Les retours forcés de ressortissants haïtiens vers Haïti représentent l'une des principales crises migratoires que connaît le pays. Ce phénomène s'est considérablement intensifié en 2025, avec plus de 270 000 personnes déportées.
L’OIM et le Groupe de travail Protection des Migrants ont collaboré avec d’autres partenaires, notamment l’ONM et le GARR, pour élaborer cette factsheet afin de mettre en lumière les principales tendances des déportations en 2025, ainsi que les analyses comparatives avec les années précédentes depuis 2021.
Ce rapport présente les principaux résultats des collectes réalisées tout au long de l'année 2025, qui révèlent notamment que :
- Le nombre de déportations a atteint 270 214 personnes en 2025, soit une augmentation de 36% par rapport à 2024.
- La République Dominicaine est à l'origine de la grande majorité des déportations (98%, soit 265 215 personnes). Viennent ensuite les Îles Turques-et-Caïques (2 935 ; 1%), les États-Unis (1 159 ; <1%), les Bahamas (756 ; <1%) et la Jamaïque (147 ; <1%).
- Si les hommes adultes restent majoritaires (66%), une augmentation significative des déportations touche les autres groupes, comparé à 2024 et aux années précédentes. Les chiffres ont ainsi bondi de 92% pour les femmes adultes entre 2024 et 2025, 152% pour les filles et 133% pour les garçons, contre une hausse de 16% pour les hommes adultes.
- Belladère demeure le principal point d'arrivée (51% des déportations), suivi de Ouanaminthe (27%). Par ailleurs, certains autres points ont enregistré de hausses importantes : les déportations via Malpasse ont augmenté de 346% entre 2024 et 2025 et via Anse-à-Pitres de 96%.
- Une enquête approfondie menée auprès d'un échantillon de 26 853 personnes déportées (uniquement adultes) livre les informations clés suivantes :
- Origine : 99% sont nés en Haïti, 1% en République Dominicaine. Leurs zones d'origine principales sont les départements du Sud-Est, de l'Ouest, de l'Artibonite, du Centre et du Nord.
- Motif de départ d’Haïti : Pour 85%, la quête de meilleures opportunités économiques était le motif principal.
- Antécédents : 19% étaient déjà déplacés internes avant de quitter Haïti.
- Coût du voyage d’Haïti : La dépense moyenne s'élève à 238 USD, avec des coûts plus élevés pour les personnes rapatriées par les États-Unis, les Bahamas et les Turques-et-Caïques.
- Documents d'identité : 32% ont déclaré ne pas en posséder.
- Éducation et emploi : Les personnes déportées de la République Dominicaine avaient un niveau d'éducation formel plus bas mais lorsqu’en dehors d’Haïti, elles avaient un meilleur accès à l'emploi que celles déportées d'autres pays. Les principaux secteurs d'activité étaient la construction, le commerce et l'agriculture.
- Récidive et intentions futures : 60% des personnes déportées en 2025 l'ont déjà été à plusieurs reprises. 11% envisageaient de quitter à nouveau Haïti dans les 6 mois, une intention beaucoup plus marquée chez les personnes déportées des Turques-et-Caïques (64%) et des États-Unis (59%) que chez ceux venant de République Dominicaine (10%).
- Besoins immédiats : À l'arrivée, les besoins prioritaires exprimés étaient le transport vers le lieu d'origine (92%), la nourriture (72%) et un hébergement temporaire (27%)
Explorez en détail l'ensemble des données collectées depuis 2021 grâce à ce tableau interactif.