Haiti

Importante opération policière dans le Nord d'Haïti : deux arrestations, un arsenal de munitions confisqué

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Un complot des partisans armés de Jean-Bertrand Aristide a été déjoué

Les autorités ont procédé à deux arrestations et à la confiscation d'un très volumineux stock de munitions, lors d'une opération conjointe menée par la direction centrale de la police administrative (DCPA) et la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), dimanche à Quartier Morin, une bourgade située non loin de la ville du Cap-Haïtien (nord) a appris radio Kiskeya de sources policières. Deux hommes, Oxygène Louis et Mac-Oril Chéry, ont été appréhendés en possession d'un arsenal de munitions pour armes de différents types et calibres, Kalachnikov, fusil M-14, T-65, pistolet Glock, etc

Selon les mêmes sources, cette descente avait été précédée d'une première chez Rosemond Fabien, un ancien prêtre catholique et ex-directeur de l'administration pénitentiaire nationale (APENA) sous le régime lavalas (le parti d'Aristide). La perquisition n'avait rien révélé car, les boîtes de munitions qui se trouvaient dans la maison avaient été transférées à temps chez Oxygène Louis, dans la même localité.

Des responsables de la police nationale ayant requis l'anonymat affirment que Rosemond Fabien, qui était en voyage à Miami (Etats-Unis), serait en principe déjà rentré en Haïti en vue d'assurer la coordination d'une offensive armée de grande envergure, préparée par les partisans de l'ex-Président Jean-Bertrand Aristide. Cette action subversive coordonnée dont les objectifs n'ont pas encore été précisés, devait être lancée ce mercredi. Dans le cadre de ce même dispositif à caractère terroriste, des armes de guerre en provenance de Quartier Morin ont été acheminées à Port-au-Prince avec la complicité de certains policiers haïtiens encore en fonction et qui constituent des alliés de ce mouvement.

Les munitions confisquées dans le Nord par la DCPA et la MINUSTAH ont été remises à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) tandis que les individus arrêtés sont aux ordres de la justice.

Par ailleurs, un homme extrêmement costaud, un véritable malabar qui exhibait souvent son torse nu et son ventre impressionnant dans les vidéoclips carnavalesques du groupe rasin Koudjay, aurait été abattu dimanche par le commandant autoproclamé "commandant Toutou" dans le quartier à hauts risques du Bel-Air (centre de la capitale). La victime qui était un chaud partisan de la lutte armée en faveur du retour d'Aristide aurait seulement commis l'imprudence de manifester son découragement et d'inviter ses compagnons à déposer les armes.

D'autres chefs de gang des quartiers populaires de Port-au-Prince seraient à couteaux tirés et prêts à en découdre dans les prochains jours, alors que des figures bien connues de "l'opération Bagdad" , en plein désarroi, auraient laissé le pays en catimini dimanche à bord d'un vol régulier Cap-Haïtien/Turks et Caicos, un chapelet d'îles britanniques qui se trouvent au large de la ville du Cap.

Pour sa part, un prêtre Lavalas très visible depuis la chute d'Aristide, en février 2004, a été interrogé pendant de longues minutes par les autorités américaines, vendredi dernier à l'aéroport international de Miami, au moment o=F9 il s'apprêtait à voyager à destination d'Haïti.

La violence politique extrême à laquelle se livrent les bandes armées favorables à l'ancien dictateur a débouché, ces derniers mois, sur une vague de rapts, d'assassinats, d'incendies, de raids meurtriers et a atteint son point culminant avec l'exécution jeudi dernier du journaliste et poète Jacques Roche, 5 jours après son enlèvement. Un crime abominable unanimement réprouvé tant en Haïti qu'à l'étranger.