Haiti

Haïti : Impact des troubles sociaux sur la situation humanitaire - Flash Update #1 (au 22 septembre 2022)

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Ce rapport a été élaboré par OCHA Haïti avec la contribution des partenaires humanitaires. Il contient les dernières informations disponibles au 21 septembre 2022.

POINTS SAILLANTS

  • Depuis le lundi 12 septembre 2022, Haïti est secoué par des mouvements de contestation sociale parfois violents qui paralysent le pays, y compris les activités des partenaires humanitaires.

  • Des barricades ont été érigées à travers les rues des grandes villes du pays et les déplacements sont difficiles, limitant l’accès aux denrées alimentaires et à l’eau. La crise d’approvisionnement en carburant s’est accentuée et perturbe gravement la fourniture d’électricité et les télécommunications.

  • Après une semaine d’arrêt, l’activité économique reprend au ralenti. Les pillages et tentatives de pillages de commerces ainsi que des attaques de bâtiments privés et publics ont été signalés dans plusieurs villes du pays, dont la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP), Les Cayes, Portde-Paix, Gonaïves et Jérémie.

  • Les partenaires humanitaires ont également fait part de pillages d’entrepôts de stockage et de tentatives d’effraction dans leurs locaux.

  • Alors que la situation a forcé l'arrêt de nombreuses activités humanitaires, les besoins de la population haïtienne s'aggravent et les conditions de vie des plus vulnérables se détériorent, notamment dans les sites de personnes déplacées de la ZMPP.

  • La crise actuelle accentue encore davantage le défi que représente l’accès humanitaire dans l’ensemble du pays. C’est une priorité pour les acteurs humanitaires afin de garantir que les populations vulnérables puissent recevoir de l’aide.

  • La coordination entre les entités des Nations Unies et avec les partenaires humanitaires permet de mieux identifier non seulement l’impact sur les populations vulnérables mais également les opportunités d'agir dès que la sécurité le rend possible.

APERÇU DE LA SITUATION

Depuis la fin du mois de juillet 2022, Haïti connait des mouvements de protestation sociale qui ont progressivement gagné de l’ampleur, paralysant régulièrement les activités dans les grandes villes de province pour quelques heures voire quelques jours, jusqu’à atteindre un niveau critique depuis lundi 12 septembre 2022 dans l’ensemble du pays.

L’insécurité, l’augmentation du coût de la vie et la crise de distribution du carburant sont au cœur des protestations.

La situation humanitaire en Haïti s’est aggravée au cours des dernières années avec une croissance de l’insécurité. Depuis juin 2021, le contrôle des gangs sur la zone métropolitaine de Port-au-Prince s’est significativement étendu. Dans l’insécurité générale, la population se retrouve prise au piège de leurs affrontements dans les quartiers assiégés ou dans l’impossibilité de se déplacer librement vers la capitale via les axes routiers sous leurs contrôles. L’accès aux populations vulnérables s’en trouve affecté, comme l’a été au cours des 12 derniers mois l’acheminement de l’aide humanitaire aux communautés du grand Sud touchées par le séisme du 14 août 2021.

Cette situation a participé au ralentissement de la vie économique du pays qui connait actuellement sa quatrième année consécutive de récession. Mais il semble que c’est la crise du carburant que connait actuellement le pays qui catalyse un certain mécontentement populaire. Par ailleurs, elle a été l’élément déclencheur de nombreux mouvements de protestation tels que la crise du Peyi Lok de 2019.

Le 11 septembre 2022, le Premier ministre Ariel Henry a fait une série de déclarations, dont l’annonce de la levée des subventions sur les produits pétroliers et de facto une hausse des prix à la pompe.

Le lundi 12 septembre, des manifestants ont dressé des barricades sur les artères des principales villes. Bien que le pays ait connu de nombreux mouvements d'agitation civile au cours du mois d’août, la soudaineté et l’intensité des évènements ont pris de court la population et les organisations humanitaires.

L'ensemble du pays reste paralysé par des barricades et des manifestations spontanées. Aux abords des barricades, les voitures sont la cible de projectiles et des tirs d’armes à feu retentissent régulièrement à travers les villes. De nombreux commerces restent fermés. Des pillages et tentatives de pillage de commerces ainsi que des attaques de bâtiments privés et publics ont été signalés dans plusieurs villes du pays, dont Port-au-Prince, Gonaïves et Jérémie.

Malgré la présence de bateaux pétroliers prêts à assurer la livraison de carburant, les travailleurs du port de Varreux, point névralgique pour la distribution depuis la capitale, ne peuvent pas se rendre sur place pour décharger les cargaisons et aucun camion n’a pu quitter le terminal pétrolier pour assurer la distribution dans les points de vente depuis le 12 septembre. Par ailleurs, l’activité des gangs se trouve au cœur de la problématique de l’approvisionnement en carburant. Au-delà des barricades qui ont drastiquement limité les mouvements depuis plus d'une semaine, l'accès au port est actuellement empêché par l'activité des gangs qui bloquent fréquemment les axes routiers et l'accès aux terminaux.

Néanmoins, les activités formelles et informelles ont repris timidement dans la région métropolitaine le mercredi 21 et jeudi 22 septembre

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