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Haïti : Les casques bleus de la MINUSTAH : de véritables missionnaires

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Le 29 mai rappelle la célébration de la journée internationale des casques bleus. En Haïti environ 8 808 soldats de la paix sont déployés sur tout le territoire depuis l'arrivée de la Mission en 2004. Ces hommes et ces femmes, militaires ou policiers ont quitté leur pays pour participer à l'instauration d'un climat de paix en Haïti. Qui sont ils ? Que font-ils ? Spécialistes en élection, tacticiens, docteurs, membres de l'armée de l'air autant d'expériences mises au service du peuple haïtien par les membres des forces de la paix de la MINUSTAH.

Les casques bleus de la MINUSTAH ont une composante militaire et policière. La composante militaire a un total de 7.050 soldats de la paix dont 117 femmes venus de 19 pays. Les trois premiers contingents pourvoyeurs de soldats sont consécutivement : le Brésil avec 1.198 militaires dont 150 ingénieurs, l'Uruguay avec 1.128 militaires et le Népal avec 1.110 soldats.

La force militaire de la MINUSTAH dispose de 4 entités spécifiques de soutien : 2 compagnies de Génie, 1 brésilienne et 1 Equato-Chilienne, l'aviation militaire composée d'une unité argentine et chilienne, l'unité de police militaire, chargée de réduire au minimum le risque d'incidents ou d'accidents impliquant le personnel de la MINUSTAH avec la population par la prévention.

Ces hommes et ces femmes venus des 4 coins du monde sont animés tous d'une même motivation : partager leur expérience avec le peuple haïtien.

Le Lieutenant Colonel Patrick Halvick a laissé ses deux filles en France pour venir en Haïti, enrichir les rangs des soldats de la Paix de la MINUSTAH. « J'ai tout de suite dit oui lorsque mon pays m'a proposé de venir en Haïti en mission de maintien de la paix. Servir la cause humaine est, je pense, la tâche la plus noble qu'un homme puisse faire, surtout pour moi qui vient du pays des droits de l'homme depuis 1789. Travailler au côté du peuple haïtien pour le respect des droits de l'homme, de la liberté et de l'égalité est un objectif de première importance. C'est donc pour moi un honneur de participer, même modestement au rétablissement de la paix en Haïti».

Le lieutenant Carmen Fernandez est dentiste, elle travaille dans le Nord-Est d'Haïti. Elle vient de l'Uruguay. Elle aussi, a quitté deux enfants dans son pays. « Je suis en mission depuis le 29 juillet 2006. Etre en Haïti me permet aussi de connaître la culture de ce grand pays. Etre soldat de la paix ici me permet de me rendre utile à la population du Nord-Est. Je travaille dans la clinique dentaire des uruguayens depuis juillet 2006 et à ce jour j'ai effectué plus de 900 consultations, et comme on dit chez moi un sourire vaut mieux que mille paroles ».

Des policiers ont aussi quitté leur pays pour rejoindre la composante policière des casques bleus. Cette composante est formée de 1.772 UNPols dont 59 femmes. Les deux plus grands pays contributeurs de policiers sont la Jordanie avec 291 hommes et le Pakistan avec 250 policiers.

Parmi les UNPols, certains sont d'origine haïtienne. Participer à une mission de maintien de la paix dans leur pays d'origine constitue pour eux un immense honneur, c'est comme un cadeau offert à l'alma mater. « C'est pour moi une fierté de retourner dans mon pays et y partager mon expérience de policier. Je suis très heureux de contribuer à la professionnalisation de la Police Nationale d'Haïti » explique Leslie Dallemand, chef de la section anti-kidnapping des UNPols.

Sabrina Young, est américaine. La MINUSTAH est sa deuxième mission. Policière, elle est instructeur à l'académie de police et coordonne le déploiement des instructeurs UNPol. « C'est un plaisir pour moi d'être en Haïti et de venir en aide aux policiers de ce pays. J'aime surtout conseiller les futures policières, car comme vous le savez dans ce domaine nous sommes en minorité et c'est toujours un plaisir de les écouter et de les accompagner » affirme-t-elle.

Conscient de l'immense travail fait par les casques bleus dans les différentes missions de paix dans le monde, le Secrétaire général des Nations Unies, dans son discours à l'occasion du 29 mai, félicite ces hommes et femmes pour leurs réalisations tout en demandant « aux pays qui fournissent des contingents de maintenir leur appui ».