La saline. Justice pour les victimes. L'Etat a l'obligation de protéger tous les citoyens.

Résumé

Ce rapport est produit par la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH). Ce rapport présente les informations recueillies par le Service des droits de l’Homme (SDH) de la MINUJUSTH sur les événements des 13 et 14 novembre 2018 dans le quartier de La Saline, Portau-Prince. Au cours de ces deux jours, des gangs armés se disputant le contrôle de ce quartier défavorisé ont attaqué des résidents ciblés pour leur affiliation alléguée à des gangs armés opposés, exécutant au moins 26 personnes et commettant de nombreux actes de violences, dont au moins deux viols collectifs.

Au cours de ces événements, la Police nationale Haïtienne (PNH), bien qu’alertée, n’est pas intervenue pour mettre fin aux violences et protéger les civils présents. En outre, l’absence d’intervention dans les jours qui ont suivi les violences a permis aux gangs de démembrer et de brûler le corps de nombreuses victimes pour vraisemblablement détruire les traces de leurs actes.

Le SDH a pu rencontrer de nombreuses victimes et leurs familles, des acteurs de la société civile haïtienne ainsi que des représentants d’institutions étatiques, notamment du système judiciaire, afin de documenter les événements et la réponse des autorités face à ces violences et aux crimes commis.

Ce rapport a été partagé avec le gouvernement haïtien avant sa publication et les commentaires reçus ont été insérés dans le texte. Il ne prétend pas être exhaustif et ne présente que les cas documentés et vérifiés par la MINUJUSTH. Cependant, il soulève de nombreuses préoccupations quant aux abus des droits humains à l’encontre de résidents de La Saline et à l’implication alléguée d’agents de la PNH et de représentants de l’Etat.

Le rapport présente des recommandations à l’attention des autorités haïtiennes, notamment afin de s’assurer que les personnes soupçonnées responsables de ces violences, y compris celles exerçant ou ayant exercé des positions publiques, soient traduites en justice en conformité aux normes internationales en matière de procès équitable ; et de s’assurer de la mise en œuvre effective de mesures disciplinaires appropriées au cours de la procédure judiciaire.