Haiti

Haïti : Violences dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince / Cité Soleil, Rapport de situation #1, au 14 juillet 2022

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Ce rapport a été élaboré par OCHA Haïti avec la contribution des partenaires humanitaires. Il contient les dernières informations disponibles au 14 juillet 2022 et couvre la période du 7 juillet au 14 juillet 2022.

POINTS SAILLANTS

  • Le 7 juillet, de nouveaux affrontements entre gangs armés ont éclaté à Cité-Soleil, commune de la zone métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPAP) et dans les quartiers alentours.

  • Une grande partie de la population reste prise au piège par les gangs voulant assoir leur mainmise sur le territoire et sa population.

  • Les populations de certains quartiers sont privées d’accès à l’eau potable et à la nourriture depuis le 8 juillet 2022.

  • Un enfant sur cinq souffre de malnutrition aigüe dans la commune de Cité Soleil, un taux bien au-delà des seuils d’urgence.

  • Les gangs empêchent l’entrée des acteurs humanitaires et services d’urgence dans les quartiers affectés.

APERÇU DE LA SITUATION

Au cours des trois dernières années, dans un contexte de crise politique et économique persistante, les gangs armés ont pris de l'ampleur et ont progressivement étendu leur contrôle sur plus d'un tiers de la ZMPAP. OCHA estime qu’environ 1,5 million de personnes, soit près de 50% de la population de la capitale, sont directement touchés par la violence, et voient leur liberté de mouvement et d’accès aux services de base restreints. Selon le Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC) pour mars 2022, 1,1 million de personnes souffraient déjà d’insécurité alimentaire à Port-auPrince. Un demi-million d’enfants de la capitale seraient également privés d’école à cause de l’insécurité, d’après les analyses d’UNICEF. Le niveau de violence et la fréquence des affrontements entre gangs a considérablement augmenté ces derniers mois, atteignant un premier pic lors des affrontements de Croix-des-Bouquets, Tabarre et Cité Soleil fin avril 2022 qui ont fait plus de 200 morts, des centaines de blessés et près de 17,000 déplacés.

Le 7 juillet, de nouveaux affrontements ont éclaté entre les deux principales coalitions de gangs armés, connues sous le nom de "G-9 en famille et alliés" et "G-Pep", à Cité-Soleil dans la ZMPAP. Selon les chiffres du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, le bilan provisoire au 12 juillet est d’au moins 99 décès et 135 blessés, 20 portés disparus, de nombreux cas de viols et plus d’une centaine de maisons détruites et incendiées. Cependant, les affrontements se poursuivent et certains rapports évoquent un bilan beaucoup plus lourd, jusqu’à 250 morts pour les plus alarmistes. Selonles premières estimations de l’OIM, les heurts ont poussé plus de 2,500 personnes à prendre la fuite durant le week-end.

La majeure partie de la population de Cité Soleil, qui compterait plus de 277,000 habitants, reste prise au piège, sous la pression des gangs qui souhaitent garder le contrôle sur le territoire et sa population. A l’heure actuelle, les déplacés ne se rassemblent pas dans de nouveaux sites spontanés par crainte des représailles de gangs et trouvent refuge chez leurs proches dans d’autres communes de la ZMPAP ou d’autres départements. Néanmoins, si l’escalade de la violence se poursuit, le nombre de déplacés risque d’augmenter drastiquement et les communautés d’accueil ne seront plus en mesure de les accueillir. Dans un tel contexte, des sites spontanés aux conditions de vie indignes risqueraient d’apparaitre comme lors des crises précédentes.

L’accès à la commune de Cité Soleil est extrêmement difficile. Le ravitaillement en eau potable et nourriture est à l’arrêt depuis le début du week-end et les commerces et marchés sont fermés. La volatilité de la situation rend extrêmement difficile et dangereux l’accès aux quartiers où les combats se déroulent ainsi que l’évacuation des blessés vers les hôpitaux. La population de Cité Soleil comptait déjà parmi les plus vulnérables de la ZMPAP avec des taux critiques de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans enregistré en avril 2022 avant le début des violences. Dans un tel contexte, les conséquences de ces privations pourraient être dramatiques.

Les évènements du week-end ont également conduit à de fortes mobilisations citoyennes à Port-au-Prince et dans les principales villes du pays pour réclamer des solutions concrètes à la crise politique, économique et sécuritaire que traverse le pays.

Disclaimer

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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