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Haïti : OIM - des canaux pour irriguer 133 hectares de riz aux Cayes

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Des canaux d'irrigation longs de 1.336 mètres sont en train d'être réhabilités dans la commune des Cayes, dans le Sud du pays. Ces travaux réalisés par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) permettront d'arroser 133 hectares de riz. Cette initiative profitable à plus de 300 agriculteurs vise à contribuer à la relance de l'agriculture dans le Sud d'Haïti.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a entrepris un projet de réhabilitation des canaux d'une longueur de 1.336 mètres dans la banlieue de Wharf Massé. Ces canaux d'irrigation étaient dans un état de délabrement avancé, ce qui empêchait leur bon fonctionnement, pénalisant ainsi l'agriculture de la région.

Ces travaux, maintenant en voie d'achèvement, sont financés à l'aide de fonds alloués par l'USAID. Ils aideront à accroitre le niveau de production de riz, notamment pendant la période de sécheresse qui s'étend de novembre à mai.

«A travers des parcelles expérimentales et en collaboration avec les planteurs, nous comptons bientôt évaluer le rendement attendu du projet », a signalé l'ingénieur agronome Jean Raymond Saintus. En effet, celui-ci s'attend au «doublement du rendement actuel » qui est de deux tonnes de riz par hectare. «Ce projet peut même permettre d'atteindre six tonnes si d'autres conditions liées au sol sont réunies », a poursuivi M. Saintus, par ailleurs chef du Service Production Végétale à la direction départementale du Sud du Ministère de l'Agriculture et consultant à ce projet.

Le barrage principal de captage d'eau ainsi que les six autres barrages mobiles de régulation n'étaient plus opérationnels. Il fallait donc « relever le plan d'eau au niveau du captage à la rivière de Charpentier, permettant ainsi un accroissement du flux d'eau à travers le canal et l'augmentation, en conséquence, de sa capacité d'irrigation sur une étendue de terrain plus vaste », a renchéri le technicien.

Construits par le Ministère de l'Agriculture en 1970 et réhabilités en 2001 par la FAO, les canaux d'irrigation avaient par ailleurs été creusés sans aucun revêtement intérieur. Il était nécessaire de les bétonner pour empêcher la filtration de l'eau dans le sol.

En outre, n'étant que de longs fossés excavés dans le sol à ciel ouvert, en période de sécheresse, les eaux transportées se réduisaient davantage à cause de l'évaporation. Ceci facilitait également l'accroissement de sédiment et l'érosion de ses contours.

Tous ces facteurs faisaient diminuer le courant d'eau à travers les canaux. « Grace à ce projet, même si le soleil frappe fort, nous arriverons à irriguer toutes nos hectares de riz », se félicitait Amazan Ilcarne, l'un des planteurs et président de la coopérative agricole de Wharf Massé, qui insistait sur le besoin, en quantité importante, de l'eau pour ses cultures.

D'un mètre de profondeur et de largeur, les canaux vont irriguer les jardins de 333 planteurs de riz. Ils bénéficient non seulement à plus de 2.000 membres de leur famille mais aussi à ceux des ouvriers de la zone employés dans les travaux de maçonnerie. D'ailleurs, 60% des 508 ouvriers sont également des planteurs de riz, si l'on en croit Brian Flanagan, responsable de l'OIM dans le Sud.

Autre retombée pour la communauté de Wharf Massé, les outils utilisés dans la réalisation des travaux leur seront laissés. « Tout le matériel utilisé dans le curage des canaux, soit 8 brouettes, 15 pelles, 20 machettes, 10 râteaux et 20 paires de bottes en caoutchouc sera offert à la coopérative afin qu'elle puisse assurer le bon maintien du projet », a encore informé M. Flanagan. Ce dernier a par ailleurs souligné que « le rôle du ministère de l'Agriculture est essentiel dans l'identification des zones appropriées pour la réalisation de ce genre de projets ».

En 2001, la FAO, de concert avec le Ministère de l'Agriculture, avait dispensé, aux planteurs de la zone, une formation sur l'ensemencement et la moisson du riz. Cette formation portait aussi sur la mise sur pied et l'administration d'un comité de gestion ou coopérative afin d'assurer le paiement du curage périodique et des éventuelles réparations des canaux.