Les équipes d’urgence d’ACTED en Haïti mobilisées en prévision du passage imminent de l'ouragan Matthew

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from ACTED
Published on 03 Oct 2016 View Original

Le très puissant ouragan Matthew, classé catégorie 4, à la limite de la catégorie 5, la plus haute sur l’échelle de Saffir-Simpson, est actuellement en mouvement dans les Caraïbes et devrait atteindre Haïti dans la journée. La côte sud du pays est actuellement en alerte ouragan : des vents de 200 km/h, des fortes précipitations et d’importants dégâts sont attendus. ACTED Haïti a déployé une équipe d'urgence de 35 personnes en prévision de la catastrophe, alors que populations et infrastructures ne sont pas préparées à faire face à des vents d’une telle puissance.

La tempête tropicale, nommée Matthew, s’est formée le 28 septembre au sud-est de Sainte-Lucie, dans les Antilles, avec des vents à 97 Km/h. Elle est passée au stade d’ouragan le 29 septembre. Haïti est en phase d’alerte 1, au niveau de vigilance rouge depuis la nuit du 1er octobre. Les écoles, aéroports et autres infrastructures sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Selon les équipes d’ACTED sur place, l’ouragan Matthew serait le plus violent, depuis le passage de l’ouragan Hazel en 1954.

La pointe sud de l’île devrait être frappée par l’œil de l'ouragan dans les heures qui viennent. L’inquiétude est forte : les dégâts matériels seront inévitables et, au vu de la puissance de l’ouragan, des victimes humaines sont à craindre. ACTED est mobilisée dans le Grand Sud pour lancer des opérations d’urgence en fonction des besoins.

Les équipes d’ACTED pré-positionnées dans les régions du Sud et de la Grand’Anse

Une équipe de 35 personnes, soit 8 équipes mobiles d’urgence et d’évaluation ont été pré-positionnées dans des abris sécurisés sur sept sites répartis sur les zones côtières du Sud et de la Grand’Anse pour assurer une évaluation des dégâts et des besoins après le passage de Matthew. Ces équipes sur place pourront ainsi facilement accéder aux zones les plus touchées, qui pourraient se retrouver, pour certaines, coupées du reste du pays du fait de glissements de terrain, d’éboulements, de crues et d’inondations.

La collecte des données se fera avec le formulaire multisectoriel d’évaluation rapide réalisé par l’équipe d’EMER (Equipe Multisectorielle d’Evaluation Rapide) coordonnée par la Direction de la Protection Civile d’Haïti, OCHA et le PNUD. Les données seront saisies directement sur des tablettes et smartphones pour un traitement, analyse et diffusion en temps quasi-réel aux organes décisionnels afin d’orienter au mieux les actions d’aide humanitaire préparées.

Des stocks d’aide ont été acheminés sur place pour offrir un soutien initial à 5000 personnes. Mais cela reste insuffisant face à l’échelle des dégâts qui sont à craindre et aux prévisions des personnes affectées : 1,2 million sont en situation de haute vulnérabilité, 5 millions en situation de vulnérabilité « considérée comme moyenne. »

ACTED est en lien avec les acteurs sur place pour déployer, si besoin, des moyens plus importants et les acheminer, notamment par les airs, depuis Port-au-Prince.

En lien avec la protection civile haïtienne, les équipes d’ACTED sur le terrain ont mené, ces derniers jours, des actions de sensibilisation des populations à la prévention du choléra, tout en assurant le suivi de quelques cas résiduels de l'épidémie. Les zones de vulnérabilité au choléra des deux départements font partie des zones les plus exposées à l’ouragan : les fortes pluies et les inondations à venir risquent de provoquer de nouvelles flambées, qui vient s’ajouter aux risques auxquels la population fait face avec le passage de l’ouragan.

ACTED en Haïti

ACTED est présente en Haïti depuis 2004 auprès des populations les plus vulnérables, d'abord dans le centre du pays et, depuis l'intervention d'urgence à la suite du séisme de 2010, à travers l'île et notamment dans le Grand Sud, où ACTED gère des projets d’assainissement, de prévention du choléra et d’appui aux infrastructures de santé. ACTED est mobilisée, avec une équipe de 115 personnes, sur la prévention du choléra, l'adaptation aux changements climatiques, ainsi que l'appui aux services de base et aux moyens de subsistance.