politique et sécuritaire actuelle suite la publication de résultats des élections présidentielle et législatives, actuelle, ainsi que plusieurs activités de la Mission en appui au renforcement des capacités institutionnelles.

Rapport du Groupe d’experts indépendant chargé d’enquêter sur l’origine de l‘épidémie du choléra en Haïti :

Les Nations Unies ont rendu public hier, mercredi 4 mai, dans l’après midi, le rapport du Groupe d’experts indépendant chargé d’enquêter sur l’origine de l’épidémie de choléra en Haïti. Ce rapport avait été présenté par les experts indépendants au Secrétaire général, la veille, le mardi 3 mai. A la demande du Secrétaire général, et dans le respect du protocole, hier matin, avant que le rapport ne soit rendu public depuis New York, le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, M. Edmond Mulet, en a transmis une copie au Gouvernement d’Haïti.

A l’instar du Secrétaire général, son Représentant spécial en Haïti et chef de la MINUSTAH, M. Edmond Mulet remercie le Groupe d’experts indépendant pour ses efforts. La MINUSTAH prend acte des conclusions et des recommandations formulées par le Groupe d’experts, lesquelles sont examinées avec la plus grande attention.

Le Représentant spécial du Secrétaire général, en son nom et au nom de la famille des Nations Unies en Haïti, saisi l’occasion de la publication de ce rapport pour renouveler sa profonde sympathie à tous ceux et à toutes celles, qui, de quelque manière que ce soit, ont été et sont encore éprouvés par l’épidémie de choléra qui a causé de lourdes pertes en vies humaines en Haiti.

Le Représentant spécial réaffirme en outre le ferme engagement de la MINUSTAH et de toute la famille des Nations Unies à continuer de soutenir les efforts du Gouvernement et du peuple haïtien tant dans le combat contre l’épidémie, que dans le renforcement des structures sanitaires du pays, y compris le mécanisme de surveillance et de réponse aux épidémies.

Il convient de noter que le Secrétaire général a annoncé hier, mercredi, son intention de mettre sur pied un groupe de travail au sein du système de l’Organisation des Nations Unies, afin d’analyser les conclusions et recommandations faites par le Groupe d’experts indépendant, pour en assurer un suivi rapide et approprié.

Je vous invite tous à prendre connaissance du rapport du Groupe d’experts indépendant, qui est public et disponible sur le site des Nations Unies www.un.org/news. Pour l’instant, malheureusement, le texte n’est disponible qu’en version anglaise. Ceux d’entre vous qui n’ont pas accès à internet, peuvent toujours nous contacter, pour en obtenir une copie.

La conclusion des experts indépendants est que l’éruption de l’épidémie de choléra en Haïti a été causée par une conjonction de multiples circonstances épidémiologiques, environnementales et sanitaires, qui ne sont la faute d’aucun groupe ou individu. Leurs recommandations adressées aux Nations Unies, au Gouvernement d’Haïti et à la communauté internationale visent à aider à prévenir de nouvelles éruptions et propagations de choléra.

SITUATION POLITIQUE

La MINUSTAH demeure préoccupée par la crise postélectorale lié à la contestation des résultats finaux des élections législative. La MINUSTAH réitère sa solidarité avec le peuple haïtien dans la revendication de son droit à choisir ses dirigeants politiques par des élections libres et justes, et ce, à tous les niveaux. La MINUSTAH a pris note du rapport de la Mission d’observation électorale conjointe de l’OEA-CARICOM. À cet égard, la MINUSTAH engage le CEP à appliquer la recommandation de retourner aux résultats préliminaires pour tous les cas contestés. Je vais maintenant passer la parole à mes collègues militaire et de la police pour un point sur la situation sécuritaire et leurs activités.

INTERVENTION DE LA PORTE PAROLE ADJOINTE DE LA FORCE DE LA MINUSTAH, LIEUTENANT COMMANDANT CLAIRE BERTHIAUME :

Bonjour, depuis notre dernier exposé, je suis heureuse de dire que la situation sécuritaire dans la majeure partie du pays est restée stable. Nous avons continué à augmenter notre présence et nos opérations dans les zones où les résultats législatifs sont contestés et nous croyons que ces actions ont permis de dissuader d’éventuels incidents de violence.

