Haiti

L'Afrique au secours de ses descendants haïtiens

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InfoSud

Abdoulaye Wade (Mark Garten/UN Photo) 22 janvier 10 - Le séisme en Haïti a déclenché une mobilisation mondiale et, élément nouveau, des pays africains se sont aussi immédiatement impliqués. Le président du Sénégal va jusqu'à proposer le retour des Haïtien dans les terres de leurs ancêtres esclaves.

Catherine Fiankan-Bokonga/Infosud - Le chef de l'Etat, Abdoulaye Wade, a décidé de verser 500.000 US$ au peuple haïtien et, il leur offre également l'hospitalité en Afrique. « L'Afrique devrait offrir aux Haïtiens le choix de revenir chez eux. C'est un principe de droit. On ne doit pas marchander », a-t-il déclaré.

Devant les réactions étonnées ou amusées - le parti socialiste sénégalais a qualifié la proposition d'absurde - le président Wade rétorque qu' « ils ont droit à la terre d'Afrique comme nous », expliquant que « ce n'est pas de gaieté de cœur qu'ils sont partis » et qu'en revenant, ils ne feront que rentrer chez eux. Le chef de l'Etat a argumenté que « ce n'est pas la première fois que cela se passe dans l'histoire. Le Liberia est peuplé de Noirs américains qui, à un moment donné, ont voulu quitter l'Amérique pour revenir sur leur terre natale ».

Le président entend « soumettre une résolution » à ce sujet, auprès de l'Union Africaine, lors du sommet qui se tiendra à Addis Abeba le 25 janvier prochain. Anticipant la question de savoir où accueillir les Haïtiens, Abdoulaye Wade estime qu'une concertation permettra de trouver « une solution ».

« Maintenant, le problème est de savoir comment et qui va supporter tous ces frais », a-t-il poursuivi, rappelant la responsabilité historique des pays européens dans la déportation d'africains réduits en esclavage aux Amériques, tout en se disant opposé au principe de la réparation, car « l'esclavage est irréparable ». Une thématique qui avait déjà secoué la conférence mondiale sur le racisme en 2001 à Durban et qui promet de revenir sur le tapis.

D'autres pays africains, eux, ont opté pour une aide financière. Le Rwanda a accordé 100.000 dollars. La Côte d'Ivoire, le Gabon et le Maroc ont offert chacun 1 million de dollars. En Afrique du Sud - où est exilé depuis 2004 l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide - le géant de la téléphonie mobile, Vodacom, a versé 1,5 million de rands (environ 2 millions de dollars). Quant à l'ile Maurice, elle accorde 500.000 dollars, comme le Libéria qui a rappelé les relations séculaires le liant depuis le XIXème siècle avec Haïti. En effet, tous deux ont été fondés par des esclaves libérés. Et c'est après l'indépendance d'Haïti, en 1804, que le Libéria a acquis la sienne en 1847.

Le Bénin, « ne pouvait rester en marge de cette solidarité », a déclaré à l'AFP la ministre de la solidarité nationale. Le pays dont est originaire Toussaint Louverture, fondateur de la République d'Haïti, a lancé un téléthon. La République Démocratique du Congo envoie 2,5 millions de dollars.

Mais ces aides généreuses suscitent des réactions d'incompréhension, de révolte et d'interrogation de la part des populations de ces pays donateurs. Comment leurs Etats peuvent-ils mobiliser des fonds pour aider les Haïtiens, noyés sous l'aide internationale, alors que pour eux il n'y a jamais d'argent disponible ?