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Haïti Bulletin humanitaire - Numéro 63 | juillet 2016

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Situation Report
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FAITS SAILLANTS

• La République Dominicaine a décidé la prolongation pour un an du permis de séjour des migrants Haïtiens qui avaient été enregistrés dans le cadre du Programme National de Régularisation des Etrangers (PNRE)

• La situation de la sécurité alimentaire a une tendance d’amélioration dans les prochains mois

• Les récentes averses survenues au cours du mois de juillet ont causé des inondations dans les communes du département de l’Ouest, affectant plus de 5000 familles

• Des flambées de choléra enregistrées dans plusieurs communes du pays. Environ 20 communes sont en alerte rouge

Situation binationale: les acteurs humanitaires maintiennent les activités de réponse à la frontière

La situation à la frontière reste fragile

La date butoir du 18 Juillet dernier avait été donnée par les autorités de la République Dominicaine (RD) aux personnes d’origine haïtienne ayant bénéficiées d’un permis de séjour d’un an dans le cadre du Programme National de régularisation des étrangers (PNRE) pour régulaliser leur situation. Pour renouveler ce permis, il faut payer l’équivalent de 300 dollars et avoir un passeport haïtien en règle. Face à l’inquiétude grandissante des concernés, les autorités dominicaines ont finalement décidé la prolongation automatique du permis pour un an à tous les détenteurs de ce document.

Les mouvements au long de la frontière avec la RD n’ont pas, par conséquent, augmenté substantiellement comme pouvait le craindre les acteurs humanitaires engagés dans la réponse. Toutefois, les rapatriements se poursuivent, en moyenne, à un rythme de 600 personnes par mois sur l’ensemble des points d’entrée officiels et non officiels monitorées par les équipes d’IOM et ses partenaires, y compris les agences ONU et ONGs. Jusqu’à présent, plus de 131 000 personnes, qui ont été entrevués sur une base volontaire, ont déclaré d’avoir traversé la frontière de la RD.

Des questions de protection toujours d’actualité

Malgré l’absence d’une augmentation soudaine des retours, la situation particulière des personnes retournées et ou déportées continue de présenter des risques de protection importants. Par exemple, le nombre des mineurs non accompagnés reste inquiétant. 1 805 présumés mineurs non accompagnés ont été enregistrés depuis le début de la surveillance de la frontière (juillet 2015) jusqu’au 28 juillet 2016. En plus, 34,8 pour cent des personnes enregistrées sont des femmes et des filles. Des dispositions ont été prises par certains partenaires, comme l’UNICEF, pour accueillir au mieux ces personnes.

Le statut des retournées et déportées reste aussi une préoccupation pour les acteurs humanitaires. Ainsi, OIM continue les référencements des personnes nées à la RD à l’UNHCR qui procède à la vérification de leur statut en vue de déterminer s’ils relèvent ou pas du mandat de cette agence des Nations Unies. Jusqu’à présent, l’UNHCR a reçu de OIM 6 029 familles avec une ou plusieurs personnes nées en République Dominicaine et a déjà procédé à l’interview et au screening de 1 272 familles, dont 961 familles relèvent du mandat du UNHCR.

Vers une meilleure coordination

A côté des questions de protection, des sujets transversaux (santé, immigration, éducation, opportunité économique) subsistent le long de la frontière et ont un impact conséquent sur la crise migratoire binationale. Pour les adresser, une meilleure coordination entre les acteurs étatiques des deux pays, les ONGs, les agences des Nations Unies et la société civile reste indispensable. Il est nécessaire d’impliquer des autorités pour renforcer la collaboration et la coordination entre les différentes entités et structures étatiques à la frontière.

La prise en compte des réponses communautaires qui existent dans certaines localités doivent être également capitalisées et renforcées. Pour ce faire, les acteurs humanitaires sont encouragés à soutenir les initiatives locales pouvant aider à résoudre le problème, retenir les personnes en Haïti avec des opportunités de travail et faciliter l’accès à la documentation nationale (carte d’identité, extrait d’acte de naissance).

C’est dans ce contexte que les équipes pays des Nations Unies – République Dominicaine et Haïti – se sont rencontrées au début de juillet 2016 pour améliorer la coordination de leurs actions sur la question binationale. Les deux équipes ont profité de cette opportunité pour trouver des solutions conjointes aux questions humanitaires, de protection, d’utilisation des terres, de santé, d’éducation ainsi que des possibles entraves aux droits des personnes vivant dans les régions frontalières. En plus, ils se sont engagés à suivre conjointment la situation et à organiser des missions et consultations régulières sur la problématique.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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