Le peuple haïtien a le droit absolu de manifester pacifiquement et de faire passer son opinion ; ce que les casques bleus appuient. Ce que nous n’accepteront pas, c’est lorsque les manifestations deviennent violentes et les manifestants ont recours à la violence telle le blocage de routes et des barrages, et des jets de pierre. À ce moment, des mesures de sécurité deviendront nécessaires.

Encore une fois, nous allons continuer à travailler en coordination avec la police nationale haïtienne et la police des Nations Unies par la mise en place de points de contrôle, de patrouilles à pied et en véhicules dans des zones clés pour montrer notre détermination à dissuader des actes de violence.

Les soldats de la paix travaillent également d’arrache-pied avec le gouvernement haïtien et la communauté internationale pour aider le pays à faire face à la saison des ouragans.

Au mois d’avril, les ingénieurs militaires de la MINUSTAH ont exécuté huit projets pour aider à atténuer les effets des récentes pluies diluviennes et de réduire le risque d’effets des ouragans à venir. Des travaux de drainage ont été réalisés dans les camps de personnes déplacées, des réparations de route, le renforcement des ponts et la mise en place de canaux d’irrigation.

On peut citer comme exemple Leogane où la compagnie de génie coréenne a nettoyé approximativement une superficie de 14 kilomètres de la rivière Rouyonne qui est habituellement la cause des inondations de cette ville dans le passé.

De plus le mois dernier, les militaires ont mené un exercice inter-agence de réponse aux catastrophes naturelles dans les villes de Port-au-Prince, Léogane, et des Gonaïves. Ces trois villes pourraient être touchées lors de la prochaine saison des ouragans de 2011.

C’était un exercice qui a réuni des participants au niveau national et régional. Cet exercice nous a donné l’opportunité de travailler ensemble, d’apprendre de nos responsabilités en cas de catastrophe naturelle et la façon de mieux coordonner et de communiquer les uns avec les autres dans le cas d’un désastre réel. Il a été un succès et nous prévoyons deux autres dans les mois à venir.

Je vous remercie. Je vais maintenant permettre à notre ami George de la police des Nations Unies de vous informer sur leurs actions menées la semaine dernière.

INTERVENTION DU PORTE PAROLE DE LA POLICE DES NATIONS UNIES (UNPOL), JORGE MORENO INOCENCIO :

La Police des Nations Unies continue d’appuyer la PNH dans le contexte des événements qui apparaissent après l’annonce des résultats définitifs des élections présidentielles et législatives par le Conseil électoral provisoire (CEP)

Pendant la semaine écoulée, nous avons poursuivi notre effort logistique et notre déploiement opérationnel de patrouilles sur le territoire national afin d’assurer que nous puissions fournir le meilleur appui à la PNH, pour prévenir la violence et rendre possible les manifestations d’expression d’idées et d’opinions de manière pacifique comme il sied, dans tout pays démocratique.

Depuis le 20 avril, nous avons enregistré un total de 26 personnes tuées dans des actes criminels dont 4 sont en relation avec des questions électorales. La tendance, en termes de morts suite a des actes criminels cette semaine est légèrement à la baisse par rapport à la semaine dernière, comme le montre le graphique sur l’écran.

Le nombre de manifestations violentes est en diminution significative et celui des manifestations pacifique en augmentation. Les mesures de soutien à la PNH et le travail conjoint de la police haïtienne et des forces militaires de police des nations Unies pour le contrôle des manifestations permet que l’expression populaire se fasse, dans la majorité des cas, de manière pacifique.

De la même façon, les incidents liés à des questions électorales montrent la même tendance, soit une diminution des foyers de violence et une augmentation des événements pacifiques.

