Haiti

Haïti : Préparation aux catastrophes naturelles

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Défi à relever

Selon l'étude menée en 2006 par la Banque mondiale et intitulée Natural Disaster Hotspots (« Cartographie des catastrophes naturelles »), Haïti est l'un des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles. Son extrême vulnérabilité face à ces événements résulte de niveaux de pauvreté élevés, d'une infrastructure inadaptée, d'un environnement dégradé et d'une série de gouvernements inefficaces confrontés à de graves problèmes fiscaux. La convergence de ces différents facteurs amplifie souvent l'impact et la portée d'une catastrophe naturelle, comme on l'a vu en 2004 durant la saison des ouragans. au cours de laquelle plus de 5 000 Haïtiens ont trouvé la mort suite au passage de la tempête tropicale Jeanne. En 2008, année marquée par le passage de la tempête tropicale Fay et des ouragans Gustav, Hanna et Ike, les dommages ont été estimés à environ 900 millions de dollars, soit environ 15 % du PIB.

Démarche

En 2005, un Projet de redressement d'urgence et de gestion des catastrophes (ERDMP) a été approuvé. En 2008, il a été consolidé grâce à des apports financiers supplémentaires afin de renforcer les capacités du système national de gestion des risques de catastrophe, et particulièrement celles de la Direction de la protection civile (DPC), ceci en vue de mettre sur pied et de coordonner l'intervention publique en cas de catastrophe naturelle. Un soutien est également accordé pour réhabiliter et reconstruire de petites infrastructures publiques endommagées.

Résultats

La DPC a employé ses nouvelles ressources pour coordonner une intervention qui est parvenue à minimiser les effets de la dévastatrice saison des ouragans de 2008, au cours de laquelle quatre importantes tempêtes ont touché, sur une période de trois semaines, 865 000 personnes et ont contraint 130 000 d'entre elles à s'abriter dans des refuges. Alors que la catastrophe de 2008 a touché quasiment trois fois plus de personnes que la tempête tropicale Jeanne en 2004, le bilan humain a été pratiquement 80 % inférieur à celui enregistré en 2004.

Principales réalisations :

-Cinquante-quatre comités de protection civile communautaires (CPCC) ont été établis, formés et équipés au sein de cinq départements. Ces derniers mettent individuellement en œuvre un sous-projet local de réduction des risques doté d'un portefeuille de 25 000 dollars. Des apports financiers complémentaires ont permis la création de 19 nouveaux CPCC, tout en fournissant aux CPCC existants des opportunités de formation, des équipements et des fonds pour mener à bien d'autres sous-projets locaux de réduction des risques.

-Cinq centres départementaux d'opérations d'urgence ont été rénovés et/ou dotés de nouveaux équipements.

-Un centre de formation et de coordination des projets de la DPC a été construit à Port-au-Prince et une liste des formateurs nationaux en gestion des risques de catastrophe a été établie.

-Dix sous-projets de réhabilitation et de reconstruction ont été achevés, le plus important étant celui consacré à la réhabilitation du bassin versant de Fonds Verrettes. Vingt-deux autres projets de réhabilitation ont été identifiés et font actuellement l'objet d'appels d'offres.

-Une campagne de sensibilisation et d'éducation publiques de grande envergure a été élaborée et mise en œuvre.

Contribution de l'IDA

S'appuyant sur l'expertise à l'échelle mondiale de l'IDA en matière de gestion des catastrophes et de réduction des risques, le projet a joué un rôle déterminant en incitant les responsables politiques à adopter une approche plus globale face aux catastrophes naturelles. La réduction de la vulnérabilité et la gestion des risques constituent désormais des priorités transversales essentielles de la stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté mise en œuvre par le gouvernement haïtien. L'IDA a invité des experts de renommée mondiale dans le domaine de la gestion des risques de catastrophe à participer à l'analyse institutionnelle de la DCP, à l'évaluation du Plan d'intervention du système national de gestion des risques de catastrophe et à la mise en œuvre du Programme communautaire de gestion des risques de catastrophe. De nombreuses missions de partage des connaissances et de formation ont également été soutenues en Amérique centrale.

- Le coût total du projet s'élève à 19,4 millions de dollars, dont 12 millions proviennent de la subvention initiale de l'IDA (H-1430-HT) et 7,4 millions sont issus d'une subvention complémentaire de l'IDA (H-3530-HT) octroyée suite aux dommages dus au passage de la tempête tropicale Noël en Octobre 2007.

- Les fonds de la subvention initiale de l'IDA ont été versés à 83 %, le reste étant sous contrat ou soumis à des appels d'offres. Concernant la subvention complémentaire, 70 % de son total est actuellement soumis à des appels d'offres. Les premiers contrats ont été signés en juillet 2009.

L'IDA a servi de catalyseur en mobilisant les efforts du gouvernement et de la communauté de bailleurs de fonds pour mieux gérer les risques de catastrophes naturelles. L'IDA continue de coordonner et d'orienter les initiatives de nombreux partenaires de développement, notamment les donateurs multilatéraux tels que l'Union européenne et la Banque interaméricaine de développement, ainsi que les ONG internationales telles que l'organisme Catholic Relief Services, la Fondation panaméricaine de développement et Oxfam GB. L'autorité convocatrice de l'IDA et sa collaboration étroite avec d'autres partenaires de développement, particulièrement le PNUD, ont encouragé les donateurs multilatéraux à renouveler leur engagement en Haïti dans ce secteur particulièrement important.

L'IDA a financé le droit d'entrée d'Haïti dans le Mécanisme d'assurance contre les risques de catastrophe dans les Caraïbes (CCRIF) ainsi que les primes d'assurances des années 2007 à 2009 pour couvrir le pays contre les tremblements de terre et les vents extrêmement violents. Sans cette subvention, Haïti n'aurait vraisemblablement pas été en mesure de se joindre à cette initiative pilote qui constitue le premier mécanisme régional de protection contre l'impact financier des catastrophes naturelles destiné aux petits États insulaires. Ce mécanisme évalue actuellement un modèle d'assurance contre les pertes dues aux précipitations qui, s'il s'avère fiable, servira de base pour offrir une couverture d'assurance en cas de pluies torrentielles. Étant donné l'extrême vulnérabilité d'Haïti face aux événements hydrométéorologiques, le gouvernement est susceptible de transférer en 2010 la majorité de l'assurance souscrite à ce type de couverture.

La toute première priorité consiste à renforcer les capacités de gestion globale des risques et de réduction de la vulnérabilité. Ces capacités doivent cibler toutes les phases du cycle d'une catastrophe (prévention, réduction des risques, reconstruction et redressement) et doivent être assorties de mesures adaptées par les secteurs gouvernementaux concernés. Cette stratégie permettra de s'assurer que la gestion des risques de catastrophe soit intégrée aux composantes centrales des programmes de lutte contre la pauvreté et de stimulation de la croissance économique. L'appui de l'IDA sera nécessaire à la bonne transition du pays, laquelle devrait permettre à Haïti de passer de l'état de « pays en danger » à celui de « pays capable de gérer le danger ».