Haiti

Participation d'Haïti à une table ronde du Conseil économique et social sur les activités opérationnelles de l'ONU

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Le ministre de l'intérieur, Paul-Gustave Magloire, se félicite des progrès réalisés en Haïti dans la gestion des risques et désastres

Le nouveau ministre haïtien de l'intérieur et des collectivités territoriales, Paul-Gustave Magloire, a déclaré mercredi à New York qu'une prise de conscience collective a marqué ces derniers temps la gestion de l'environnement en Haïti. Mr Magloire qui intervenait à la tribune de l'ONU dans le cadre de la session de fond 2005 du Conseil économique et social (ECOSOC) consacrée aux activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement, a estimé que beaucoup d'efforts ont été réalisés en vue de mieux préparer la population aux catastrophes naturelles pouvant survenir à tout moment.

A ce propos, le ministre de l'intérieur a affirmé que les dégâts causés par le passage de l'ouragan Dennis au large d'Haïti, la semaine dernière, sont beaucoup moins importants que ceux qui avaient été provoqués par d'autres catastrophes du même type en 2004. Cependant, progressivement les chiffres avancés par la protection civile haïtienne montrent que le coût humain et matériel du passage de Dennis risque d'être au final très élevé. "Les Gonaïves nous ont révélé que la force d'un mécanisme unique de développement est importante. Et l'absence de ce mécanisme unique a rendu difficile la tâche du gouvernement provisoire" a indiqué Paul-Gustave Magloire en rappelant que pour faire face aux situations d'urgence, les fonds sont généralement débloqués suite à des consultations entre les autorités et les bailleurs de fonds.

Plus loin, le ministre haïtien est revenu sur les inondations meurtrières qui avaient frappé Haïti en mai et septembre 2004. 1.600 morts, 1.500 disparus et 6.000 sinistrés avaient été enregistrés dans les communes de Fonds Verrettes et de Mapou (sud-est) lors de pluies diluviennes qui s'étaient abattues sur la région dans la nuit du 23 au 24 mai ; 4 mois plus tard, c'était au tour des Gonaïves (nord) de crouler sous les eaux de la tempête tropicale Jeanne avec un bilan désastreux de plusieurs dizaines de milliers de morts, de disparus et de sinistrés et une ville quasiment détruite. Selon Paul-Gustave Magloire, ces deux épreuves avaient donné lieu à "une mobilisation de ressources sans précédent pour les initiatives de gestion des risques et désastres". Grâce aux ressources dégagées, des routes ont été construites dit-il en vue d'améliorer les communications entre les grands centres urbains et les zones rurales.

Le dirigeant haïtien a mis en évidence le caractère individuel et sectoriel des projets d'urgence mis en oeuvre, ce qui serait à la base d'une grande synergie de la part des bénéficiaires. Il a également insisté sur l'importance de la reforestation dans un pays dont la couverture végétale est de plus en plus insignifiante et la protection systématique des zones à risques."Ce ne sont pas les menaces en soi qui déterminent l'impact des phénomènes mais l'activité humaine avec son environnement physique qui est responsable" a conclu le ministre de l'intérieur et des collectivités territoriales du gouvernement Alexandre/Latortue devant le Conseil économique et social, dans le cadre de ce débat où plusieurs pays se sont inquiétés du rôle de plus en plus dominant des institutions financières dans la coopération internationale pour le développement, au détriment des Nations Unies.

Le mois dernier, le Premier ministre Gérard Latortue avait participé, à l'invitation de l'ECOSOC, à un débat sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), au siège des Nations Unies à New York.