Haiti

Haiti/Port-au-Prince: Témoignage d'une employée d'ACTED

Format
News and Press Release
Source
Posted
Originally published
Origin
View original
Lendemains du séisme à Port au Prince

Une partie des équipes d'ACTED se trouvait sur un projet à Saint-Marc, au nord de Port-au-Prince, au moment du tremblement de terre. Nos équipes ont rallié Port-au Prince dès le lendemain, avec des voitures chargées de ravitaillement, afin de rejoindre les employés d'ACTED présents dans la capitale haïtienne pour commencer à évaluer les besoins humanitaires prioritaires. Jodelle, membre de l'équipe d'ACTED sur place, témoigne de la situation à Port-au-Prince au lendemain du séisme.

"Que dire de Port au Prince ? C'est une terre désolée. Premier choc en arrivant vers la capitale, hier matin, des milliers, des dizaines de milliers de personnes sont sans abris, de longues files se font le long des routes, les rescapés partent vers les campagnes, à pied, en bus pour les plus fortunés et chanceux, dans leurs familles, avec rien, ou parfois un simple baluchon sur l'épaule.

Partout, des maisons détruites, ou plutôt aplaties comme des crêpes, des immeubles de plusieurs étages qui ne font maintenant plus que quelques mètres d'épaisseur. Les cadavres s'entassent sur les trottoirs ; des parents marchent hagards avec le corps de leur enfant mort. Les cadavres, très nombreux, sont abandonnés sur le bas des routes et les passants ne s'arrêtent même plus.

Les gens ont peur ; les répliques du tremblement de terre sont encore nombreuses, régulières et parfois violentes. Hier soir vers 18h, les maisons ont tremblé une fois encore. Tout le monde dort dehors et Port au Prince est devenu un squat géant. Les avenues, les parcs, les compounds d'expatriés, tous les lieux en plein air, loin des bâtiments détruits sont propices pour un campement improvisé. Les nuits sont fraîches et inconfortables, et les réserves de nourritures et d'eau commencent à diminuer. Tout le monde se retrouve dans la même galère, Haïtiens comme les internationaux.

Les équipes de sauvetage arrivent au compte-gouttes, la tâche est titanesque. Les équipes internationales se concentrent autour des bâtiments officiels, tel que l'hôtel Christopher, ou encore les hôtels de Pétionville o=F9 beaucoup d'expatriés sont ensevelis. Ce sont les Haïtiens qui pour la plupart déblaient les maisons et bâtiments et entassent les morts. De nombreux quartiers demeurent inaccessibles ou presque.

Tous les employés d'ACTED sont sains et saufs, mais beaucoup d'employés nationaux ont vu leur maison détruite, beaucoup ont perdu des membres de leurs familles ou toute leur famille.

Nous participons à l'organisation des premiers secours. Lentement l'aide de la communauté internationale arrive : distributions de kits de première nécessité, rations alimentaires, matériels pour purifier l'eau. Nous devons également réorganiser le bureau (notre bâtiment est complètement fissuré), trouver un lieu o=F9 dormir (notre guesthouse est également peu sûre) et nous devons dans un même temps assurer une première assistance à nos équipes, qui ne vont pas tarder à souffrir de la pénurie en eau et nourriture."