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Haïti-Elections : Un "Toussaint Louverture" collectif pour sortir le pays de l’ornière

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P-au-P, 09 avril 2015 [AlterPresse] --- Les problèmes du pays ne peuvent pas être résolus par une autocratie, axée autour d’un individu entouré par des proches, mais nécessitent une implication de toutes et tous, d’un collectif basé sur un sens de gestion qui reflète la pensée louverturienne.

C’est ce qui ressort d’un atelier, organisé par le Groupe de réflexion, de recherche et d’action pour une nouvelle orientation d’Haïti (Grranoh), pour marquer les 212 ans (7 avril 1803 - 7 avril 2015) de la mort de Toussaint Louverture, auquel a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« Qui peut être le futur président d’Haïti à la dimension de Toussaint Louverture » a été le thème de discussion entre les participantes et participants.

« Cette activité de réflexion se situe dans le contexte des prochaines élections pour le renouvellement du personnel politique », précise Bazelais Suy, coordonateur général du Grranoh.

« Il faut des hommes et des femmes responsables », pour prendre la relève à partir des prochains scrutins, rêve Suy.

« Les élections ne sont pas un concours de mode ». Il ne faut pas « voter les candidats pour leurs beaux visages », rappelle, aux invités et à la population, en général, l’économiste Kesner Pharel, qui intervenait dans l’atelier du 7 avril 2015.

« Aujourd’hui, les élections ne sont pas une question de concours de beauté. Il faut choisir des hommes (et des femmes) valables, qui comprennent que seul le collectif peut permettre de résoudre les problèmes (du pays) », dixit Kesner Pharel.

L’idée, actuellement, c’est de mettre en place « une équipe », qui soit véritablement capable de cibler les problèmes du pays et de résoudre les besoins de la population.

Il ne faut pas chercher « un Toussaint Louverture », mais « une équipe Louverture (...) un Toussaint Louverture collectif », renforce l’économiste.

Depuis les fonctions territoriales (administrations de sections communales et municipalités), en passant par celles impliquant des responsabilités législatives, pour atteindre la présidence, chacune / chacun devrait présenter « un plan de gestion » des divers défis, liés à chacune de leurs responsabilités, juge Kesner Pharel.

Il appelle à un changement de mentalité chez les Haïtiennes et Haïtiens, incluant le développement des sens de « l’effort, l’efficacité, la solidarité et la rigueur ».

« Et quel que soit le gagnant des prochaines élections, il faudra un consensus, une vision partagée », pour sauver le pays, conseille-t-il.

Le docteur en Mathématiques Wester Pierre abonde dans le même sens que Kesner Pharel.

« Le pouvoir personnel ne peut nous mener à rien », souligne Wester Pierre, qui estime que c’est la tendance autocrate de Toussaint Louverture qui a conduit à son échec, ainsi qu’à l’échec d’autres chefs d’État haïtiens qui ont gouverné le pays.

Wester Pierre a fait une succincte présentation des exploits de Toussaint Louverture, de son attitude de stratège libérateur et de ses erreurs.

Dressant le portrait d’un Toussaint Louverture « libérateur de l’oppression », le docteur en Mathématiques suggère la nécessité d’un collectif louverturien, qui lutte contre les actuelles formes d’oppression.

D’abord, il faut se défaire de l’oppression de l’élite mercantile, qui veut avoir le monopole du commerce.

Il faudrait, également, se défaire de la majorité des politiciens haïtiens qui continuent de faire croire qu’une seule personne pourrait faire décoller le pays.

La situation socioéconomique haïtienne s’aggrave de plus en plus, d’après des données communiquées au cours de l’activité de réflexion du 7 avril 2015.

Haïti est, actuellement, le pays le plus « inéquitable », de la région.

2, 5 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens sont dans une situation d’extrême pauvreté, c’est-à-dire ne disposent pas d’un minimum de 48.00 gourdes (US $ 1.00 = 48.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) par jour.

6 millions sont tout simplement pauvres et 1 million d’autres se promènent sur la ligne frontalière, séparant l’état de pauvreté de celui d’un minimum de bonnes conditions de vie.

Pourquoi 64% des richesses d’Haïti se retrouvent, encore, en 2015, entre les mains de seulement 20% de la population, estimée à un peu plus de 10 millions de personnes ? [srh kft rc apr 09/04/2015 1:55]