Haiti

Journée Mondiale de l’Enfance 2020 : pour l’adoption du Code de protection de l’enfant

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Une obligation de protéger les enfants

Jean Panel Fanfan

En 2020, la célébration de la Journée Mondiale de l’Enfance, consacre le 31ème anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant par l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 20 novembre 1989.

Ce 20 novembre, l’Institut du Bien-Etre social et de Recherches (IBESR), de concert avec l’UNICEF, a organisé à Port-au-Prince une cérémonie de célébration sur la Journée Mondiale de l’Enfant. L’accent a surtout été mis sur un plaidoyer pour l’adoption du Code de Protection de l’enfant, un texte fondamental qui renforcera la Protection de l’enfant dans le pays.

Plusieurs invités de marque ont participé à la célébration de la journée, en présence de Mme Martine Moise, Première Dame de la République. Ont aussi participé activement à l’évènement, plus de 100 enfants travaillant avec des organisations de promotion des droits de l’enfant telles qu’ENPAK, Enfants Epanouis d’Haïti (ENEPH), SAKALA, une organisation présente à Cité Soleil, Initiative pour le Développement des Jeunes (IDEJEN), pour ne citer que celles-là. Ils étaient en T-shirts bleus portant des messages sur les droits de l’enfant. Les gestes barrières tels que le port du masque et l’usage du gel hydroalcoolique, étaient de rigueur pour réduire les risques de propagation de la COVID-19.

La journée a été dirigée par et pour les enfants. Dans leurs différentes interventions, les enfants ont mis l’accent sur l’importance du code de Protection de l’enfance et comment il va changer leur vie.

Les enfants de l’organisation Enpak ont présenté tous les intervenants, assuré la modération du débat sur le Code de protection de l’enfant. Ils ont également organisé une exposition de peintures réalisées par les enfants sur leurs droits. En fin de journée, les enfants de d’ENEPH conjointement avec le chanteur Jean Jean Roosevelt ont assuré le spectacle, dans une ambiance festive. A rappeler aussi une prestation de BIC en milieu de journée.

Blauhra Desfils, une fillette de 12 ans vivant avec un handicap s’est dit très fière de prendre la parole au nom de tous les enfants d’Haïti. « Cette date nous rappelle que tous les pays du monde, y compris mon pays ont reconnu que tous les enfants ont des droits quel que soit leur origine, leur sexe, leur couleur, leur religion et qu’ils soient handicapés ou pas, qu’ils soient des migrants », a-t-elle insisté.

Pour l’adoption du Code de protection de l’enfant « Haïti a adopté de nombreuses lois, mais aujourd’hui, mes amis et moi pensons que vous pouvez faire mieux pour garantir la protection de tous les enfants d’Haïti en adoptant le Code de protection de l’enfant », a lancé Blaurha, à l’endroit des autorités.

Elle a plus loin partagé dix changements que va apporter ce code. Parmi lesquels, on peut retenir : les principes de non-discrimination sont garantis ; avec le code , les institutions de protection et de prise en charge doivent assurer l’accessibilité aux enfants handicapés ; tout enfant sera encadré par sa famille biologique ou adoptive qui s’assurera de sa protection ; la prise en charge par l’Etat des enfants des rues ; les mineurs en conflit avec la loi devront jouir de l’assistance judiciaire dans toutes les juridictions du pays ; les institutions de protection devront s’engager à travailler dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Les enfants ont présenté le Code de protection de l’enfant au public et ils ont débattu avec Mme Arielle Jeanty Villedrouin, Directrice Générale de l’IBESR et Me Jean Vandal, avocat au barreau de Port- au-Prince et grand défenseur des droits de l’enfant. Ils ont ainsi abordé des questions qui les préoccupent concernant le code.

Un puzzle manquant dans le domaine de la Protection de l’enfant Mme Yolette Altidor, Ministre des Affaires Sociales et du Travail (MAST) a rappelé que l’Etat haïtien se bat depuis 2012, pour mettre en place le Code de protection de l’enfant. Elle a salué l’effort de tous les acteurs de la protection qui ont collaboré dans l’élaboration du code. « Votre noble contribution à la fois technique et financière joue un rôle crucial dans l’action nationale pour l’émergence d’une nouvelle société haïtienne où les enfants pourront jouer leur partition comme socle solide pour l’avenir du pays », a-t-elle indiqué.

Lors de son allocution, M. Raoul de Torcy, Représentant adjoint de l’UNICEF a mis l’accent sur l’importance du Code de protection de l’enfant. « Aujourd’hui, les partenaires du secteur de la Protection de l’enfant inscrivent le projet de Code de protection de l’enfant comme l’une des pièces manquantes pour compléter le puzzle et boucler définitivement le processus d’harmonisation de la législation nationale aux standards internationaux de protection de l’enfant », a-t-il souligné.

Car la situation des enfants reste préoccupante : 75% des mineurs incarcérés sont en détention préventive prolongée bien que la loi l’interdit ; 207 000 enfants placés en domesticité subissent des formes de traitements inacceptables ; une fille sur 4 et un garçon sur 5, sont victimes de violence sexuelle avant l’âge de 18 ans, plus de 30 000 enfants vivent toujours dans les centres résidentiels et 1 enfant sur 6 n’est pas enregistré à la naissance.

« L’UNICEF se tient aux cotés de l’Etat haïtien pour renforcer les politiques publiques visant l’amélioration des conditions de vie des enfants. L’Etat haïtien peut donc compter sur l’appui de l’UNICEF pour l’élaboration, le plaidoyer et la mise en pratique de toute initiative faisant du respect de tous les droits des enfants, une réalité. », a-t-il conclut.