Le nouveau service météorologique et hydrologique d'Haïti prend forme
La première pierre a été posée au nouveau siège du service météorologique et hydrologique national d'Haïti, sous l'égide d'un programme de l'OMM visant à améliorer les services météorologiques et climatologiques et à accroître la résilience aux catastrophes de la nation caribéenne.
La construction du bâtiment, qui sera à l'épreuve des tremblements de terre et des ouragans, devrait débuter début janvier 2016 et se terminer en septembre.
Le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud, le Ministre haïtien de l'agriculture, Lyonel Valbrun, et le Ministre de l'environnement, Dominique Pierre, ainsi que des hauts représentants du service météorologique et hydrologique d'Haïti ont assisté à la cérémonie qui s'est déroulée à Port-au-Prince le 13 novembre. Michel Taché, chef adjoint de la coopération à l'ambassade du Canada, était également présent.
La délégation a également rencontré le Président haïtien, M. Michel Martelly.
Ce projet de construction a été entrepris sous les auspices du programme «Systèmes météorologiques en Haïti: des services climatologiques pour réduire la vulnérabilité du pays», qui vise à remettre en état et moderniser l'infrastructure de prévision météorologique, climatologique et hydrologique qui a été détruite par le séisme de 2010.
«La sécheresse affectant Haïti depuis le début de l'année est liée à un épisode El Niño particulièrement fort, un des trois plus intenses depuis un siècle», a déclaré M. Jarraud. «Grâce à un service météorologique et hydrologique moderne et performant, Haïti sera à même de mieux prévoir et de mieux appréhender de tels épisodes à l'avenir et, partant, de réduire la vulnérabilité du pays», a-t-il ajouté.
Cadre mondial pour les services climatologiques
«Le développement du service météorologique en Haïti, a poursuivi M. Jarraud, bénéficiera du soutien du Cadre mondial pour les services climatologiques». Cette initiative, engagée à l'initiative de l'OMM, vise à renforcer la fourniture et l'utilisation de l'information sur le climat, à favoriser la sécurité alimentaire, à améliorer la gestion des ressources en eau, ainsi que celle des risques de catastrophe et de la santé.
«Nous avons besoin de meilleurs services météorologiques, spécialement pour l'agriculture qui est primordiale pour notre économie», a déclaré le Ministre de l'agriculture, M.Valbrun. «La construction du bâtiment est importante, mais la fourniture d'équipements et la formation du personnel sont également des éléments cruciaux,» a-t-il ajouté.
Déjà affaiblie par 3 ouragans en 2008, l'infrastructure météorologique d’Haïti a été largement détruite par le séisme de 2010. Depuis lors, un soutien est apporté par une coalition de Membres de l’OMM, dont le Canada, Cuba, les États-Unis d’Amérique, la France, la République dominicaine et le Royaume-Uni, et l’Organisation météorologique des Caraïbes.
Grâce à ce soutien, Haïti dispose désormais d'un site Web régulièrement actualisé pour diffuser des informations météorologiques à l'intention de la population locale et de la communauté internationale. De nouveaux prévisionnistes ont été formés et une action coordonnée a été lancée pour améliorer les délais d'anticipation et accroître la fiabilité des prévisions et des alertes météorologiques.
Par le passé, les services météorologiques et hydrologiques haïtiens étaient deux services distincts. Il est maintenant envisagé de les réunir dans le cadre de réformes structurelles. Si tout se passe comme prévu, le nouveau service unifié s’installera dans le nouveau bâtiment fin 2016.
Selon M. Jarraud, il s'agit maintenant de dresser un plan de travail et un budget pour le service et de renforcer le recrutement de personnel. «L'OMM s'efforcera de vous soutenir tout au long du processus d'établissement d'un service hydrométéorologique à même de relever les défis météorologiques et climatologiques,» a-t-il assuré.
Haïti est particulièrement exposé aux aléas naturels. Le pays connaît deux saisons des pluies, une d’avril à juin et l’autre d’octobre à novembre, ainsi qu’une saison des ouragans, de début juin à fin novembre. Cette année, il est toutefois sévèrement frappé par la sécheresse, qui touche également ses voisins caribéens.
Haïti est aussi particulièrement vulnérable au changement climatique, qui devrait se traduire par une multiplication des épisodes de précipitations extrême. L’élévation du niveau de la mer sous l'effet du réchauffement climatique devrait accentuer les risques d’inondations, d’ondes de tempête, d’érosion et d’aléas côtiers, ce qui aggravera les problèmes posés par la croissance démographique et la dégradation de l’environnement.