Haiti

Haïti-Elections : La Pohdh appelle au renforcement des dispositions structurelles

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P-au-P, 17 avril 2015 [AlterPresse] --- La Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh) exige un renforcement des dispositions structurelles, liées au processus électoral, dans la perspective de réaliser de bonnes élections dans le pays, dans une note transmise à AlterPresse.

Des élections libres, honnêtes, crédibles et démocratiques sont décisives pour garantir le respect de la volonté du peuple, lorsqu’il s’agit de renouveler le corps législatif, l’exécutif et les pouvoirs locaux, estime la Pohdh.

Elle déplore les irrégularités enregistrées lors des inscriptions des partis politiques, de la réévaluation de certains bureaux électoraux départementaux (Bed) et de bureaux électoraux communaux (Bec) et de la séance d’attribution de numéros aux partis politiques.

La Pohdh appelle les autorités à renforcer le caractère démocratique des élections et à établir, clairement, le lien entre l’expression de la volonté du peuple et le résultat effectif du vote.

Il faut « qu’il y ait un remaniement profond au niveau de tout l’appareillage technique du Conseil électoral provisoire ».

La Pohdh souligne un manque de dispositif logistique adéquat pour la mise en œuvre des activités, prévues dans le calendrier des opérations électorales, qui, selon elle, serait trop serré.

Elle « craint que, dans un souci de respecter, à tout prix, les dates butoirs, certaines procédures ne soient pas respectées, qu’il y ait certaines omissions importantes et que les élections se fassent dans des conditions techniques très insatisfaisantes ».

En vue d’aboutir à des élections acceptables dans le pays, la Pohdh recommande notamment à l’institution électorale et aux différents protagonistes, impliqués dans le processus, d’aménager les bureaux de vote pour les personnes ayant un handicap quelconque, ainsi que celles résidant dans les milieux (très reculés) éloignés des sphères de décision du pays.

La Pohdh appelle le Cep à également garantir, par tous les moyens, la transparence du processus électoral, à travers, entre autres, des réunions périodiques avec les entités impliquées et concernées dans la dynamique électorale, des communications avec les médias et autres.

Le gouvernement de la république se doit « de créer un climat sécuritaire dans le pays, afin de faciliter à chaque citoyenne et citoyen la possibilité d’exercer librement ses activités politiques, sans inquiétude et sans violence ».

Les fonctionnaires de l’Etat, voulant se porter candidates et candidats, doivent se garder d’utiliser les ressources administratives étatiques, à des fins personnelles, et s’abstenir d’utiliser la violence pendant la période des campagnes électorales et aux jours des scrutins, réclame la Pohdh.

La plateforme des organisations de défense des droits humains encourage le pouvoir actuel à prendre les dispositions nécessaires, pour permettre aux institutions - comme la Direction générale des impôts (Dgi), la Direction de l’immigration et de l’émigration, les Archives nationales, la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), les Tribunaux de première instance (Tpi) et l’Office national d’identification (Oni) - de donner service aux potentielles candidates et potentiels candidats aux prochaines élections.

Les partis et organisations politiques devraient introduire, dans leurs pratiques électorales, des mécanismes appropriés à promouvoir la représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les espaces de pouvoir, plaide l’organisation de défense des droits humains.

La Pohdh invite aussi les partis politiques à prendre l’initiative de se regrouper en plateformes politico-électorales, en vue de favoriser le travail du conseil électoral ainsi qu’un choix responsable des électrices et des électeurs lors des compétitions électorales.

La réduction du nombre des entités politiques, engagées dans le processus électoral en Haïti, est souhaitée par le gouvernement actuel et le Cep.

Cependant, des appréhensions sont exprimées sur la participation d’un grand nombre de candidates et candidats. Une éventualité qui pourrait nuire, entre autres, à l’impression des bulletins et au vote des électeurs.

Jusqu’à date (17 avril 2015), ce problème n’est pas encore résolu.

Les élections pour les 2/3 du sénat, 119 députés, des centaines d’élus des collectivités territoriales et le nouveau président sont prévues entre les mois d’août et de décembre 2015. [emb kft rc apr 17/04/2015 2:30]