Haiti

l'ONU rappelle que le rôle de la MINUSTAH est d'assurer la stabilité

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13 avril 2011 – La Mission des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) a pour rôle de créer les conditions de stabilité et de sécurité permettant d'assurer le développement du pays et elle n'est pas une agence de développement, a rappelé cette semaine le Représentant spécial de l'ONU en Haïti, Edmond Mulet.

Dans un entretien accordé à la station de radio haïtienne Métropole, Edmond Mulet, revient sur la situation dans le pays et passe en revue les réalisations passés et les défis à venir pour le pays et ses partenaires internationaux, de la fin du processus électoral, au rôle de la MINSUTAH, en passant par le bilan du Président sortant René Préval.

Interrogé sur la réunion spéciale consacrée à Haïti au Conseil de sécurité de l'ONU début avril, et notamment sur les déclarations du Président Préval, qui a réclamé « plus d'ingénieurs, plus d'équipements et moins de chars » à la communauté internationale, il a rappelé que la MINUSTAH n'était pas « une agence de développement, mais une mission de maintien de la paix ».

« La MINUSTAH est sur le terrain pour créer les conditions de stabilité, de sécurité et de paix, afin que d'autres acteurs spécialisés dans le développement puissent faire leur travail », a-t-il indiqué, citant autant des agences onusiennes telles que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ou encore le Programme alimentaire mondial (PAM), que des organisations régionales ou intergouvernementales, comme USAID, l'Union Européenne ou la Banque interaméricaine de développement.

Sans contester le sentiment exprimé par René Préval, et notamment le besoin réel de voir le développement et la reconstruction s'accélérer en Haïti, Edmond Mullet a en revanche rejeté l'idée selon laquelle la MINUSTAH devrait s'investir plus dans le développement.

« Chacun fait son boulot, chacun a sa responsabilité », a-t-il déclaré au micro de Radio Métropole, soulignant que développement et créations d'emplois nécessitaient des opportunités économiques qui dépendaient des investissements nationaux ou internationaux, eux-mêmes liés directement à la stabilité du pays, à la sécurité et à la construction d'un état de droit.

« Nous n'allons pas abandonner nos responsabilités sécuritaires et de stabilisation pour prendre en charge des responsabilités liées au développement », a-t-il encore insisté, avant d'écarter aussi l'idée selon laquelle un plan de désengagement de l'ONU en Haïti serait à l'étude.

« Durant le mois de juin, après l'installation du nouveau gouvernement, il y aura une mission qui viendra de New York pour évaluer la situation sécuritaire, la stabilité dans le pays, et discuter avec les nouvelles autorités des aménagements à faire, notamment le retour au niveau de présence d'avant le tremblement de terre », a-t-il indiqué.

Questionné ensuite par les journalistes sur le bilan du Président René Préval, qui cèdera bientôt le pouvoir au nouveau Président élu, Michel Joseph Martelly, Edmond Mulet a rappelé que « pour la première fois en Haïti, sous les deux présidences de M. René Préval, il n'y avait pas eu de violences d'Etat, pas d'ordres d'exil, ni d'assassinats ».

« Cette violence d'Etat a été coupée nette par le Président Préval, et c'était une première pour Haïti. La liberté d'expression, la liberté de presse ont aussi été aussi absolues et complètes dans le pays », a-t-il encore ajouté, avant de saluer aussi l'ouverture de René Préval, qui « a fait appel à beaucoup de leaders d'autres partis dans des gouvernements d'unité nationale » et joué le jeu d'élections démocratiques, avec deux candidats issus de l'opposition au deuxième tour pour la première fois dans l'histoire d'Haïti ».

Evoquant l'avenir et les attentes internationales à l'égard du nouveau Président Martelly, le Représentant spécial de l'ONU a insisté sur l'importance de voir « des nominations de ministres, de fonctionnaires, de personnes qui soient vraiment honnêtes, reconnues pour leur intégrité et leurs capacités ».

En jeu pour Edmond Mulet, la nécessité impérative « de renforcer ces capacités de l'Etat qui étaient déjà, avant le tremblement de terre, assez fragiles, et qui le sont encore plus depuis ». Pour y arriver, la communauté internationale doit pouvoir s'appuyer sur un leader ayant « une vision sur la manière de faire avancer le pays vers le développement ».

« Le Président élu, M. Martelly, a identifié, comme un des piliers les plus importants de son agenda et de son programme de gouvernement, l'état de droit et, quand on parle d'état de droit, ce n'est pas seulement la police ou les prisons ou la justice », a-t-il poursuivi, expliquant notamment que l'état de droit incluait « aussi la situation du cadastre, des registres de propriétés, des registres d'état civil ».

Selon lui, ce sont aussi « les conditions nécessaires pour attirer l'investissement national et international » et ce sera « la responsabilité la plus importante du nouveau gouvernement », pour que puisse enfin être exploité le potentiel d'Haïti. « Il est là, la qualité de la main-d'œuvre haïtienne, les professionnels haïtiens, il y a du potentiel pour le tourisme, pour l'agriculture, pour les exportations ; autant de choses qui pourraient vraiment faire décoller le pays et lui permettre de sortir de ce cercle vicieux de l'assistance et de la dépendance », a-t-il indiqué.

« Je suis confiant, parce que j'ai vu l'attitude du peuple haïtien après le tremblement de terre. Enfin, cette résilience, ces efforts pour faire face à tous ces défis, à tous ces problèmes. J'ai vu cette volonté de changement exprimée par la population haïtienne. L'espoir est là, la volonté aussi. Je crois que toutes les conditions sont là pour avancer vers un meilleur futur pour le pays », a-t-il conclu.