Haïti : Pour une meilleure protection des enfants

Report
from UN Stabilization Mission in Haiti
Published on 28 Feb 2011 View Original
La Brigade de Protection des Mineurs (BPM), une entité de la Police Nationale d'Haïti (PNH), qui a pour mission de prévenir les abus à l'endroit des enfants à travers le pays, a reçu du Fond des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), un lot de 9 véhicules. Ce qui devrait contribuer à rendre plus performant le travail de cette entité de la PNH.

Permettre à la BPM d'être plus efficace et plus rapide dans son travail de protection des mineurs, tel est l'objectif poursuivi par l'UNICEF qui a mis à sa disposition un lot de 9 véhicules. «Ces nouveaux moyens dont dispose la BPM vont lui permettre de traiter les cas de façon plus célère », a fait observer Françoise Gruloos-Ackermans, la Représentante de l'UNICEF en Haïti, soulignant que « chaque minute compte dans la lutte que nous menons ».

En effet, la BPM a pour mission de prévenir la délinquance juvénile, d'assurer la prise en charge des enquêtes policières sur les cas d'enfants victimes et en conflit avec la loi, d'enquêter sur les infractions dont sont victimes les mineurs, comme les agressions sexuelles, les mauvais traitements et l'exploitation. Elle a également pour mandat d'assister les enfants en danger et victimes d'autres types de violences et assurer la protection de leur intégrité physique et psychologique.

Cet appui logistique entre dans le cadre du renforcement, depuis le séisme du 12 janvier 2010, de la coopération entre l'UNICEF et la BPM. Une coopération qui remonte à 2002, date de la création de cette entité de la PNH. Elle devrait, selon Mme Christina Torsein, spécialiste de la Protection de l'Enfant à l'UNICEF, rendre plus « facile » le travail de la BPM qui doit avoir une présence à divers endroits du pays. En effet, l'une des priorités, depuis le séisme, est « la prévention de la traite et des violations graves des droits des enfants au niveau des principaux points des frontières du pays et dans les camps de déplacés ».

De même, avec l'appui de l'UNICEF, la BPM peut compter sur un effectif de 10 nouveaux policiers formés à Port-au-Prince et 45 policiers dans les départements. «La BPM peut maintenant s'occuper de la prise en charge des cas de mineurs impliqués soit comme victimes soit en conflit avec la loi », selon l'UNICEF.

Ainsi, depuis le 13 janvier, des agents de la BPM sont présents à l'aéroport international de Port-au-Prince et au niveau de la frontière avec la République dominicaine. En outre, pour augmenter le personnel s'occupant de la surveillance au niveau des frontières, compte tenu du nombre réduit de policiers, la BPM a recruté des agents civils qui réalisent un travail social comme par exemple la collecte des données.

Grâce à ces efforts, près de 12.000 enfants, dont 2.800 en situation irrégulière, ont pu être contrôlés. Parmi eux, « 285 ont été soustraits à des pratiques assimilables à la traite ». Aussi Mme Torsein se félicite-t-elle du travail « impressionnant » des agents de la BPM. Des policiers qu'elle estime être « très disciplinés et très soucieux de la situation des enfants ».

Pour aider la BPM à mettre en place d'autres bureaux à travers le pays, l'UNICEF travaille aussi en partenariat avec Airline Ambassador, une fondation américaine d'anciens collègues qui ont travaillé dans des compagnies aériennes et qui sont préoccupés par « la traite des enfants et autres types de violences, dont les exploitations », renseigne Christina Torsein. Et dans le cadre de ce projet, il est prévu d'installer 5 antennes de la BPM respectivement à Ouanaminthe (Nord-Est), à Miragoane (Nippes), à Hinche et Mirebalais (Plateau Central) et aux Cayes (Sud).

La BPM bénéficie également de l'appui de l'Unité Protection de l'Enfant de la MINUSTAH. De concert avec l'UNICEF, elle a organisé plusieurs séminaires de sensibilisation sur la protection des mineurs destinés aux policiers haïtiens et auxiliaires du système judiciaire.

La BPM est une unité spécialisée de la PNH, faisant partie du bureau des affaires criminelles de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Cette unité a juridiction sur l'ensemble du territoire haïtien et elle compte quatre sections : mineurs victimes, mineurs en conflit avec la loi, violence domestique et une section s'occupant des enquêtes sociales.

Rédaction : Jonas Laurince

Edition : Faustin Caille