Je vais maintenant détailler certains efforts que la police des Nations Unies a entrepris au cours de la période comprise entre le 21 avril et 3 mai en réponse à ces événements:

Nous avons réalisé une moyenne de 740 patrouilles conjointes par jour avec la PNH à travers Haïti. Comme on peut en voir dans le graphique correspondant au nombre de patrouilles communes dans les régions a PAP et IDP Camps, le nombre de patrouilles au cours de ces jours, comme je l’ai dit la semaine dernière, a été augmentée pour faire face de manière proactive à la prévention d’événements violents.

Le résultat de ces patrouilles et d’autres opérations conjointes avec la PNH est un total de 271 personnes mises en détention sur l’ensemble de la période, en raison d’activités contraires à la loi ou à l’ordre publique, non seulement pendant des manifestations politiques, mais dans d’autres cas.

La Police des Nations Unies lance un nouvelle appel au peuple haïtien afin qu’il exerce son droit de manifester pacifiquement et sans arme.

Dans le cadre du maintien de l’ordre et de la sécurité publique, la Police des Nations Unies souhaite réitérer son engagement à fournir un accompagnement soutenu à la PNH dans la formation et la professionnalisation de ses officiers, au profit de la population haïtienne.

QUESTIONS – REPONSES

Vision 2000 – Pouvez vous nous expliquer clairement quelles sont les conclusions du rapport sur ces circonstances et ce qu’il dit sur l’origine du choléra ?

Je répète ce que j’ai dit : la seule phrase dans laquelle les experts utilisent le mot « conclusion », c’est la phrase que je vous ai lue. « Le Panel d’experts indépendant conclut que l’épidémie de choléra en Haïti a été causée par une convergence de circonstances, qui sont expliquées dans le rapport. C’est donc cette convergence de plusieurs circonstances qui a mené à l’explosion de l’épidémie.

Vous me demandez ce que « dit » exactement le rapport sur l’origine ? Dans le rapport – qui est public et qui est sur le site de l’ONU – les experts indiquent que l’origine, d’après leur recherche, est une souche similaire, pas identique, à celle de la bactérie du choléra qui circule en Asie du Sud, qui s’est propagée dans la rivière de l’Artibonite. Les experts évoquent toute une série de possibilités.

Je vous invite à lire ce rapport, qui explique très bien la manière dont une épidémie se propage dans un contexte donné. Il explique très clairement qu’une épidémie est le résultat d’une conjonction de circonstances, d’éléments qui sont rassemblés à un moment donné, et qui donnent, en quelque sorte, ce que certains, en langage météorologique, appellent un « orage parfait », c’est-à-dire une combinaison de x éléments qui rassemblés à un certain moment, cause l’éruption d’une épidémie. Parmi les circonstances possibles qui ont été rassemblées, d’après les experts il y a une source, une rivière, vecteur de transmission d’épidémies très favorable de par sa composition, l’Artibonite, de mauvaises conditions sanitaires, des déficiences du système sanitaire d’ Haïti, un manque d’immunité de la population, un manque de connaissance d’une maladie, et d’autres. Tout cela, ensemble, a contribué à l’éruption et à la propagation de l’épidémie.

Ce qui est important, aujourd’hui c’est la réponse à l’épidémie. La priorité de l’ONU en Haïti et de la MINUSTAH est et restera la réponse, l’appui des efforts du ministère de la santé pour lutter contre la maladie parce qu’elle est toujours là. Nous nous approchons de la saison des pluies. Il reste de nombreux défis et la MINUSTAH s’engage à continuer d’apporter tout son appui, logistique, et autre, non seulement pour combattre la maladie, limiter le nombre de victimes, permettre aux humanitaires de bien faire son travail, mais aussi, dans la mesure de ses moyens – avec les autres agences et de la famille des Nations Unies– pour aider le Gouvernement à renforcer son mécanisme de surveillance et de protection aux maladies et épidémies. Je sais qu’il y a un proverbe dans ce pays qui dit que « le microbe ne tue pas l’ Haïtien », mais les microbes peuvent tuer. Partout dans le monde. Personne n’est à l’abri et il faut se protéger.

