Haiti

Haïti : Une cinquantaine d'enfants kidnappés en décembre 2006, selon la Mission des Nations Unies

P-au-P, 12 Fév. 07 [AlterPresse] --- Plus de 50 enfants ont été enlevés puis séquestrés pendant plusieurs jours, en Haïti, en décembre 2006, a révélé le 8 février 2007 Massimo Toschi, de l'Unité Protection de l'Enfance (UPE) de la Mission des Nations Unies en Haïti (Minustah).

Selon Massimo Toschi, les 13 et 14 décembre 2006 étaient les jours les plus difficiles pour les enfants haïtiens où les kidnappeurs sont passés à une nouvelle étape dans leur mouvement.

« Une panique qui a conduit le Ministère de l'éducation à fermer les écoles », rappelle le responsable de l'UPE de la mission onusienne.

A présent, Massimo Toschi déclare constater une nette amélioration dans la situation des enfants haïtiens. Le fonctionnaire de l'Organisation des Nations Unies (ONU) salue, en ce sens, le travail des casques bleus et des policiers haïtiens qui se donnent corps et âme dans la lutte contre l'insécurité.

« Il y a un climat plus tranquille, on n'a pas eu beaucoup de cas de kidnapping des enfants dans le nouvel an », souligne-t-il.

Cependant, un adolescent de 14 ans a été enlevé le 3 février 2007 dans un quartier sensible de la capitale par un groupe de six kidnappeurs alors qu'il se rendait dans un établissement de santé pour y rejoindre sa mère souffrante. Le petit Albert a été retrouvé à la Coupe-Limbé, dans le Nord du pays, par des habitants de la zone qui l'ont emmené au commissariat de Limbé.

L'adolescent, qui a remercié en premier les gens du Limbé, a été ramené à Port-au-Prince à bord d'un hélicoptère de la Minustah.

La nouvelle a été confirmée par Massimo Toschi qui a, par ailleurs, dénoncé « l'utilisation des enfants comme bouclier humain dans les affrontements » et « les cas d'abus sexuels commis contre les jeunes filles dans les situations affectées par la violence armée ».

Massimo Toschi a fait ces dénonciations le 8 février dernier, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Minustah, suivie par un Journaliste d'AlterPresse.

A cet espace, une vidéo, « Les enfants perdus de Cité Soleil » (grande agglomération à la sortie nord de la capitale), présentant le témoignage d'un de ces jeunes, a été projetée à l'intention des Journalistes.

Selon Massimo Toschi, ce documentaire « démontre que ces enfants sont forcés, sous peine d'être tués, à devenir des criminels ». Des actions devraient être prises pour lutter contre la violation des droits de l'enfant et surtout pour stopper leur utilisation dans ces groupes armés.

Des chefs de gangs de Cité Soleil se seraient servis d'enfants comme boucliers humains pour pouvoir s'enfuir au moment des récentes attaques de la Minustah pour les déloger, rapportent des riverains à AlterPresse.

D'après les chiffres disponibles, plus de 250 mille enfants seraient recrutés dans le monde par des groupes armés. Les 5 et 6 février 2007, 58 pays, dont Haïti, se sont engagés à combattre cette situation lors d'une conférence internationale sur les enfants soldats, tenue à Paris.

La présence des enfants dans des violences armées en Haïti, en particulier les abus sexuels et les kidnappings, a déjà été mentionnée dans le rapport du 26 octobre 2006 du Secrétaire général des Nations Unies au Conseil de Sécurité, rappelle la Minustah.