Depuis quelques années, Haïti est affecté par des violences armées, notamment dans sa capitale, la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP), et plus récemment dans les départements du Centre et de l’Artibonite, qui ont entraîné d'importants déplacements de population. En décembre 2025, plus de 1,4 million de personnes sont déplacées internes dans le pays.1
Face à ce contexte, et à travers sa matrice de suivi des déplacements (DTM, Displacement Tracking Matrix, en anglais), l’Organisation internationale pour les migrations met en œuvre plusieurs méthodologies de collecte de données afin d’orienter les réponses humanitaires, ainsi que des programmes de transition, stabilisation et développement. Les enquêtes auprès des ménages constituent l’un des principaux outils de la DTM. Elles reposent sur des entretiens menés auprès des ménages affectés par les déplacements, notamment les personnes déplacées internes (PDI) et les communautés hôtes. Ces enquêtes permettent de collecter des données détaillées sur les dynamiques de déplacement, en particulier les relations entre ces deux groupes de population, l’impact de l’arrivée des PDI sur les communautés hôtes, l’historique des déplacements des PDI ainsi que leurs intentions futures. En outre, elles permettent de collecter des données approfondies sur les besoins multisectoriels de chacun de ces groupes de population afin d’identifier leurs besoins communs et ceux qui leur sont propres et orienter les réponses en conséquence.
Les résultats clés indiquent que :
-
Depuis l’arrivée des personnes déplacées internes, les communautés hôtes font face à des défis importants, marqués par des difficultés d’accès à la nourriture et aux produits essentiels sur les marchés, ainsi que par la saturation des services de santé et des écoles.
-
Les personnes déplacées hors sites, très majoritairement accueillies en province, envisagent dans une moindre mesure un retour dans leur lieu d’origine, alors que celles vivant en sites — concentrées dans la capitale — y songent encore ou demeurent indécises.
-
Des besoins significatifs sont observés dans tous les groupes de population. Cependant, bien qu’ils soient les principaux bénéficiaires de l’aide humanitaire, les ménages déplacés en sites présentent les vulnérabilités et les besoins les plus critiques dans presque tous les secteurs, justifiant un renforcement ciblé des réponses humanitaires dans ces espaces. Toutefois, cette priorisation ne saurait exclure les ménages déplacés hors sites ni les communautés hôtes, dont les profils de besoins convergents appellent la mise en œuvre d’assistances communes et adaptées à ces groupes.
-
Les résultats soulignent également la nécessité d’améliorer la redevabilité, en particulier la participation des communautés à la conception des programmes d’assistance et le renforcement des mécanismes de signalement des plaintes, notamment dans les sites.