Le panel d’experts, au-delà des conclusions qu’il tire sur les origines, apporte des recommandations pour tous, l’ONU, le Gouvernement haïtien, la communauté internationale. C’est une expérience de laquelle nous devons tous apprendre. L’ONU et la MINUSTAH n’ont pas attendu que ce rapport soit terminé pour apprendre et prendre des mesures :

Le 29 octobre 2010, il y a une communication qui a été officiellement envoyée par le Département du maintien de la paix à tous les pays contributeurs de troupes de la MINUSTAH et qui leur a recommandé de se faire vacciner contre le choléra. L’ONU est maintenant en train d’examiner avec tous les pays contributeurs de troupes et d’autres organisations intergouvernementales, en consultation avec d’autres organisations, les implications pour faire de cette mesure une condition obligatoire pour le déploiement de tout son personnel sur le terrain.

A la mi-novembre, une équipe d’experts en eau, assainissement et hygiène a été déployée de New York pour examiner nos installations et faire des recommandations. Et nous avons pris des mesures pour renforcer la sécurité sanitaire dans toutes nos installations, les systèmes d’assainissement et d’hygiène, et ce, dans nos bases militaires et aussi dans nos installations civiles. Et nous continuons à assurer une surveillance très rapprochée de la gestion de nos déchets et de nos installations sanitaires.

Il existe également des directives concernant la protection des soldats et de l’environnement où ils sont installés, dans les missions de maintien de la paix, qui sont constamment mises à jour, qui vont encore être revues à la lumière des recommandations des experts.

Et puis maintenant, il y a ce groupe de travail que le Secrétaire général a décidé de créer, et qui va se pencher sur les conclusions et les recommandations du Groupe d’experts et sur la manière de voir comment assurer que le suivi soit fait le plus rapidement possible, de la manière la plus appropriée.

Radio Vision 2000 : Vous avez mentionné que les conditions sanitaires, hygiéniques en Haïti ne sont pas bonnes sans mentionner que les experts notent dans ce même rapport que les conditions sanitaires au camp de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti à Mirebalais n’étaient pas suffisantes pour éviter une contamination totale de la rivière Meye affluant du fleuve Artibonite. Il semble que la MINUSTAH n’entend assumer aucune responsabilité jusqu’à date. On ne dit pas que l’origine du choléra vient d’Haïti ou de l’extérieur. On dit que c’est similaire à l’Asie du sud mais on ne peut pas dire que ça vient de tel ou de tel endroit ?

Est-ce que la MINUSTAH fera venir d’autres experts pouvant continuer l’enquête afin d’arriver à l’ origine de l’épidémie ou bien est ce qu’on peut considérer que c’est fini, alors qu’on sait que plus de 4000 personnes sont tuées ?

Je comprends votre question. Mais je veux rectifier. C’est vrai que je n’ai pas mentionné cette observation, qui est dans le rapport. Nous acceptons avec humilité les recommandations de ce rapport. Vous parlez de responsabilité : bien entendu, pour toutes les observations qui sont faites dans le rapport, il y a des leçons à tirer. Maintenant je vous rappelle que la conclusion majeure du rapport c’est que « la cause de l’épidémie de choléra en Haïti est une conjonction de différents facteurs. Et qu’on ne peut pas imputer la faute de cette épidémie à un individu ou à un groupe d’individus ». C’est la conclusion de cette étude scientifique.

Il n’y a aucune évidence scientifique irréfutable qui puisse établir le lien entre l’éruption de l’épidémie et les soldats de la base des casques bleus de Mirebalais. A ce sujet, les experts évoquent deux enquêtes précédentes qui ont été faites et qui ont porté sur l’origine de l’épidémie. L’enquête de Sack qui avait conclu que l’épidémie avait été causée par un événement local. Et le rapport de M. Piarroux, épidémiologiste Français qui avait conclu que l’éruption de l’épidémie aurait été causée par un soldat infecté de la MINUSTAH qui aurait importé la maladie en Haïti. Le groupe d’experts indique qu’aucun de ces deux rapports ne présente suffisamment de preuves permettant de parvenir aux conclusions qu’ils apportent, de manière raisonnable et irréfutable.

