Haiti

Inondations au Cap-Haïtien : les Nations Unies aux côtés du Gouvernement pour la réponse aux besoins

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Dans le quartier de Blue Hills, il est environ 10 heures 30, dans la cour située devant sa maison, grande ouverte, assise sur une petite chaise en paille de latanier, Mme Richemont défait les petites tresses de la coiffure de sa fille de trois ans, assise sur ses genoux.

Rideaux remontés, elle laisse pénétrer l’air et les faibles rayons de soleil pour tenter de sécher l’intérieur de sa maison avec tout ce qui lui reste encore de table, de lits et d’autres objets encore valables. Dehors, la boue est encore bien présente ajoutée aux carcasses de bicyclettes, de vieux matelas et linges trempés, désormais inutilisables. Cette mère de 8 enfants qui a perdu jusqu’à son bétail, incluant chèvres et volailles, souhaitait pouvoir être touchée par l’aide offerte aux victimes.

« C’est vrai que de l’assistance a été apportée dans le quartier, mais nous n’avons pas eu la chance d’en recevoir ne pouvant nous battre lors des distributions », raconte-t-elle, d’un air résigné. Ceux qui en trouvent ce sont «les plus violents, les « chimères » », comme les appelle la population de cette zone située sur la route nationale # 1, à quelques 15 minutes de l’entrée sud du Cap-Haïtien.

Pas de couverture, pas de kits d’hygiène, ni de kits de cuisine, le minimum manque à cette famille comme à beaucoup d’autres dans ce quartier. Pourtant des articles et produits de ce genre, offerts par les acteurs humanitaires notamment onusiens tels, l’Organisation panaméricaine de la santé /l’Organisation mondiale de la santé (OPS/OMS), le Programme alimentaire mondiale (PAM) ou le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ou encore la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haiti, (MINUSTAH), ont bel et bien été distribués dans la zone, comme l’a souligné le Délégué départemental, Ardouin Zéphirin, le représentant spécial du gouvernement dans le Nord. Cependant « la méthode de distributions » pose problème, admet le ministre Delva.

10 600 couvertures, 7 500 moustiquaires, 23 000 matelas et 20 700 tablettes de chlore sont encore parmi les besoins urgents auxquels fait face la population sinistrée du Nord et du Nord-est, estimée à 8 051 habitants.

Des chiffres fournis par M. Zéphirin, suite à une visite d’évaluation du ministre de l’Intérieur, Réginald Delva, au côté du Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en Haïti, Peter de Clercq, ce mardi 11 novembre.

Cinq morts et un disparu ont été recensés, dans le cadre des inondations ayant touché le département du Nord les 1er et 2 novembre dernier.

Une rencontre tenue au Cap-Haitien réunissant outre M. de Clercq et M. Delva, les représentants de l’Etat dans les départements du Nord et du Nord-Est, les ONG locales et internationales en vue de réfléchir sur la meilleure stratégie conjointe permettant d’agir en faveur des sinistrés.

L’occasion pour M. de Clercq de renouveler la volonté de la communauté internationale d’appuyer le peuple haïtien dans ses moments difficiles, et de s’engager, au nom de l’équipe des Nations Unies, à mobiliser les ressources capables d’aider les autorités haïtiennes à faire face à la situation.

Pour pouvoir tenir depuis cette catastrophe, Mme Richemont souligne que « nous avons survécu grâce à ceux qui ont pu le faire, qui nous ont donné un peu de ce qu’ils ont pu obtenir ».

Ceci, à côté du fait qu’elle soit obligée d’acheter à crédit, y compris de l’eau vendue dans des kiosques, de gens «qui nous font confiance pour rembourser plus tard ». Car, « même à l’église, les chimères agissent. Ils ont perturbé une distribution de plats chauds et de kits alimentaires », dit-elle, désolée, soulignant au passage avoir trouvé refuge, à l’instar de plusieurs familles, dans un temple chrétien, les deux premiers jours des inondations.

« Et même un jour après, j’étais venue avec mon père, voir comment c’était à la maison, nous avions dû nager », remarque de son côté le fils aîné de la famille, Félix, 16 ans, pieds nus, une vieille chemisette et un pantalon couvert de boue retroussé, qui s’affaire à l’entrée d’une des portes avant, à dévisser les rayons d’une roue de bicyclettes qu’il essaie de remettre en service.

« Après avoir beaucoup observé la montée de l’eau, placé les enfants sur les lits et certains objets sur les tables, nous avons remarqué qu’il n’y avait plus rien à faire. Nous nous sommes échappés de la maison grâce à un canoé, mais à cinq minutes de là, il a coulé », dit-il. Aidé par d’autres voisins, le jeune homme avec son père et sa mère, ont porté sur leurs épaules les plus petits jusqu’à un temple protestant, à environ 20 minutes à pied, pour sauver leur peau.

Rédaction : Quétony Saint-Vil et Pierre Jérôme Richard (UN/MINUSTAH)