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Haïti : Tremblement de terre Rapport de Situation No. 4 Au 7 septembre 2021

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Situation Report
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Ce rapport a été élaboré par OCHA Haïti avec la contribution des agences, fonds et programmes des Nations Unies, des rganisations non gouvernementales et des partenaires humanitaires

POINTS SAILLANTS

  • Les rapports définitifs des opérations de recherche et de sauvetage récemment achevées mettent en évidence l'impact dévastateur du tremblement de terre.

  • Au 3 septembre, près de 46 pour cent des familles touchées ont reçu une aide humanitaire.

  • Dans un contexte de besoins urgents, les efforts d'intervention continuent à se heurter à des contraintes d'accès le long de la principale route d'approvisionnement (RN #2), qui permet d'acheminer l'aide vers les zones touchées par le séisme dans le sud.

  • Malgré les défis, de solides efforts de réponse sont en cours dans les secteurs prioritaires de l'alimentation, de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène, de la santé et des abris d'urgence.

  • Les 30 et 31 août, le Premier ministre, le Dr Ariel Henry, a officiellement lancé le processus d'évaluation des besoins post-catastrophe (PDNA) avec le soutien du système des Nations Unies, de l'Union européenne, de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement.

  • L'UNICEF met en garde contre une résurgence potentielle des maladies d'origine hydrique dans le sud-ouest d'Haïti, où plus d'un demi-million d'enfants n'ont pas accès à des abris, à de l'eau potable et à des installations sanitaires.

800K personnes touchées
(Source: UN System in Haiti)

650K personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence
(Source: ONU en Haïti)

$187.3M de financement requis pour atteindre 500 000 personnes touchées par la crise
(Source: Haiti Earthquake Flash Appeal – Août 2021)

+ DE 2 200 morts, chiffre susceptible d’augmenter
(Source: DGPC)

329 personnes portées disparues
(Source: DGPC)

137.5K+ maisons détruites ou endommagées
(Source: DGPC)

APERCU DE LA SITUATION

Plus de trois semaines après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le sud-ouest d'Haïti, les opérations de recherche et de sauvetage dans les zones les plus durement touchées ont pris fin le 2 septembre. Les efforts se concentrent désormais sur les opérations de relèvement, alors que le pays cherche à se sortir d'une nouvelle crise. Au 4 septembre, les équipes de recherche et de sauvetage avaient extrait des dizaines de personnes disparues des décombres, dont 16 piégées dans un immeuble des Cayes et 24 évacuées de Pic Macaya. Le rapport définitif de la Direction générale de la protection civile (DGPC) indique que 329 personnes sont toujours portées disparues, tandis que 2 248 personnes ont été tuées - y compris dans le département du Nord-Ouest où 2 personnes sont décédées à Bassin Bleu - et 12 763 blessées à la suite du puissant séisme de magnitude 7,2 survenu le 14 août.

Depuis le séisme initial, la DGPC estime qu'il y a eu plus de 900 répliques, dont environ 400 de magnitude 3 ou plus sur l'échelle de Richter. Les estimations préliminaires des dommages et des pertes économiques s'élèvent à au moins 1,5 milliard de dollars US, soit environ 10 pour cent du produit intérieur brut du pays. Plus de 60 établissements de santé ont été endommagés dans les départements les plus touchés (Grand'Anse, Nippes et Sud), tandis que plus de 1 060 bâtiments scolaires ont été endommagés, dont 171 complètement détruits, ce qui représente environ 16 pour cent de toutes les écoles de ces zones. La situation présente des défis supplémentaires pour les élèves et les enseignants, car la réouverture des écoles est prévue le 21 septembre dans tout le pays, et le 4 octobre dans les zones touchées par le tremblement de terre. Les maisons, les infrastructures et les moyens de subsistance dans les zones rurales, où vivent jusqu'à 80 pour cent de la population sinistrée, ont été beaucoup plus durement touchés que dans les centres urbains. La DGPC estime qu'en moyenne, cinq à sept fois plus de maisons ont été détruites dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Dans les trois départements les plus touchés, 83 770 maisons ont subi des dommages plus ou moins importants, tandis que 53 815 ont été complètement détruites. Au 3 septembre, la DGPC et l'OIM ont identifié au moins 26 245 personnes déplacées dans 65 sites de déplacement dans les trois départements les plus touchés, la majorité - plus de 70 pour cent - se trouvant dans 40 sites dans le département du Sud. Health and shelter remain the most urgent priorities of the humanitarian response. National authorities and humanitarian partners continue to scale up response efforts to get relief assistance to hard-to-reach areas all but completely cut off from outside access, ensuring that the most vulnerable are not left behind. However, ongoing access and security constraints continue to pose significant logistics and transportation challenges that hinder the efficiency of relief operations. As of 3 September, nearly 46 per cent - about 70,000 families – of those in need of assistance have received humanitarian aid.

Les affrontements entre gangs armés commencent à reprendre dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, obligeant à suspendre certains convois humanitaires alors que la situation sécuritaire le long de la route nationale n°2, une artère majeure reliant la capitale aux zones les plus touchées de la péninsule sud, continue de se détériorer. Il y a également eu des cas de pillage de matériel humanitaire par des bandes armées, ce qui a entraîné l'interruption des distributions aux personnes les plus démunies. Dans le même temps, l'augmentation des enlèvements reste préoccupante, en particulier à Port-au-Prince. Le 7 septembre, le gouvernement a mis en garde contre une recrudescence des enlèvements et d'autres crimes alors qu'il a promis de lutter contre les gangs. Deux patrons du crime ont rétorqué que toute répression entraînerait une violence accrue à l'encontre de la police dans un contexte déjà instable.