Je voudrais dire une chose aux Haïtiens. Car c’est important. Pour tout le personnel des Nations Unies, du Secrétaire général à la personne qui s’occupe du son dans cette salle, en passant par nous tous ici, y compris le Représentant spécial, M. Mulet, l’évocation de la simple « possibilité » que l’on ait pu contribuer, d’une manière ou d’une autre, involontairement, à la chaîne de propagation de l’épidémie en Haïti, est, évidemment, depuis le début de l’épidémie, une source de profonde tristesse et ce serait une terrible ironie du sort. Je voudrais que vous imaginiez ce que cela peut représenter pour des gens qui viennent aider d’autres gens dans un pays.

Le problème avec la plupart des épidémies, et notamment le choléra, c’est que vous, comme moi, comme n’importe qui dans cette salle, peut être porteur de la bactérie, asymptomatique, et traverser 25 pays sans que celle ci ne provoque une épidémie, nulle part, et ce parce que, tous les éléments de convergence nécessaires ne seront pas là pour que l’explosion se produise.

Scoop Fm: Concernant les élections, vous avez dit que la MINUSTAH exhorte le Conseil électoral provisoire à appliquer le rapport de la Mission de l’OEA/CARICOM. Hier le cabinet d’avocats des 19 candidats qui sont en difficulté demande aux instances judiciaires concernées de publier les noms de ces 19 candidats dans le journal officiel le Moniteur. Quelle est votre réaction sur cette question puisque vous avez dit que la MINUSTAH exhorte le CEP à appliquer le rapport de la commission OEA/CARICOM ?

Je vais rappeler ce que j’ai dit : la MINUSTAH n’a pas exhorté le CEP, elle l’a engagé à appliquer la recommandation de l’OEA qui vise à retourner aux résultats préliminaires pour les cas contestés. Sur cette demande d’avocats, je n’ai pas de commentaire. Je m’en tiens à l’appel lancé au CEP.

Scoop Fm : Alors quand vous dites « engager » le CEP, cela veut dire quoi, s’il vous plait?

Engager le CEP à appliquer les recommandations de l’OEA veut dire qu’on voudrait le voir appliquer les recommandations de l’OEA.

MINUSTAH FM : Ne pensez vous pas qu’il va y avoir un déficit de légitimité par rapport à cette solution obtenue aux résultats préliminaires puisqu’il y a plusieurs propositions notamment, une commission sénatoriale qui doit proposer elle aussi des pistes de solution. Les nouveaux élus ne vont-ils pas bénéficié d’un déficit de légitimité ?

La recommandation de l’OEA est pour le moment en tout état de fait la solution qui nous semble aller en faveur de la légitimité.

Radio Solidarité/Agence Haïtienne de presse: Les Nations Unies ont reconnu que l’épidémie de choléra est arrivée dans le pays à partir de plusieurs éléments, on sait que les conditions sanitaires du pays ont toujours été ce qu’elles sont aujourd’hui. Plus d’un pense que s’il n’y avait pas eu l’apport de la MINUSTAH, il n’y aurait pas le choléra et que l’élément déclencheur, c’est les soldats Népalais qui sont dans le plateau central. Maintenant comment peut on espérer que les Nations Unies assument leurs responsabilités alors qu’elles cherchent à démontrer qu’il y a eu plusieurs éléments… puisque ces éléments ont toujours existé ?

Je vais redire ce que les experts ont dit c’est que la cause de l’épidémie de choléra en Haïti est la conjonction de plusieurs facteurs. Ce que je peux dire c’est que selon les experts, la preuve irréfutable accusant les casques bleus d’avoir apporté le choléra en Haïti s ne peut pas être établie et que si la possibilité existe c’est l’histoire du monde et des épidémies, les porteurs de bactérie sont des victimes comme les malades. Comme le rapport le dit ce n’est ni la faute ni le résultat d’une action délibérée d’un groupe ou d’une personne.

