Haiti

Les casques bleus japonais poursuivent le déblayage des sites

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Depuis la mi-avril, la compagnie de génie japonaise de la MINUSTAH est à pied d’œuvre sur le site de l’ancien bâtiment de la douane à l’aéroport de Port-au-Prince. Ces soldats de la paix dont la mission est d’ « aider à la reconstruction des zones dévastées par le violent séisme du 12 janvier 2010 » y entreprennent des travaux de démolition et d’enlèvement de débris.

«Nous sommes en plein chantier. Des casques bleus de la MINUSTAH ont procédé à la démolition de l’ancien bâtiment qui a été très endommagé lors du séisme du 12 janvier », se félicite Ludovic Labonté, directeur de la douane de l’aéroport.

En effet, depuis le 12 avril dernier, les ingénieurs japonais sont à l’œuvre sur ce site. La première phase, qui consistait à démolir le bâtiment, est terminée. Place désormais à la phase de l’enlèvement des déblais. Les travaux seront achevés d’ici à la fin du mois de mai.

Comme le fait remarquer le directeur du Bureau de la douane, l’initiative est d’une importance capitale. Depuis le séisme, en effet, les employés n’ont plus de confort, eux qui évoluent «dans un espace exigu, avec tout ce que cela comporte comme promiscuité et conditions de travail exécrables », se désole M. Labonté. Et le directeur de souligner que « ces travaux créent l’espoir qu’ils auront bientôt un nouveau bâtiment plus confortable et plus attrayant ». Mais en attendant, les employés vont être transférés dans un espace transitoire aménagé pour eux.

L’appui de la MINUSTAH dans la réalisation de ces travaux a été sollicité par le Ministère des Finances, l’organisme de tutelle de l’Administration Générale des Douanes (AGD). Après l’avis favorable de la MINUSTAH, la direction de l’AGD a transmis le dossier à M. Labonté, pour un suivi.

Pour enlever les déblais, les techniciens japonais utilisent un excavateur et quatre (4) camions à benne servant à transporter les décombres vers un dépotoir. Le Capitaine Honda Masafani, responsable des travaux, se déclare satisfait du déroulement du projet. « Nous sommes en Haïti pour aider le peuple haïtien à reconstruire son pays. Et nous sommes très contents de l’avancement des travaux, car le bâtiment était très dangereux », se félicite-t-il.

Comme le souligne le colonel Yasutatsu Adachi, commandant du contingent, les ingénieurs japonais sont hautement qualifiés et « poursuivront leur appui à la reconstruction d’Haïti tout en renouvelant leur engagement à faire de leur mieux pour y arriver».

Ce contingent de casques bleus, qui comprend quelque 330 membres, est constitué en majorité d’ingénieurs. Ils ont à leur disposition les équipements nécessaires, notamment des camions à benne, des pelles mécaniques, des rouleaux compresseurs, des chargeuses, des niveleuses, des tracteurs et des bulldozers de différentes dimensions, des camions-rue et des malaxeurs.

Présente en Haïti depuis février 2010, la compagnie de génie japonaise a également participé aux travaux de démolition des bâtiments du Commissariat de Delmas et de l’école Externat La Providence, de même qu’à l’enlèvement de débris sur l’ancien espace du musée d’art Nader, dans les bâtiments du Ministère haïtien de l’Economie et des Finances. Ils ont aussi réalisé le curage de canaux et participé au nettoyage du quartier de Fort-National, l’une des zones de la capitale les plus touchées par le séisme.

Le contingent de génie japonais a, à son actif, de nombreuses réalisations. Parmi elles, la réhabilitation de routes, dont celle de Malpasse reliant la capitale à la République Dominicaine et régulièrement empruntée pour l’acheminement de l’aide humanitaire.

La compagnie de génie japonaise a aussi apporté son soutien technique dans l’aménagement de nombreux sites d’hébergement provisoire, notamment dans la localité de Chambrun, dans la Plaine du Cul-de-sac, ainsi que celui de camp Tabarre Issa, à Port-au-Prince. Dans un camp de déplacés à Pétion-ville, ils ont aussi construit une structure de soutènement visant à empêcher les glissements de terrain. Au crédit de la compagnie de génie japonaise figure aussi la construction d’un dépôt et un dortoir pour un orphelinat à Gantier, dans le cadre d’un Projet à Impact Rapide (QIP) de la MINUSTAH.

Les casques bleus japonais s’investissent également dans des activités à caractère humanitaire. A titre d’exemple, la remise, le 21 avril, de matériel scolaire à «Centre loving hands children’s» un orphelinat sis dans la commune de la Croix-des-Bouquets, au nord-est de la capitale. L’institution scolaire qu’abrite ce centre a, en effet, reçu 60 bancs, 13 tableaux, de la craie, des crayons et des cahiers. Les casques bleus japonais ont également remis aux responsables divers produits alimentaires et des articles vestimentaires.

La remise des dons a été suivie d’activités culturelles au profit des enfants. Des activités mettant en exergue des éléments de la culture japonaise comme le «Taiko » (le tambour japonais), l’ « Origami » ou pliage de papier et le « Shuji » (la calligraphie).

Rédaction : Faustin Caille