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Haïti : Grand Sud, zones affectées par les derniers chocs (séisme et inondations), Analyse IPC de l’insécurité alimentaire aiguë | septembre 2021 - juin 2022

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Vue d’ensemble

L’analyse IPC conduite dans les quatre départements du Grand-Sud successivement touchés par le séisme du 14 août et les inondations provoquées par la tempête tropicale Grace, indique les résultats suivants :

Pour la période actuelle, de septembre 2021 à février 2022, 320,000 personnes (soit 15 % de la population analysée) connaissent des niveaux critiques d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 4 de l’IPC) et 660,000 (30% de la population analysée) sont en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC), soit 980,000 personnes (environs 45% de la population analysée) en insécurité alimentaire élevée qui, en dépit de l’assistance alimentaire humanitaire (AAH) prévue et financée sur cette période, ont besoin d’une action urgente pour sauver des vies et protéger les moyens d’existence. Bien que des retards aient été enregistrés dans la fourniture de l’AAH, pour des raisons logistiques et sécuritaires, il est prévu que 25% des ménages recevront une AAH, couvrant au moins 25% de leurs besoins caloriques. La zone du Sud- HT07 et des Nippes HT07, les plus touchées par le séisme, se trouvent en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) avec près de la moitié de leur population en Phase 3 de l’IPC (Crise) et plus. Le reste des zones analysées, y compris les deux zones urbaines de la ville de Jérémie et des Cayes, sont classifiées en Crise (Phase 3 de l’IPC). Parmi les moins touchées, les zones de la Grand ’Anse HT07 et HT08 présentent les plus forts pourcentages de personnes en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) et d’Urgence (Phase 4 de l’IPC), avec des taux respectifs de 35% et 15%.

Pour la période projetée, environ 991,000 personnes (45% des 2,2 millions de personnes analysées) sont susceptibles d’être en insécurité alimentaire aiguë élevée (Phase 3 et 4 de l’IPC) entre mars et juin 2022, dont 291,000 personnes (13%) en situation d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Sur cette période, l’insécurité persistante liée aux gangs et les possibles troubles sociaux et politiques pourraient rendre encore plus difficile l’acheminement des denrées dans les zones augmentant les coûts de transport qui pourraient se répercuter sur les prix à la consommation. Associés à la soudure, l’accès des ménages aux denrées alimentaires pourrait être plus difficile sur cette période. Les interventions humanitaires et de relèvement initiées pendant la période courante de l’analyse pourraient cependant atténuer la situation. Toutes les zones seraient en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC). Il est à noter que l’AAH prise en compte dans l’analyse est prévue pour couvrir la période de septembre à février, mais aucun fond n’a été engagé à partir de mars et donc aucune AAH n’est incluse pour la période projetée de cette analyse.

Contexte : L’insécurité alimentaire aiguë en Haïti

Haïti est le pays le plus pauvre des Caraïbes et l’un des plus touchés par l’insécurité alimentaire au niveau mondial, avec quelque 60 % de la population vivant dans la pauvreté. La nation insulaire qui occupe le tiers occidental d’Hispaniola, Haïti, accueille quelque 4,4 millions d’Haïtiens, soit près de la moitié de la population, confrontés à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë entre mars et juin 2021 [IPC 2020]. Les niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë ont été attribués au déclin économique, à l’instabilité politique, à la mauvaise production et aux fréquentes catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre et les tempêtes tropicales. L’île se trouve au bord d’une vaste plaque géologique de roche située juste sous la surface de la terre, appelée plaque tectonique; lorsque la plaque se déplace, cela peut provoquer un tremblement de terre. En 2010, un tremblement de terre a tué plus de 200 000 personnes et causé d’importants dommages aux infrastructures et à l’économie.