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Investigations sur l'éventuelle présence en République Dominicaine de mercenaires sud-africains visant à déstabiliser Haïti

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Les autorités dominicaines prennent au sérieux les accusations portées contre Jean-Bertrand Aristide

Les Forces Armées dominicaines et le département national des investigations (DNI) sont en train de travailler conjointement en vue de déterminer la présence éventuelle en République Dominicaine, de 15 mercenaires sud-africains qui auraient été recrutés par l'ex-dictateur Jean-Bertrand Aristide et dont la misssion consisterait à assassiner des leaders politiques, des responsables de la société civile et des hommes d'affaires en Haïti.

Selon une dépêche de l'agence espagnole EFE et un article du journaliste dominicain spécialiste d'Haïti, Léo Reyes, le major-général Rafael Ramìrez Ferreira, chef de la division d'intelligence des Forces Armées (J-2) a affirmé que les agents de ses services et ceux du DNI tentaient de vérifier si ces personnes avaient effectivement foulé le sol dominicain.

Le ministre des forces armées a d'ailleurs eu avec le chef du département national des investigations, une rencontre consacrée exclusivement à ce dossier.

Le quotidien Le Matin avait révélé, cette semaine, des informations faisant état de la présence de l'autre côté de la frontière d'une quinzaine de mercenaires qui s'apprêteraient à rallier Haïti dans le but d'y provoquer le chaos et l'échec du processus électoral en cours. Ces mercenaires feraient partie d'une compagnie sud-africaine qui savait fournir à Aristide des agents pour assurer sa sécurité rapprochée jusqu'à sa chute, le 29 février 2004. Selon les mêmes informations, ces éléments subversifs, rompus à la tactique de la guérilla urbaine héritée de l'ère de l'apartheid, seraient titulaires de passeports diplomatiques sud-africains. Ils auraient sollicité et obtenu des visas dominicains au consulat de la République voisine à Paris et pourraient, dans ces conditions, franchir au pas de charge la frontière qui sépare Haïti et la République Dominicaine.

Le président de la chambre de commerce et d'industrie d'Haïti (CCIH), Réginald Boulos, avait également dénoncé un plan de déstabilisation commandité par l'ex-Président, qui viserait à assassiner des personnalités de différents horizons politiques et sociaux. Mr Boulos avait reproché aux autorités dominicaines de laisser, par leur mollesse, des bandits utiliser la partie orientale de l'île d'Haïti comme territoire de transit et base arrière pour lancer des offensives contre des secteurs en Haïti.

"La République Dominicaine n'est pas un champ libre, ouvert aux délinquants et personnne ne peut venir ici en croyant pouvoir faire ce que bon lui semble" a averti le major-général dominicain. Rafael Ramìrez Ferreira a assuré qu'une large coopération existe entre les autorités haïtiennes et dominicaines en vue de faire face à ce type de situation.

Le parti de Jean-Bertrand Aristide, Fanmi Lavalas, a naturellement rejeté les accusations portées contre son chef dans cette affaire alors que les dirigeants du même parti avaient fait le mort lorsque, le secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires hémisphériques, Roger Noriega, avait dans le Miami Herald du 24 juin dernier, pointé du doigt Mr Aristide, exilé en Afrique du Sud, comme le principal responsable de la campagne de terreur qui sévit en Haïti.

Malgré de rudes coups portés, ces derniers jours aux bandes armées, par la Police nationale et la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), la vie quotidienne à Port-au-Prince est toujours marquée par une violence extrême et des incertitudes continuent à peser sur l'organisation des élections prévues à la fin de l'année.