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Haiti: Le père Gérard Jean-Juste prêt à appuyer "toutes les formes de mobilisation pacifique pour le retour d'Aristide"

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Le principal fer de lance du parti Lavalas depuis le départ de l'ex-Président , a été interrogé au cabinet d'instruction sur ses "menées subversives" en Haïti
Le père Gérard Jean-Juste, leader des partisans radicaux de l'ancien dictateur Jean-Bertrand Aristide, a été interrogé mercredi, pendant plus de deux heures, par le juge Jean Pérez Paul au cabinet d'instruction du Palais de justice de Port-au-Prince. La comparution du très remuant prêtre était motivée par des accusations persistantes portées contre lui, comme le financier présumé d'activités de déstabilisation visant à obtenir à terme le retour d'Aristide en Haïti. Le curé de la paroisse Sainte-Claire à Petite Place Cazeau (banlieue nord de la capitale) qui était au micro de radio Kiskeya, a naturellement rejeté en bloc ces accusations qu'il juge totalement infondées.

Cependant, Gérard Jean-Juste a clairement apporté son soutien à "toutes les formes de mobilisation pacifiques, tant nationales qu'internationales- sans exception aucune- destinées à faire revenir Aristide", un élément qu'il estime indispensable au "rétablisement de l'ordre constitutionnel".

Autre élément évocateur de la rhétorique et de l'action politiques du père Jean-Juste, il affirme que la série dévastatrice d'actes de kidnapping qui frappe cruellement Haïti, depuis plusieurs mois, a été lancée le 29 février 2004 avec "l'enlèvement de Jean-Bertrand Aristide organisé par les blancs (la communauté internationale)". Il assure aussi que Lavalas (le parti d'Aristide) n'est responsable d'aucun cas de kidnapping.

Condamnant à son tour l'assassinat du journaliste et poète Jacques Roche, le responsable ecclésiastique a appelé à la fin du cycle sanglant de la violence en Haïti. "Il faut cesser de verser gratuitement le sang des fils du peuple" s'est exclamé le père Gérard Jean-Juste, très abondant dans ses déclarations. Mais, la fin de la violence d'en-bas dépend de celle d'en-haut a-t-il averti.

Par ailleurs, le dirigeant Lavalas a exprimé son total désaccord avec le Conseil des Sages qui avait, dans un mémorandum acheminé la semaine dernière au gouvernement, demandé notamment la mise à l'écart de Fanmi Lavalas dans la perspective des élections prévues à la fin de l'année. Pour lui, le Conseil des Sages, qu'il accuse de crime de haute trahison, est une instance illégale, anti-constitutionnelle et qui de surcroît manque de sagesse dit-il.

Enfin, Gérard Jean-Juste a menacé de poursuivre en justice une radio de Miami, qui aurait alerté les autorités haïtiennes sur la présence éventuelle d'une forte somme d'argent et d'armes dans les bagages du prêtre qui rentrait à Port-au-Prince, vendredi dernier, en provenance de Miami. Retenu pendant de longues minutes par les autorités américaines à l'aéroport international de Miami, Jean-Juste allait être soumis à un interrogatoire d'une heure sur ses inquiétantes activités, à son arrivée à l'aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince.

Pour répondre à la convocation du cabinet d'instruction, le prêtre Lavalas s'était fait accompagner de ses avocats Mario Joseph et l'américain William Quigley. Ce dernier s'occupe également de ses contentieux avec la justice américaine.

Fidèle parmi les fidèles de Jean-Bertrand Aristide et auteur de la célèbre phrase "no Aristide no peace" (pas de paix sans Aristide), Gérard Jean-Juste avait été arrêté en 2004 avant d'être élargi quelques semaines plus tard, sous la pression de ses puissants amis étrangers dont des évêques américains. Il serait aux dires de certains, en contact permanent avec Aristide qui vit en exil, en Afrique du Sud.