Alors là, s’il vous plait, comment fait-on ? On va partir à la poursuite de la personne qui a amené le sida ? Si vous avez un jour la grippe aviaire, vous allez parcourir le monde entier à la poursuite de la personne qui vous a donné la grippe aviaire ? Il y a un tas de pays ou chaque année, les épidémies font des milliers de morts. Au Congo, par exemple en 1994, en deux semaines, il y a eu 30,000 morts du choléra. Ce que l’on réfute, c’est ce doigt pointé vers un casque bleu qui serait responsable d’une épidémie de choléra et de 5,000 morts en Haïti. Cela n’a pas de sens, c’est réducteur et ce n’est pas juste.

Radio Boukman : Vous avez parlé de la saison pluvieuse, je veux savoir quels impacts la saison pluvieuse peut-elle avoir sur l’épidémie de Choléra en Haïti?

Nous avons ici un expert de l’OMS qui va pouvoir vous expliquer les risques que présente la saison pluie

Bonjour à tous, Je suis responsable du plan de préparation de l’urgence et de désastres en Haïti pour l’OMS/PAHO. A propos de la relation entre la saison pluvieuse et la possibilité d’augmentation des cas de choléra, les situations provoquées par les inondations peuvent rendre la population plus vulnérable et causer une augmentation des cas de choléra en Haïti. Comme vous le savez, en ce moment, c’est la saison où l’on enregistre le plus de cas de diarrhée normale en Haïti- je ne parle pas du cholera- c’est-à-dire on a tendance à enregistrer plus de cas de diarrhée dans les CTCs du pays, ce qui est normal à l’occasion de la saison pluvieuse. En ce moment il y a quelques points sensibles dans les zones montagneuses des départements du Sud et des Nippes qui sont en relation avec les pluies diluviennes déjà enregistrées dans ces zones. Seulement, on ne peut plus maintenant parler de flambée comme c’était le cas quand on a fait face à l’épidémie de choléra. Tous ces cas sont contrôlés par le MSPP avec l’appui de l’OMS/OPS et tous les partenaires qui sont déployés dans tout le pays.

MINUSTAH FM : Le rapport note que les CTCs, dès l’origine de l’épidémie, présentaient des conditions inadéquates, ce qui n’a pas évité la propagation de la maladie, est-ce que vous avez pris note et avez adopté des mesures pour redresser tout cela ?

Après l’enregistrement des premiers cas de choléra dans le pays, la stratégie de l’OMS/OPS a été de donner une réponse rapide et immédiate de concert avec le MSPP. Dès le début de l’épidémie de choléra, nous avons fourni un appui au ministère de la santé publique dans la prise en charge des cas de choléra, et aussi dans des projets de traitement de l’eau et d’assainissement dans tout le pays. En outre, nous avons aussi organisé des campagnes de formation et de sensibilisation de la population dans tous les départements.

Radio Boukman : En cas de résurgence de l’épidémie, que conseillez-vous à la population en vue de se protéger de l’épidémie ?

Il y a beaucoup de campagnes d’information, de publicité sur les radios, à la télévision et aussi dans la presse écrite. On a également organisé des séances de formation, dans toutes les directions sanitaires départementales du pays, d’agents communautaires chargés de travailler dans les sections communales en vue de divulguer toutes les informations relatives à la prévention du choléra. Deux choses importantes sont à retenir en ce qui a trait à la prévention de l’épidémie de choléra : le traitement de l’eau y compris des travaux d’assainissement et l’éducation de la population. En plus de la prise en charge des personnes contaminées, nous avons aussi contribué à des projets de traitement de l’eau, des projets d’assainissement et des programmes d’éducation des couches sociales des zones les plus reculées du pays.

Contacts media:

Sylvie van den Wildenberg, porte-parole, MINUSTAH

Cell : (509) 3702 9042 ; tél: 2240 2050, ext.2691

E-mail : vandenwildenberg@un.org

Jorge Moreno Inocencio, Porte-parole UNPOL: (509) 37026655

E mail : Inocencioj @un.org

Comdt Barbara Mertz, Porte-Parole militaire (509) 37027024

E mail mertz@un.org

ou consultez le Site Internet de la Mission au

http://www.minustah.org