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Haiti : Un nouveau directeur général bientôt à la tête de la Police nationale

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Mario Andrésol doit succéder à Léon Charles
Un changement est imminent à la direction générale de la Police nationale d'Haïti (PNH) où la démission de l'actuel numéro un, Léon Charles, est d'ores et déjà tenue pour acquise.

Radio Kiskeya a appris de sources proches de la Présidence haïtienne, que l'ex-commissaire divisionnaire Mario Andrésol doit être désigné au poste de directeur général de la PNH par arrêté présidentiel, mercredi au plus tard. Quant à Léon Charles, il s'est vu confier le poste de ministre-conseiller chargé des affaires de sécurité à l'ambassade d'Haïti à Washington.

Mario Andrésol qui avait été notamment directeur central de la police judiciaire (DCPJ) et commissaire de Pétion-Ville, s'était réfugié aux Etats-Unis après avoir été limogé puis emprisonné en 2001 par le régime Lavalas (le parti d'Aristide). Accusé de complot contre la sûreté intérieure de l'Etat, il avait à maintes reprises clamé son innocence. Ex-capitaine des anciennes Forces Armées d'Haïti (FAd'H), Andrésol est décrit par certains comme un homme de terrain. Il succédera à Léon Charles, lui aussi ancien militaire. Celui-ci qui a fait l'essentiel de sa carrière dans la Marine, était arrivé en mars 2004, au commandement de la police haïtienne alors en pleine crise de crédibilité après la chute du dictateur Jean-Bertrand Aristide, qui avait totalement vassalisé l'institution.

Mise à rude épreuve par "l'opération Bagdad", la campagne meurtrière des partisans armés d'Aristide qui n'a cessé de progresser depuis son déclenchement le 30 septembre 2004, la Police nationale d'Haïti- qui a perdu plusieurs dizaines de ses membres- a redonné confiance à la population de façon épisodique à cause de ses faiblesses du point de vue de la stratégie sécuritaire et de l'organisation institutionnelle. D'où les critiques récurrentes portées contre la politique de Léon Charles dont la trop grande discrétion, voire la transparence a souvent affaibli, dans l'opinion publique, l'image d'une institution en manque de repères.

Néanmoins, des signes de progrès ont été remarqués ces derniers mois. Appelée à jouer, aux côtés de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), un rôle-clé dans la sécurisation du processus électoral, la PNH s'est engagée dans une lutte sans merci contre les bandes armées de Port-au-Prince qui tentent de développer "un terrorisme à l'haïtienne", en appliquant des consignes politiques qui exploitent à fond les différences sociales criantes qui caractérisent le pays, les marqueurs sociologiques et la topographie particulière des bidonvilles de Port-au-Prince.