Haiti

La Convention relative aux droits de l’enfant fête ses 30 ans

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Le 20 novembre 1989, le monde avait fait une promesse aux enfants

Jean Panel Fanfan

Le 20 novembre 1989, le monde avait fait une promesse aux enfants : celui de les considérer comme des sujets de droit. La Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) est devenue le traité relatif aux droits de l'homme le plus largement ratifié de l’histoire et a permis de transformer la vie des enfants dans le monde entier. 2019 marque le 30ème anniversaire de la CDE.

Haïti a ratifié la CDE en 1994. L’UNICEF est un des partenaires clé du gouvernement haïtien dans plusieurs domaines qui touchent à la protection de l’enfance. Son mandat est d’aider l’Etat haïtien à réaliser les droits des enfants.

« Ce 30ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) marque des avancées considérables dans le cadre des droits des enfants. A l’UNICEF, toutes nos actions sont guidées par la CDE, car il est fondamental de respecter les engagements pris envers les enfants », a déclaré Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti. « Tout en consolidant les acquis dans divers domaines, il est important de redoubler d’efforts afin de réduire les disparités, affectant notamment les enfants les plus vulnérables », a-t-elle ajouté.

Des progrès notables réalisés et des défis à relever

En Haïti, des progrès notables ont été réalisés en lien avec les droits de l’enfant. L’UNICEF accompagne l’Etat haïtien dans la mise en place de politiques publiques ainsi que leur implémentation sur le terrain. Plusieurs domaines ont vu une amélioration des conditions de vie des enfants haïtiens. Cependant nous devons continuer les efforts afin d’assurer un accès équitable aux services sociaux pour tous les enfants haïtiens.

Santé

Le pays a fait beaucoup de progrès dans le domaine de la santé, telles l’élimination de plusieurs maladies évitables par la vaccination et une nette amélioration dans la couverture vaccinale : l’élimination de la poliomyélite certifiée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2001, celle de la rougeole en 2015 et celle du tétanos maternel et néonatal en 2016. L’utilisation de l’énergie solaire pour la conservation des vaccins, avec 351 réfrigérateurs solaires installés dotés d’un système de monitorage de température à distance à travers tout le pays est une des innovations majeures dans le système de santé haïtien, visant l’amélioration de la couverture vaccinale et la qualité de l’acte vaccinal.

Il est important de consolider ces acquis et améliorer la performance du programme de vaccination pour que chaque enfant haïtien puisse profiter des bienfaits de la vaccination.

Des progrès ont été relevés quant aux conditions d’accouchement. Avec seulement 20.6% des naissances assistées en 1995, elles sont 41.6% en 2016. L’Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-VI) 2016-2017 nous rappelle toutefois que sur 1 000 naissances vivantes, 59 enfants meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire ; 32 meurent dans leur premier mois de vie ; près d’un enfant sur 12 meurt avant d’atteindre l’âge de cinq ans (81 décès sur 1 000 naissances vivantes.

Nutrition

La nutrition a aussi connu un progrès relatif dans la dernière décennie (2006-2016). En effet, le taux d’émaciation (maigreur) est passé de 9.1% en 2006 à 3.7% en 2016. Pendant cette même période, le retard de croissance est passée de 23.8% à 21.9% et l’insuffisance pondérale est passée de 19.5% à 9,5%.

Il y a deux grandes avancées : la Politique nationale de nutrition qui met à disposition des acteurs du secteur, un ensemble de documents cadres, ainsi que le vote et la promulgation de la Loi sur la fortification alimentaire qui facilite la disponibilité des aliments fortifiés sur le marché.

Ces avancées notables doivent être soutenues même en temps de crise ou de catastrophes naturelles.

Education

Durant ces quinze dernières années, d’importants progrès ont été réalisés en termes d’accès à l’éducation de base. En effet, selon EMMUS VI, le taux de fréquentation scolaire pour les enfants de 6 à 11 ans est passé de 50% à 84% entre 2005 et 2017.

