Haiti

L’eau, c’est la vie ! : L’UNICEF a installé plusieurs bladders d’eau potable afin de venir en aide aux communautés affectées par le séisme, dans le cadre de l’urgence humanitaire liée à la catastrophe

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© UNICEF Haiti/2021/Suffren

Jean Panel Fanfan

Le tremblement de terre qui a frappé le grand Sud d’Haiti le 14 aout 2021, a sérieusement endommagé les infrastructures d’eau existant dans les centres urbains. Dans les régions les plus reculées, la situation est encore plus critique, amenant les populations à s’approvisionner dans des sources d’eau impropres à la consommation. L’UNICEF a installé plusieurs bladders d’eau potable afin de leur venir en aide, dans le cadre de l’urgence humanitaire liée à la catastrophe.

Port-au-Prince le 15 octobre 2021- Les yeux levés vers le ciel, Abigaelle, 8 ans, laisse tomber la pluie sur ses mains, comme un réconfort. « Pourquoi je pense que l’eau est importante ? Parce que l’eau, c’est la vie », répond-t-elle de sa voix fluette, les yeux noirs pétillants.

Abigaelle vit dans le Département du Sud. En aout dernier, un séisme dévastateur de magnitude de 7,2 a démoli sa maison et ajouté des défis supplémentaires à sa vie quotidienne. L’accès à l'eau propre en était déjà un. La seule eau disponible pour boire, cuisiner et se baigner était l'eau d'une rivière dans laquelle passent des véhicules. L’eau était impropre à la consommation et posait un problème de santé à cause des risques de maladies hydriques, spécialement pour les enfants.

« J’ai l’habitude d’aller puiser de l’eau avec mes cousines. Nous passons prendre des amies pour marcher ensemble », explique-t-elle. Sous le soleil, ou sous la pluie, c’est une ritournelle incessante.

Abigaelle doit porter son bidon de 10 litres déjà trop lourd pour ces frêles épaules. Mais c’est très utile car l’eau sert à cuisiner, à laver le linge, à laver la vaisselle et à toute autre tâche ménagère.

« L’eau de la rivière est impropre pour la consommation. C’est la seule qu’on avait à notre disposition. Mais l’eau est très contaminée », explique Lismone, la mère d’Abigaelle. Sa maison est détruite à plus de 80% par le tremblement de terre mais elle y est restée. Elle n’a nulle part où aller. Car cette brave femme a tout perdu : ses têtes de bétail, ses meubles, tout. Un de ses fils a également été blessé.

L’installation de bladder pour approvisionner en eau potable

L’UNICEF a commencé ses interventions d’urgence quelques heures seulement après le tremblement de terre. Selon l'évaluation initiale des dégâts réalisée par la Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA) avec l'appui de l'UNICEF, 25,7% des réseaux d'adduction d'eau ont été endommagés. Au total, 500 000 personnes ont toujours besoin d'un soutien en eau, hygiène et assainissement. A ce jour, plus de 350 000 personnes affectées sont servies en eau potable grâce au transport de l’eau par camion ou « water trucking ». Une fois installés, les bladders sont remplis régulièrement par des camions-citernes pour empêcher toute rupture en eau.

Désormais, grâce au bladder installé dans son quartier, Abigaelle bénéficie d'une eau potable. Elle n'a plus besoin d'aller à la rivière tous les jours pour remplir son jerrycan d'une eau qui n'est pas propre, un changement notoire dans sa vie.

« Les enfants sont vraiment contents, ils n’ont pas les mots pour décrire ce qui leur arrive. Car ils n’iront plus puiser l’eau à la rivière. Nous remercions l’UNICEF », lance Lismone avec un large sourire.

L'UNICEF a commencé la distribution 50 000 kits d'hygiène composés de savon, de produits chlorés et de jerrycans pour stocker l’eau à la maison, pour 250 000. Deux mois après le séisme, 105 000 personnes ont été servies.