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Haïti-Séisme/Santé : Ce que les acteurs internationaux doivent retenir du drame de janvier 2010, selon l’Ops/Oms

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Un manque de coordination et une indifférence généralisée sont pointés

P-au-P, 16 janv. 2012 [AlterPresse] --- La réponse internationale dans le domaine sanitaire, suite au séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, a souffert du manque de coordination et de l’attitude des acteurs internationaux, indique un rapport de la plateforme institutionnelle "organisation panaméricaine de la santé / organisation mondiale de la santé" (Ops/Oms).

« Réponse sanitaire au séisme en Haïti : Leçons à tirer pour la prochaine catastrophe massive soudaine » est le titre de l’étude, liée à ce rapport publié le 11 janvier 2012, selon un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

L’Ops/Oms signale les actions réalisées par les Haïtiennes et Haïtiens pour venir en aide aux victimes ainsi que la rapidité avec laquelle les pays voisins et éloignés ont répondu au désastre.

Cependant, ces efforts auraient pu apporter de meilleurs résultats, estime l’institution qui pointe un manque désolant de coordination entre responsables nationaux et internationaux.

L’Ops/Oms souligne notamment « l’indifférence généralisée au sein des groupes internationaux envers l’autorité du gouvernement haïtien ».

De nombreuses leçons sont à tirer du drame du 12 janvier fait valoir l’Ops/Oms.

Peu d’organisations humanitaires sont équipées pour la gestion des cadavres, à savoir notamment leur identification et leur inhumation dans la dignité, selon le rapport.

Il s’agit, pourtant, de l’un des plus grands défis, apparus après le séisme, mais qui n’a pas pu être assumé.

Un nombre important de corps ont été jetés dans des fosses communes, parfois ramassés à la pelleteuse mécanique, sans aucune identification.

N’ayant pas pris en compte la grille salariale du ministère haïtien de la santé publique et de la population (Mspp) pour le paiement du personnel, la plupart des acteurs internationaux ont « débauché » les ressources haïtiennes en leur offrant des salaires trop élevés et de meilleures conditions, relève l’Ops/Oms.

En revanche, le rapport met en avant des résultats positifs, entre autres l’acceptation sociale plus large des personnes handicapées suite à la catastrophe et la fourniture de soins obstétricaux et infantiles gratuits à travers deux programmes de l’Ops/Oms et du ministère haïtien de la santé.

Il s’agit, pour la plateforme régionale et internationale, de résultats probants sur le long terme et susceptibles de contribuer à la reconstruction.

En ce qui concerne les faiblesses observées, plusieurs recommandations sont avancées.

« Le système de ‘’cluster’’- par lequel différentes agences de l’organisation des Nations Unies (Onu) assument le rôle de cheffes de file dans différents domaines (santé, eau et assainissement, logistique)- devrait être aligné sur la structure ministérielle du gouvernement hôte et devrait être fondé sur un accord formel avant une catastrophe », souligne t-on.

La plateforme régionale et internationale de sante souhaite aussi un renforcement de la capacité locale de recherche et de secours, qu’elle pose en priorité dans la perspective de nouvelles catastrophes d’une telle ampleur.

« Bien que les équipes internationales de recherche et de secours aient indiqué qu’elles avaient sauvé 132 vies en Haïti, les Haïtiens ont sauvé un nombre de vies beaucoup plus grand avant qu’arrivent les équipes étrangères », signale l’Ops/Oms.

Au lieu d’informer et d’éduquer le public, les acteurs sanitaires ont plutôt utilisé les médias pour des opérations de relations publiques.

Des journalistes devraient être intégrés dans les missions d’évaluation, pour que les informations profitent davantage au du public, suggère le rapport.

« Quelques incidents turbulents, lors de la distribution de fournitures, ont été grossis par la presse, et la notion - que les catastrophes provoquent des troubles sociaux et la violence - s’est une fois de plus avérée être un mythe », ajoute l’Ops/Oms. [kft rc apr 16/01/2012 13:30]