En pleine saison des ouragans, le risque de fortes pluies, d'inondations et de glissements de terrain, comme on a pu le constater deux jours après le séisme avec le passage de la dépression tropicale Grace, pourrait compliquer davantage les efforts de réponse et exposer une population déjà vulnérable à des risques supplémentaires. Bien que les cas de COVID-19 se soient tassés depuis plus d'un mois, les conditions sur le terrain sont propices à une épidémie, car des milliers de personnes ont été déplacées, n'ont qu'un accès limité ou nul à l'eau potable et à l'assainissement et manquent d'équipements de protection individuelle appropriés.

L'UNICEF met en garde contre une résurgence potentielle des maladies d'origine hydrique dans le sud-ouest d'Haïti, où plus d'un demi-million d'enfants qui n'ont pas accès à un abri, à l'eau potable et à des installations sanitaires sont exposés à un risque croissant d'infections respiratoires aiguës, de maladies diarrhéiques, de paludisme et de choléra. Ce dernier n'a pas été détecté en Haïti depuis février 2019, après une épidémie de choléra de neuf ans, qui a débuté après le séisme de 2010, et qui a tué près de 10 000 personnes à travers le pays. Alors que près de 60 pour cent de la population sinistrée dans les trois départements les plus durement touchés n'ont plus accès à l'eau potable après le séisme, les risques sanitaires sont en hausse, le système de santé peinant à faire face aux retombées de la catastrophe.

Selon le U-Report de l'UNICEF, 72 pour cent des personnes dans les trois départements les plus touchés ont indiqué que les installations de santé près de chez eux ont été endommagées par le tremblement de terre, et au moins 60 pour cent ont répondu que les services de santé ont été interrompus en raison d'un manque de personnel, d'équipement et de fournitures médicales et de structures de santé effondrées ou endommagées. L'UNICEF et les directions départementales de la santé ont déployé 24 équipes mobiles au cours de la semaine dernière pour assurer l'accès aux soins de santé de base, tandis que 28 tentes ont été installées pour maintenir l'accès aux services de santé dans les installations qui ont été endommagées ou détruites.

À la suite du séisme, les interventions en matière de santé et de protection doivent garantir l'accès aux services essentiels en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR) et de protection contre l'exploitation et les abus sexuels (PEAS) ainsi que contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG). Les évaluations préliminaires rapides sur le genre ont mis en évidence une augmentation des incidents et des risques de VSBG, car les points de rassemblement abritant les personnes déplacées manquent d'électricité, de douches et de toilettes, ainsi que d'infrastructures sanitaires adéquates, tandis que les centres de santé et les hôpitaux fournissant des services aux victimes de VSBG dans les zones touchées ont été gravement endommagés. La prise en compte de la dimension de genre est essentielle pour garantir un effort de réponse responsable, bien ciblé, transparent et sensible au genre, qui réponde aux besoins différenciés des groupes les plus vulnérables.

Les efforts coordonnés se poursuivent en vue de la mise en place, à l'échelle du système, de mécanismes de retour d'informations collectives de la part des communautés et de mécanismes de plainte tenant compte de la dimension de genre, qui traitent correctement les cas potentiels d'exploitation et d'abus sexuels. Une ligne téléphonique de l'ONU " Tolérance zéro " (3702-6516) et une adresse électronique (Report-UN-Haiti@un.org) ont déjà été activées, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour les harmoniser avec d'autres initiatives et canaux, en veillant à ce que tous les acteurs utilisent des procédures opérationnelles standard similaires, assurent un suivi approprié et ferment systématiquement la boucle de rétroaction avec les communautés affectées.

Au niveau global, régional et national, des efforts coordonnés sont en cours pour la réactivation du groupe de travail interagences Communication avec les communautés/Responsabilité envers les personnes affectées (CwC/AAP) afin de le positionner stratégiquement comme un élément clé de l'architecture de la réponse humanitaire. Cet ensemble d'actions minimales non seulement démontre en pratique nos engagements et notre responsabilité envers une action humanitaire fondée sur des principes et responsable, mais indique également le respect de la dignité des personnes affectées. Par ailleurs, il reste des lacunes importantes dans l'intégration de mesures supplémentaires dans les protocoles de réponse pour répondre aux besoins des 3 500 personnes handicapées touchées par la crise.

Alors que les efforts de réponse nationaux passent progressivement aux opérations de relèvement, il est reconnu que les efforts de réponse doivent continuer à compléter et à renforcer la réponse menée par les autorités nationales et les acteurs de longue date sur le terrain, notamment les organisations non gouvernementales (ONG) locales, les organisations de la société civile (OSC) et les organisations de femmes. Une réponse qui valorise la localisation et la responsabilité nécessite un engagement local significatif et l'instauration d'un climat de confiance par le biais d'un dialogue transparent et continu avec les communautés touchées, notamment les femmes, les jeunes et les personnes âgées, ainsi que les chefs religieux et un large éventail d'acteurs locaux. Il faut maintenir des conversations ouvertes sur les interventions humanitaires, en fournissant dans un langage clair et simple des informations importantes sur les projets - telles que les objectifs, les dates de début et de fin, les limites opérationnelles et les critères de sélection - accompagnées d'une écoute active des recommandations et de réponses rapides aux préoccupations des personnes touchées.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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