Des défis doivent encore être relevés pour garantir le droit à une éducation de qualité de tous les enfants haïtiens. En effet, trop d’enfants, environ 500 000 âgés de cinq à 18 ans, sont en dehors du système scolaire. La moitié des enfants de 4ème année enregistrent des scores extrêmement faibles dans les matières de base comme la lecture et les mathématiques.

La mise en œuvre des politiques publiques telles que celles sur la formation des enseignants et l’éducation non-formelle est à encourager pour arriver à augmenter les opportunités chez les jeunes ainsi que remonter le niveau et la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage. La bonne gouvernance du secteur, l’augmentation de l’offre publique gratuite et de qualité, l’amélioration des infrastructures scolaires, la disponibilité de matériels d’apprentissage dans les salles de classe, la révision du curriculum, l’augmentation des centres d’éducation alternative et non-formelle sont autant de chantiers qui nécessitent des efforts et des investissements soutenus de l’Etat et de ses partenaires pour faire face aux défis de développement national, dans un contexte global.

Eau, assainissement et hygiène

Selon l’EMMUS IV 2005-2006, 55,2% de la population avait accès de façon durable à une source d’eau améliorée et seulement 16,5% avait accès à un meilleur système d’assainissement. Ces chiffres ont connu une amélioration, selon l’EMMUS VI, près de trois quarts des ménages (74 %) s’approvisionnent en eau de boisson auprès d’une source améliorée et trois ménages haïtiens sur dix (31 %) utilisent une installation sanitaire améliorée, cependant, 69 % des ménages utilisent une installation sanitaire non améliorée.

L’UNICEF apporte un soutien constant aux acteurs clés du secteur en particulier à la Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA) pour la construction et la réhabilitation des points d’eau ou le traitement de l’eau à dans les ménages.

La protection de l’enfant

En vue de garantir l’effectivité du droit à la protection de l’enfant, l’IBESR, avec un appui de l’UNICEF, a élargi ses services de protection dans les 10 départements, un comité national de lutte contre la traite des personnes a été créé, trois tribunaux pour enfants sont opérationnels et une ligne verte (188) est opérationnelle au niveau national par le Brigade Protection des Mineurs de la Police Nationale. L’Etat haïtien a promulgué de 1994 à 2017, environ 13 lois/décrets et ratifié 13 instruments internationaux qui touchent directement et/ou indirectement les enfants. Il s’agit d’un engagement important pour garantir l’effectivité des droits de l’enfant en Haïti.

Des défis importants restent encore à relever. Une fille sur quatre et un garçon sur cinq est victime de violence sexuelle avant l’âge de 18 ans. Pres 25,000 enfants vivent dans les maisons d’enfants dont 80% ont au moins un parent vivant. 85 % des enfants âgés de 1 à 14 ont subi une forme de recours à la violence qui comprend l’agression psychologique et le châtiment corporel. A ce jour, près de 80% des enfants détenus dans les prisons en Haïti n'ont été ni jugés, ni condamnés. Un enfant sur six n’est pas enregistré à la naissance.

L’UNICEF continue de soutenir les efforts du gouvernement haïtien qui vise la prévention de la séparation familiale et qui encourage la réforme du système de prise en charge. Des actions telles que l’extension du dispositif « famille d’accueil » avec 120 familles d’accueil dans 7 départements ; la régularisation du secteur y compris l’accélération de la réunification familiale des enfants, le suivi et le moratoire sur les nouvelles maisons d’enfants, sont à relever. Des tribunaux pour mineurs tels que celui de Cayes ont été inaugurés en 2019. Les efforts seront renforcés pour enregistrer le maximum d’enfants à la naissance et atteindre l’enregistrement universel des naissances en Haïti.

L’UNICEF réitère son engagement aux côtés du Gouvernement haïtien pour le bien-être des enfants d’Haïti.